La plainte contre le Ministre Congolais de l’Intérieur par Etienne Tshisekedi de l’UDPS alimente les conversations et offre l’occasion de mesurer la maturité intellectuelle et politique du Congolais.
Pour certains, l’UDPS se serait contenté d’une simple dénonciation et non d’une plainte car les morts ne sont pas forcément membres de ce parti. Pour d’autres, c’est le même droit que s’arroge les Organismes internationaux pour se mêler aux affaires internes des pays que s’octroie l’UDPS, droit d’ingérence.
Pour notre part, le parti politique ne s’occupe pas que de ses militants. D’où proviendraient ces militants s’ils ne sont convaincus de l’immixtion de l’organisation à la vie sociale ? Il est de bon aloi que l’UDPS soit emboîté par tous les partis politiques qui voudraient conquérir un électorat.
Un syndicat défend ses syndiqués, un parti politique devrait défendre la population entière car, s’il emportait aux urnes, il devrait diriger non ses combattants mais le pays. Et il faut prouver qu’on s’intéresse à la vie de la nation entière.
Bien plus, la plainte arrive à temps car les atteintes aux libertés d’opinion et d’association refont surface à vive allure. Depuis le passage du président de Fonus sur les antennes de certaines chaînes, les lettres de suspension ont suivi, rappelant la belle époque du parti-Etat.
Les radios ne sont pas en reste. On nous rabat les oreilles avec l’argument-massue : non-respect du cahier de charge – au beau vieux temps, on parlerait des atteintes graves à la discipline du parti (connue des seuls dirigeants).
Ainsi donc, Radio Elikya, par exemple, ne peut plus diffuser les émissions à caractère social (je n’ose dire politique) où l’on interroge des personnalités en vue sur le cours des événements sociaux, elle ne peut plus diffuser le journal – une vieille infraction du temps de Sakombi Inongo qui n’avait pas résisté à l’analyse du cahier de charge de la radio, mais qui refait surface avec les mêmes reproches.
Même la RTNC a vu une de ses émissions les plus suivies : Forum des Médias (avec la participation de journalistes et quelques élites dont le prof. Musey) suspendue pour la même cause.
Que contient ou devrait contenir un cahier de charge d’un organe de presse pour qu’il aide au développement et exprime la liberté d’opinion ?
Une réponse à cette inquiétude nous sortirait de l’ignorance et nous aiderait à mieux exercer nos droits à la parole, à l’expression de nos opinions même politiques, à l’association, à la démocratie.
Qu’à cela ne tienne, le combat pour la liberté n’a jamais de terme. Il se livre même dans les nations de longue tradition démocratique. Que ceux qui le mènent dans les jeunes nations ne se découragent pas. Tôt ou tard, la vérité finit par triompher !
