Comment un adepte de Jésus-Christ (Que la Paix soit
sur Lui), le grand Messager de Dieu, peut-il se sentir
obligé de respecter les droits de l’ homme, de
présenter le libéralisme comme s’il s’agissait d’un
modèle de civilisation, annoncer son opposition à la
prolifération des armes nucléaires et des armes de
destruction massive, de faire de la « guerre contre le
terrorisme » son slogan et finalement d’œuvrer à
l’instauration d’ une communauté internationale
unifiée – une communauté que le Christ et les vertueux
sur la Terre dirigeront un jour – tout en faisant que
des pays sont agressés, les vies, les réputations et
les biens des gens détruits, et cela, alors qu’il n’y
avait qu’une chance minime d’atteindre les «
criminels », dans un village, dans une ville, ou dans
un convoi. Avec malheureusement – les exemples
existent – un village, une ville, ou un convoi (sur
une route) entièrement transformés en brasiers. ?
A M. George Bush,
Président des Etats-Unis d’Amérique
Monsieur le Président,
Depuis quelque temps, je me demande comment quiconque
pourrait-il justifier les contradictions flagrantes
qui existent dans l’arène internationale – et qui font
l’objet de débats constants, en particulier dans les
fora politiques et entre étudiants de nos universités?
Beaucoup de questions demeurent sans réponse.
C’est ce qui m’amène à discuter certaines de ces
contradictions et de ces questions, dans l’espoir que
cela puisse apporter une opportunité d’y trouver une
solution.
Comment un adepte de Jésus-Christ (Que la Paix soit
sur Lui), le grand Messager de Dieu, peut-il se sentir
obligé de respecter les droits de l’ homme, de
présenter le libéralisme comme s’il s’agissait d’un
modèle de civilisation, annoncer son opposition à la
prolifération des armes nucléaires et des armes de
destruction massive, de faire de la « guerre contre le
terrorisme » son slogan et finalement d’œuvrer à
l’instauration d’ une communauté internationale
unifiée – une communauté que le Christ et les vertueux
sur la Terre dirigeront un jour – tout en faisant que
des pays sont agressés, les vies, les réputations et
les biens des gens détruits, et cela, alors qu’il n’y
avait qu’une chance minime d’atteindre les «
criminels », dans un village, dans une ville, ou dans
un convoi. Avec malheureusement – les exemples
existent – un village, une ville, ou un convoi (sur
une route) entièrement transformés en brasiers. ?
Ou bien, à cause de la possibilité qu’il y ait des
armes de destruction massive dans un pays, ce pays est
occupé, près de 100 000 personnes tuées, ses sources
d’eau, son agriculture et son industrie détruites,
près de 180 000 soldats étrangers déployés sur son
territoire, le sanctuaire des domiciles privés de ses
citoyens violé, et ce pays ramené au bas mot cinquante
ans en arrière ?
A quel prix ? Des centaines de milliards de dollars
dépensés, ponctionnés dans le trésor d’un pays et de
certains autres, et des dizaines de milliers de jeunes
hommes et de jeunes femmes – constituant les troupes
d’ occupation – exposés au danger, tenus éloignés de
leur famille et de leurs êtres chers, leurs mains
tachées du sang d’autrui, soumis à une telle pression
psychologique que, tous les jours, certains d’entre
eux se suicident et que ceux qui retournent chez eux
souffrent de dépression, sont maladifs et aux prises
de toutes sortes d’affections ; tandis que d’autres se
font tuer et qu’on remet leur dépouille à leurs
proches.
Au prétexte de l’existence alléguée d’armes de
destruction massive, cette immense tragédie en est
venue à englober les deux peuples : celui du pays
occupé, et celui du pays occupant.
Puis il fut révélé qu’aucune arme de destruction
massive ne s’y trouvait, pour commencer. Bien sûr,
Saddam était un dictateur criminel. Mais la guerre n’a
pas été menée, qui aurait pu le renverser. Le but
déclaré de la guerre, c’était de trouver et de
détruire des armes de destruction massive introuvables
! Saddam a été renversé au passage, sur la voie d’un
autre objectif de guerre. Mais qu’importe : les
habitants de la région s’en réjouissent. Je fais
observer que tout au long des nombreuses années de sa
guerre contre l’Iran, Saddam a été continûment soutenu
par l’Occident.
Monsieur le Président, vous le savez sans doute : je
suis enseignant. Mes étudiants me demandent comment de
tels actes pourraient-ils être mis en cohérence avec
les valeurs soulignées au début de cette lettre et se
conformer à la tradition de Jésus-Christ (Que la Paix
soit sur Lui), ce Messager de paix et de pardon.
Il y a des prisonniers, à Guantanamo Bay, qui n’ont
toujours pas été jugés, qui n’ont pas d’avocat, que
leurs familles ne peuvent pas voir et qui sont à
l’évidence maintenus en détention dans une terre
étrangère, loin de leur propre pays.
Aucune mission de surveillance de leurs conditions (de
détention) et de leur sort n’est en place. Personne ne
sait quel est leur statut : prisonniers (de droit
commun), prisonniers de guerre, prévenus ou condamnés
?
Des enquêteurs européens ont confirmé l’existence de
prisons secrètes en Europe, aussi. J’ai eu beau
chercher : je n’ai trouvé aucun texte, dans un
quelconque système juridique, qui autoriserait
l’enlèvement d’une personne, ni que cette personne –
homme ou femme – soit retenue dans quelque prison
secrète.
A ce sujet, je ne parviens pas à comprendre comment ce
genre d’agissement pourrait correspondre aux valeurs
soulignées au début de cette lettre, à savoir : les
enseignements de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur
Lui), les droits de l’Homme et les valeurs humaines.
Les jeunes gens, les étudiants et beaucoup de gens
ordinaires se posent beaucoup de questions à propos du
phénomène que représente Israël.
Je suis certain que vous êtes familiarisé avec
certaines d’entre elles.
Tout au long de l’Histoire, beaucoup de pays ont été
occupés, mais je pense que la création d’un nouveau
pays, dans lequel on a amené un autre peuple, est un
phénomène sans aucun précédent historique.
Mes étudiants me disent que voici soixante ans
seulement, ce pays n’existait pas. Ils me montrent de
vieux documents et d’anciens globes terrestres et ils
me disent qu’ils ont eu beau chercher, ils n’ont pas
trouvé de pays appelé « Israël ».
Je leur conseille d’étudier l’histoire des Première et
Seconde Guerres mondiales.
Un de mes étudiants m’a dit qu’au cours de la Seconde
Guerre mondiale, qui a causé la mort de plusieurs
dizaines de millions de personnes, les informations
relatives au conflit étaient rapidement diffusées par
les protagonistes.
Chaque pays en conflit vantait ses victoires et
célébrait les dernières défaites de ses ennemis sur la
ligne de front.
Après la guerre, ces pays prétendirent que six
millions de Juifs avaient été tués.
Ces six millions de personnes devaient avoir un lien
de parenté avec au minimum deux millions de familles.
Là encore, supposons que ces événements soient
authentiques.
Doivent-ils se traduire logiquement par la création de
l’Etat d’Israël en plein Moyen-Orient, ou par un
soutien à un Etat de ce genre ? Comment ce phénomène
peut-il être rationalisé, ou expliqué ? Monsieur le
Président, je suis convaincu que vous savez de quelle
manière – et à quel prix – Israël a été créé :
plusieurs milliers de personnes ont perdu la vie, au
cours de ce processus ;
Des millions d’indigènes ont été transformés en
réfugiés ;
Des centaines de milliers d’hectares de terres
agricoles, d’oliveraies, des villes et des villages
ont été détruits ;
Cette tragédie ne se limite pas exclusivement à
l’époque de la création d’ Israël ; malheureusement,
elle s’est poursuivie, et elle entre actuellement dans
sa soixantième année.
Un régime a été instauré, qui ne démontre pas la
moindre pitié, même envers des enfants, qui détruit
des maisons alors que leurs habitants sont encore à
l’intérieur, qui annonce par avance sa liste de
personnalités palestiniennes à abattre, ainsi que ses
plans à cette fin, et qui détient des milliers de
Palestiniens prisonniers dans ses geôles.
Un phénomène tel celui-ci est unique – ou en tous les
cas extrêmement rare – dans l’histoire récente.
Une autre grande question que posent les gens, c’est
celle de savoir pourquoi ce régime bénéficie-t-il d’un
quelconque soutien ? Soutenir un tel régime, est-ce
conforme avec les enseignements de Jésus-Christ (Que
la Paix soit sur Lui), ou de Moïse (Que la Paix soit
sur Lui), ou encore les valeurs humanistes ? Ou bien
devons-nous comprendre que le fait de permettre aux
habitants originels de ces terres – à l’intérieur et à
l’extérieur de la Palestine (dans la diaspora) –
qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, de
déterminer leur sort irait à l’encontre de la
démocratie, des droits de l ’homme et des
enseignements des prophètes ? Sinon, pourquoi cette
opposition acharnée à tout référendum ? Le
gouvernement palestinien, nouvellement élu, vient de
prendre ses fonctions.
Tous les observateurs indépendants ont confirmé que ce
gouvernement est représentatif de l’électorat.
Mais voilà : d’une manière totalement incroyable, on a
placé ce gouvernement élu sous pression, et on lui a
fortement « conseillé » de reconnaître le régime
israélien, d’abandonner la lutte et de suivre le
programme du gouvernement précédent.
Si le gouvernement palestinien actuel s’était présenté
sur la plate-forme électorale en question, le peuple
palestinien aurait-il voté pour lui ? Encore une fois,
une position telle celle-là, prise en opposition au
gouvernement palestinien, peut-elle être considérée en
adéquation avec les valeurs que j’ai souligné plus
haut ? Les gens disent aussi : « Pourquoi toutes les
résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant
Israël ont-elles fait l’objet d’un veto ? » Monsieur
le Président, comme vous le savez certainement, je vis
parmi les gens de mon peuple, et je suis constamment
en contact avec eux – beaucoup de gens, dans
l’ensemble du Moyen-Orient, tiennent à me contacter,
également.
Eux non plus, ils ne croient pas à ces politiques
douteuses.
Il est de plus en plus évident que les peuples de
notre région du monde sont de plus en plus en colère
contre ces politiques.
Il n’est pas dans mon intention de multiplier les
questions, mais je tiens à faire référence, également,
à d’autres points.
Pourquoi toute réalisation technique et scientifique
aboutie, au Moyen-Orient, est-elle immédiatement
transformée et dépeinte en menace pour l’entité
sioniste ? La recherche et développement, en matière
scientifique, n’est-elle pas un droit fondamental pour
tout pays ?
Vous connaissez bien l’Histoire.
Mis à part le Moyen Âge, à quelle autre époque, dans
l’Histoire, le progrès scientifique et technique
a-t-il été considéré comme un crime ? La possibilité
que des réalisations scientifiques soient utilisées à
des fins militaires est-elle une raison suffisante
pour s’opposer carrément à la science et à la
technologie ? Si une telle assertion est vérifiée,
alors toutes les disciplines scientifiques, y compris
la physique, la chimie, les mathématiques, la
médecine, l’ingénierie, etc. doivent être contrées.
Au sujet de l’Irak, on a raconté des mensonges
Quel en a été le résultat ? Je suis persuadé que dire
des mensonges est répréhensible dans n’importe quelle
culture, et que vous n’aimeriez pas que l’on vous
mente.
Monsieur le Président, les Latino-Américains n’ont-ils
pas le droit de se poser la question de savoir
pourquoi leurs gouvernements démocratiquement élus
sont contrés et les leaders golpistes soutenus ? Ou
bien alors, doivent-ils constamment être menacés et
vivre dans la peur ? Les peuples d’Afrique sont des
gens créatifs et talentueux, qui travaillent très dur.
Ils peuvent jouer un rôle important et précieux dans
la satisfaction des besoins de l’humanité, et
contribuer à son progrès tant matériel que spirituel.
Mais la pauvreté et les dictatures violentes, dans la
majorité des pays africains, empêchent qu’il en soit
bien ainsi.
Les Africains ne sont-ils pas fondés à demander
pourquoi leurs énormes ressources – notamment minières
– sont en train d’être pillées, en dépit du fait
qu’ils en ont besoin plus que tout autre peuple ? Là
encore, ces agissements correspondent-ils en quoi que
ce soit aux enseignements du Christ et aux préceptes
des droits de l’homme ?
Le peuple courageux et croyant d’Iran se pose lui
aussi beaucoup de questions, et il a beaucoup de
griefs, dont le coup d’Etat de 1953, qui a entraîné le
renversement du gouvernement légal de l’époque,
l’opposition à la révolution islamique, la
transformation d’une ambassade en un quartier général
pour soutenir les activités des
contre-révolutionnaires opposés à la Révolution
islamique, le soutien apporté à Saddam Hussein durant
la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran, un avion
civil iranien abattu, tuant tous ses passagers, le gel
des avoirs de l’Iran, des menaces croissantes et l’
opposition aux progrès scientifiques et nucléaires de
la nation iranienne, et beaucoup d’autres griefs que
je n’énoncerai pas ici de manière exhaustive.
Monsieur le Président,
Les événements du 11 Septembre furent une catastrophe
horrifiante.
L’assassinat d’innocents et déplorable, et horrible,
où que ce soit dans le monde.
Notre gouvernement a immédiatement fait connaître son
dégoût pour les assassins, et il a offert ses
condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa
commisération et sa sympathie pour les victimes.
Tous les gouvernements ont pour devoir de protéger la
vie, les biens et le bien-être de leurs citoyens.
On dit un peu partout que votre gouvernement recourt à
des systèmes extensifs de sécurité, de protection et
d’espionnage – et même qu’il pourchasse ses opposants
à l’étranger.
Le 11 septembre n’a pas été une opération (militaire)
comme n’importe quelle autre.
Aurait-il pu être planifié et exécuté sans une
coordination avec des services de renseignement et de
sécurité – ou sans leur infiltration extensive ? Bien
entendu, ce n’est là que timide hypothèse, en tout
bien tout honneur.
Pourquoi les différents aspects de cette attaque
ont-ils été gardés secrets ? Pourquoi ne nous dit-on
pas quels sont les responsables qui ont négligé leurs
responsabilités ? Et pourquoi les responsables et les
coupables ne sont-ils pas identifiés, ni présentés
devant un tribunal ? Tous les gouvernement ont le
devoir d’assurer à leurs citoyens sécurité et
tranquillité d’esprit.
Or, depuis plusieurs années, le peuple de votre pays
et les peuples riverains des points troublés de la
planète n’ont plus de tranquillité d’ esprit.
Après le 11 septembre, au lieu de cicatriser et de
soigner les blessures émotionnelles des survivants et
du peuple états-unien, immensément traumatisé par les
attentats – certains médias occidentaux n’ont fait au
contraire qu’ intensifier le climat de peur et
d’insécurité – certains parlant constamment de la
possibilité de nouvelles attaques terroristes, afin de
maintenir le peuple dans une peur incessante.
Est-ce rendre là un service au peuple états-unien ?
Est-il possible d’estimer les dommages ainsi causés
par la peur et la panique ? Les citoyens états-uniens
vivent dans la peur constante de nouveaux attentats
qui pourraient se produire à tout instant, n’importe
où.
Ils se sentent profondément en insécurité dans les
rues, sur leur lieu de travail, et même chez eux.
Qui pourrait vivre heureux, dans une telle situation ?
Pourquoi les médias, au lieu de donner un sentiment de
réconfort et de sécurité, et d’assurer au maximum la
tranquillité d’esprit, ont au contraire renforcé le
sentiment d’ insécurité ? D’aucun pensent que cette
paranoïa a pavé la voie – et a été la justification –
en vue de l’attaque contre l’Afghanistan.
Encore une fois, le rôle des médias
Dans les chartes déontologiques des professions
médiatiques, une diffusion correcte de l’information
et une relation honnête des événements sont des
préceptes fondamentaux.
J’exprime mon profond regret au sujet du mépris
manifesté par certains médias occidentaux pour ces
principes.
Le principal prétexte pour attaquer l’Irak fut
l’existence, dans ce pays, d’armes de destruction
massive.
Cela a été rabâché sans relâche – afin que le public
finisse, de guerre lasse, par le croire – et voilà :
le terrain était préparé en vue de l’ attaque contre
l’Irak.
La vérité ne finira-t-elle pas par être complètement
perdue de vue, dans un climat controuvé et entièrement
trompeur ? Encore une fois, si on permet que la vérité
soit perdue de vue, comment cela peut-il être concilié
avec les valeurs rappelées plus haut ? La vérité
est-elle perdue dans les sables, y compris pour le
Tout-Puissant ? Monsieur le Président, dans la plupart
des pays, dans le monde entier, les citoyens
pourvoient aux dépenses des gouvernements afin que
leurs gouvernements, en retour, soient en mesure de
les servir.
La question, ici, est la suivante : « qu’est-ce que
les centaines de milliards de dollars, dépensés chaque
année afin de financer la campagne guerrière en Irak,
a produit pour les citoyens états-uniens ? » Comme le
sait parfaitement votre Excellence, dans certains
Etats de votre pays, il y a des États-uniens qui
vivent dans l’indigence.
Ces milliers de sans-abri et de sans-emploi
représentent un énorme problème
Bien entendu, ce genre de problème existe – à plus ou
moins grande échelle – dans bien d’autres pays,
également.
En ayant ces conditions déplorables à l’esprit, les
dépenses gargantuesques de la campagne militaire –
imputées sur le budget public – peuvent-elles être
justifiées et tenues pour conformes aux principes
rappelés en début de cette lettre ? Que dit-on, quels
sont les griefs des gens, dans le monde entier, dans
notre région, et dans votre pays ?
Mais mon principal souci – dont j’espère que vous le
partagerez, au moins en partie – est le suivant : Les
gens au pouvoir ont un temps défini à passer aux
affaires, ils ne sont pas appelés à gouverner
indéfiniment, mais leur nom sera enregistré dans
l’histoire et ils sera constamment jugé dans le futur
immédiat, et aussi dans un futur plus éloigné.
Les gens vont passer notre présidence au peigne fin.
Aurons-nous réussi à apporter la paix, la sécurité et
la prospérité aux gens, ou au contraire l’insécurité
et le chômage ? Aurons-nous cherché à instaurer la
justice, ou nous sommes-nous contenté de soutenir des
groupes d ’intérêts particuliers, poussant beaucoup de
gens dans une vie de pauvreté et de difficulté, rendu
une poignée de personnes riches et puissantes – tout
en acquérant leur soutien au prix de l’approbation du
peuple et du Tout-Puissant ? Aurons-nous défendu les
droits des gens défavorisés, ou les aurons-nous
ignorés ? Aurons-nous défendu les droits de tous les
hommes, partout sur la planète, ou leur aurons-nous
imposé des guerres, aurons-nous interféré illégalement
dans leurs affaires intérieures, aurons-nous créé des
prisons infernales et emprisonnés certains d’entre eux
? Aurons-nous dit la vérité à notre peuple et aux
autres, dans le monde entier, ou leur en aurons-nous
présenté une version controuvée ? Aurons-nous été aux
côtés de notre peuple, ou du côté des occupants et des
oppresseurs ? Notre administration aura-t-elle agi
afin de promouvoir un comportement rationnel, logique,
l’éthique, la paix, en satisfaisant aux obligations
morales, à la justice, au service du peuple, de la
prospérité, du progrès et du respect de la dignité
humaine, ou bien n’aura-t-elle servi que la force des
canons ?
L’intimidation, l’insécurité, le mépris du peuple, le
renvoi aux calendes grecques du progrès et de
l’excellence d’autres pays, et le piétinement des
droits du peuple ? Enfin, nous serons jugés sur la
question de savoir si nous sommes restés fidèles au
serment propre à notre fonction, de servir le peuple –
ce qui est notre tâche primordiale – et fidèles aussi
aux traditions des prophètes – ou non ?
Monsieur le Président, combien de temps le monde
continuera-t-il à tolérer cette situation ? Vers quoi
cette pente fatale conduit-elle le monde ?
Jusqu’à quand les peuples du monde entier devront-ils
payer pour les décisions incorrectes d’une poignée de
dirigeants ? Combien de temps encore le spectre de
l’insécurité – qui émane des énormes stocks d’armes de
destruction massive – va-t-il hanter les peuples du
monde entier ? Combien de temps encore le sang des
hommes, des femmes et des enfants innocents va-t-il
continuer à être répandu dans les rues, et les maisons
des braves gens à être démolies sur leurs têtes ?
La situation qui règne actuellement dans le monde vous
satisfait-elle ? Pensez-vous que la politique actuelle
peut-être poursuivie ? Si les milliards de dollars
dépensés pour la sécurité, les campagnes militaires et
les mouvements de troupes étaient consacrés aux
investissements et à l’aide aux pays pauvres, à la
promotion de la santé, à la lutte contre diverses
maladies, à l’éducation et à l’amélioration de la
santé mentale et physique des gens, à l’aide aux
victimes de catastrophes naturelles, à la création d’
emplois et à la production, à des projets de
développement et de lutte contre la pauvreté, à
l’instauration de la paix, à la médiation entre états
en conflit et à l’extinction des flammes de conflits
ethniques, raciaux et autres, où en serait aujourd’hui
le monde ? Votre gouvernement et votre peuple ne
seraient-ils pas particulièrement fiers, et à juste
titre ?
La situation politique et économique de votre économie
ne serait-elle pas meilleure ? Et, je suis désolé de
vous le dire, aurait-on assisté à cette haine
mondiale, de plus en plus forte, envers les
gouvernements américains quels qu’ils soient ?
Monsieur le Président, il n’est nullement dans mes
intentions de mettre qui que ce soit dans l’embarras.
Si les prophètes Abraham, Isaac, Jacob, Ishmael,
Joseph ou Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Eux)
étaient aujourd’hui parmi nous, comment jugeraient-ils
un tel comportement ? Aurions-nous un rôle à jouer
dans le monde de la Promesse, un monde dans lequel la
justice sera universelle et Jésus-Christ (Que la Paix
soit sur Lui) sera présent. Et même : nous
accepterons-t-ils ?
Ma question, fondamentale, est celle-ci : n’y a-t-il
pas une meilleure façon d’interagir avec le reste du
monde ? Aujourd’hui, il y a des centaines de millions
de chrétiens, des centaines de millions de musulmans,
et de millions de personnes qui suivent les
enseignements de Moïse (Que la Paix soit sur Lui).
Toutes les religions célestes ont en partage un
concept, qu’elles respectent : le monothéïsme, ou la
croyance en un seul Dieu, exclusivement.
Le saint Coran met l’accent sur ce mot commun, et il
exhorte les croyants des religions divines en ces
termes : « Dis ! Ô vous qui respectez le Livre !
Convenez avec nous d’une proposition équitable entre
nous et vous, aux termes de laquelle nous ne servirons
personne sauf Allah, auquel nous ne donnerons aucun
associé.
Avec Lui, et quelques croyants de notre communauté ne
prendrons personne comme Seigneur, si ce n’est Allah,
mais s’ils reviennent, alors ils diront : « Soyez
témoins du fait que nous sommes Musulmans.
Monsieur le Président,
D’après les versets divins, nous avons tous été
appelés à adorer un seul Dieu et à suivre les
enseignements des divins prophètes
« A adorer un Dieu qui est supérieur à tous les
pouvoirs de ce bas-monde, et qui peut se rendre là où
bon Lui semble ;
« Le Seigneur, qui sait ce qui est caché et ce qui est
visible, le passé et l’avenir, sait ce qui se passe
dans le coeur de Ses serviteurs, et enregistre leurs
faits et gestes.
« Le Seigneur, à qui appartiennent les cieux et la
terre et tous l’univers est Son tribunal », « la
planification de l’univers est faite par Ses mains, et
il donne à ses Serviteurs les bienfaits béatifiques de
la miséricorde et de la rémission des péchés. »
« Il est le compagnon de l’opprimé et l’ennemi des
oppresseurs » ;
« Il est plein de compassion et de miséricorde
« Il est le recours des croyants et ils les guide vers
la lumière, en les tirant de l’obscurité » ;
« Il est le témoin des actions de Ses serviteurs », «
Il exhorte ses serviteurs à être fidèles et à faire de
bonnes actions, et il leur demande de demeurer sur le
sentier étroit de la rectitude et de demeurer
confiants. »
« Il exhorte ses serviteurs à respecter Ses prophètes
et Il est un témoin de leurs agissements.
« Une triste fin attend seulement ceux qui ont choisi
la vie d’ici-bas et de Lui désobéir et d’opprimer ceux
qui Le servent. »
Et « Un délicieux et éternel paradis appartient à ces
croyants qui redoutent Sa majesté et ne se laissent
pas entraîner par leur propre lascivité.
« Nous croyons que le retour aux enseignements des
divins prophètes est la seule voie salvifique.
Je me suis laissé dire que votre Excellence suit les
enseignements de Jésus, et qu’elle croît en les
divines promesses de son règne des justes sur la
Terre.
Nous pensons également que Jésus-Christ fut un des
grands prophètes du Tout-Puissant.
Il est à plusieurs reprises louangé, dans le Coran.
Jésus est cité, également, dans le Coran [19,36] « Et,
certainement, Allah est mon Seigneur et ton Seigneur,
par conséquent, sers-Le ; c’est là le bon chemin,
Myriam. »
Le service du Tout-Puissant et l’obéissance envers
Lui, tel est le credo de tous les messagers divins.
Le Dieu de tous les peuples d’Europe, d’Asie,
d’Afrique, d’Amérique, du Pacifique et de tout le
reste du monde est un seul et même Dieu.
« Il est le Tout-Puissant qui veut guider et donner
leur dignité à tous Ses serviteurs. Il a donné la
grandeur à tous les Humains. Nous lisons, toujours
dans le Saint Coran : « Dieu, Tout-Puissant, a envoyé
Ses prophètes qui ont fait des miracles et donné des
signes évidents afin de guider le peuple et de leur
montrer des preuves divines et de les purifier des
péchés et des souillures. Et Il a envoyé le Livre et
la balance afin que le peuple puisse faire preuve de
justice et évite les irrespectueux. »
Tous les versets cités ci-dessus sont apparents, sous
une forme ou sous une autre, dans la Bible, également.
Les prophètes divins l’ont promis : le jour viendra où
tous les hommes se rassembleront devant le tribunal du
Tout-Puissant, afin que leurs actes soient examinés.
Le bienfaisant sera dirigé vers le Ciel, et les
méchants trouveront leur châtiment divin. Je pense que
nous croyons tous deux en un tel jour, mais il ne sera
pas facile d’estimer l’action des dirigeants, parce
que nous devons être redevables à nos nations et à
tous les autres, tous ceux dont la vie a été
directement ou indirectement affectée par nos actions.
Tous les prophètes parlent de paix et de tranquillité
pour l’homme – fondées sur le monothéisme, la justice
et le respect de la dignité humaine.
Ne pensez-vous pas que si nous nous mettions tous
d’accord pour croire et respecter ces principes – à
savoir : le monothéisme, l’adoration de Dieu, la
justice, le respect pour la dignité de l’homme, la
croyance dans le Jugement Dernier – nous pourrions
surmonter les problèmes actuels du monde, qui
résultent de la désobéissance au Tout-Puissant et aux
enseignements des prophètes, et améliorer nos
performances ? Ne pensez-vous pas que les principes
mentionnés, écrits ou non-écrits, sont universellement
respectés ? N’accepterez-vous pas cette invitation ?
C’est-à-dire l’invitation à faire un retour sincère
vers les enseignements des prophètes, le monothéisme
et la justice, afin de préserver la dignité humaine et
l’obéissance envers le Tout-Puissant et ses prophètes
?
Monsieur le Président, l’Histoire nous enseigne que
les gouvernements répressifs et cruels ne sauraient
survivre très longtemps.
Dieu a chargé les hommes de leur propre sort
Le Tout-Puissant n’a pas abandonné l’univers et
l’humanité à leurs propres inerties. Beaucoup de
choses se sont produites, qui allaient à l’encontre
des souhaits et des projets des gouvernements. Cela
nous dit qu’il y a une puissance supérieure, qui agit,
et que tous les événements sont déterminés par Lui.
Y a-t-il quelqu’un qui puisse nier les signes de
changement, dans le monde, aujourd’hui ? La situation
régnant aujourd’hui dans le monde est-elle comparable
en quoi que ce soit à celle qui existait voici
seulement dix ans ? Les changements se produisent
rapidement, et s’enchaînent sur un rythme impétueux.
Les peuples du monde ne sont pas satisfaits du statu
quo, et ils ne prêtent que très peu d’attention aux
promesses et aux commentaires d’un petit nombre de
dirigeants influents au niveau mondial Beaucoup de
personnes, dans le monde, se sentent en insécurité et
s’opposent à l’extension de l’insécurité et de la
guerre : elles n’approuvent pas ni n’ acceptent
certaines politiques douteuses.
Les gens protestent contre le gouffre qui va sans
cesse s’élargissant entre les possédants et les
indigents, entre les pays riches et les pays pauvres.
Les gens sont dégoûtés par la corruption qui ne fait
qu’empirer. Les habitants de plusieurs pays sont en
colère en raison des agressions contre leurs
fondements culturels et de la désintégration des
familles. Ils sont également désappointés par le recul
de l’attention et de la compassion.
Les peuples du monde ne croient plus aux organisations
internationales, parce que leurs droits ne sont plus
défendus par ces organisations. Le libéralisme et la
démocratie de style occidental n’ont pas été capables
de contribuer à la réalisation des idéaux de
l’humanité. Aujourd’hui, l’échec de ces deux concepts
est patent. Les personnes clairvoyantes peuvent d’ores
et déjà entendre les craquements avertissant de
l’écroulement de l’idéologie et de la pensée des
systèmes démocratiques libéraux. Nous voyons de plus
en plus de personnes, dans le monde entier, en train
de se mettre en route vers un point focal fondamental
– à savoir : Dieu Tout-Puissant.
Nul doute qu’à travers la foi en Dieu et les
enseignements des prophètes, les hommes pourront
surmonter leurs problèmes.
La question qu’il me brûle de vous poser est celle-ci
: « Ne voulez-vous pas vous joindre à eux ? »
Monsieur le Président, que l’on veuille ou non, le
monde est en train de graviter en direction de la foi
en le Tout-Puissant et la justice, et la volonté de
Dieu prévaudra sur toute chose.
Wa-s-salâm ’alâ man ittaba’-l-hudâ [Que la paix soit
sur celui qui suivra la voie droite]
Mahmûd Ahmadi-Najad
Président de la République islamique d’Iran
