​La colère du Chef de l’État au Marché de Kinshasa : Le révélateur d’un dysfonctionnement structurel de l’appareil d’État

​La récente colère du Chef de l’État lors de sa descente au marché central de Kinshasa dépasse le cadre du simple coup de sang managérial. Elle agit comme le révélateur brutal d’un dysfonctionnement structurel profond au sein de l’appareil étatique congolais, où la rupture de la chaîne de suivi des projets publics frôle l’amateurisme.

4fccfc62 5d52 48e4 be53 d25b2a0e4a0d 1 all 36278

​Pour comprendre la frustration légitime de la population, il convient de rappeler la chronologie de ce dossier. Ce chantier, le Chef de l’État l’avait déjà visité sous la gestion de l’ancien gouverneur Gentiny Ngobila. À cette occasion, une rencontre directe avait été organisée avec les acteurs économiques et les commerçants locaux. Des engagements fermes avaient été pris par la plus haute autorité du pays, des promesses auxquelles la population a cru, scellant un pacte de confiance qui s’est traduit par le renouvellement de son mandat.

​Par la suite, Gentiny Ngobila a été écarté pour défaut d’efficacité, cédant sa place à une nouvelle équipe. Pourtant, le changement d’hommes n’a pas résolu le problème de fond. Une question fondamentale se pose aujourd’hui : qui évalue réellement les directeurs de projets ? Qui assure le suivi rigoureux de ce chantier et de son exécution technique ?

​À l’ère du numérique et de l’instantanéité, alors que les images de la stagnation des travaux inondent quotidiennement les réseaux sociaux, le Chef de l’État aurait dû être briefé avec exactitude sur la réalité du terrain avant même de s’y déplacer. Qu’il doive venir constater lui-même l’ampleur des retards démontre une faillite des services de renseignement administratif et des cabinets ministériels censés l’entourer.

​Le signal envoyé à l’actuel gouverneur, Daniel Bumba, et à son équipe provinciale est sans ambiguïté. Le gouvernement provincial de Kinshasa doit impérativement se ressaisir. Il est urgent de sortir de l’amateurisme pour passer à une action coordonnée, rigoureuse et axée sur les résultats. À défaut d’un redressement immédiat, c’est leur propre avenir politique qui se jouera sur les décombres de ce marché. La population kinoise n’attend plus des constats de défaillance, elle exige la livraison de ses infrastructures

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to Top