La théâtralité de la scène politique rdcongolaise: La logique qui tient, la suite dans les idées ou 1627

Rien qu’avec l’actualité de la semaine passée en RDC, on a envie de poser la question: Mais qu’est-ce qui se passe donc au Congo-Kinshasa?

Pour rappel, la RDC démocratique du Congo vient d’avoir, après quatre décennies, ses premières élections générales que tout le monde dit
 » démocratiques, libres et transparentes » . Du président aux gouverneurs de provinces, en passant par les députés – nationaux, provinciaux et sénateurs, les congolais ont fait leur choix qui, selon les résultats officiels présentés par la CEI (Commission Electorale Indépendante) , s’avère être le camp du président Kabila. Partant de là, avec une majorité nette dans toutes les institutions de la 3ème république, puisque c’est comme ça qu’on l’appelle, le président et le nouveau gouvernement devraient diriger et réaliser sans problème les 5 chantiers ennoncés lors discours d’investiture du président, le 06 décembre 2006.

Est-ce vraiment le cas?

Après avoir attendu des semaines et des semaines la composition du nouveau gouvernement, porteur de beaucoup d’espoirs, les congolais et avec eux le reste du monde ont appris que ce gouvernement, afin d’assurer la bonne gouvernance et mettre fin à la récréation, sera composé de 60 membres, parmi lesquels, un fantôme à trois têtes du nom de Kasongo en charge du Commerce Extérieur. Oui monsieur – dame, cela s’est passé au congo. Non ne souriez pas et ne dites pas que c’est du n’importe quoi sinon vous tomberez dans l’aigreur telle que comprise par les chantres de la libération kabiliste. Ils ont peut-être raison, vu que la personne qui a recommendé ce fantôme au formateur du gouvernement n’est autre que le bâtonnier, ancien ministre de la justice et gouverneur de la province cuprifère du Katanga, allié inconditionnel du président. On ne peut que lui faire confiance. D’ailleurs, qu’est-ce qui a de nouveau sous le soleil depuis les dix dernières années, depuis que le chef de l’Etat, le M’zée, avait déclaré que son chef d’état major de l’armée que tout le monde savait rwandais, était congolais? Considérons que cette histoire du fantôme au gouvernement est une suite logique des choses. Ne dit-on pas: Qui a bu, boira?

Cela n’étant pas suffisant, le parlement devait ajouté du sien. Cette fois-ci, c’est le législateur qui piètine sa loi. On se rappelera que la constitution qu’on dit votée à 80% par des congolais au mois de décembre 2005 et qui est en vigueur depuis février 2006, dit dans l’un de ses articles que  » la nationalité congolaise est une et exclusive. En principe, lors du dépôt des candidatures, tous les postulants avaient signé un serment déclarant que toutes les informations fournies étaient vraies. Dans le cas contraire, ils étaient poursuivables par la loi. Coup de théâtre, on a retrouvé des gens qui ont au moins deux nationalités parmi les élus. Qu’a fait le parlement? Il a posé un geste allant dans le sens de mettre fin à l’impunité et à la récréation: Suspendre la constitution. Voilà donc une logique qui tient debout: Pas de lois, pas d’infraction. Dans ce contexte là, est-ce hasardeux de demander sur base de quoi maintient-on MT Nlandu, Kuthino et tous les autres en prison?

La pièce de théatre ne sera pas complète sans revenir sur les raisons de l’absence du président au 24è sommet de la FrançAfrique. C’est ce qu’on appelle « la suite dans les idées ». Comme il fallait s’y attendre, ses sbires ont mis sur la place publique les raisons qui l’ont empêché à faire le déplacement de Cannes. Pour certains, comme son conseiller politique: Joseph Kabila a des grands dossiers internes à traiter. «Je suis convaincu, dit-il, que s’il avait été à Cannes comme prévu, des Congolais se seraient demandés comment le chef de l’Etat a préféré aller à Cannes au moment où il y a les problèmes Bundu dia Kongo au Bas-Congo et de l’Est du pays. C’est pour s’occuper des problèmes internes de notre cher pays que le chef de l’Etat n’a pas jugé utile d’aller à Cannes. Il y a délégué quelqu’un tout aussi valable, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale ». Impressionnant comme raison. Mais tout de suite deux questions viennent à l’esprit: Quid du ministre des affaires étrangères? Etes-vous entrain de dire que tant et aussi longtemps que ces deux dossiers ne seront pas régler, Joseph n’aura pas d’autres activités, telle que la visite du président du Bénin ou celle de Albert II?
Pour d’autres, comme ceux qui ont lu des documents qui nous échappent et qui savent exactement à quel moment les gens doivent se taire, ce genre de rencontres ne représente rien. Donc, l’homme le plus important de la planète ne sait que faire de ces rencontres. Soit! Que pensent-ils de l’UA, La Francophonie et de l’ONU?

Voilà donc en quelques lignes la théâtralité de la scène politique rdcongolaise en une semaine. Des explications qui ne tiennent pas, des décisions qui contredisent la volonté populaire et les magouilles (usurpation, imposture et fraudes) qui mettent en péril l’existence de toute une nation. Peut-on parler d’une prédisposition du peuple congolais à l’assujetissement, vu que celui qui a fait ce choix? Ou, devrions-nous comprendre qu’il y a volonté manifeste de tromper le peuple. Affaire à suivre.

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