La Belgique viole-t-elle le droit social congolais ? 1932

L’ambassade de Belgique à Kinshasa refuse la création d’une délégation syndicale.
L’ambassade belge est réticente à autoriser une délégation syndicale pour son personnel congolais.
Logique belge ou logique congolaise ?
Nous nous demandons pourquoi les Belges passent leur temps à donner des leçons de démocratie aux Congolais à la télévision, si c’est pour agir de cette manière quand il s’agit de passer aux choses concrètes.”

La Belgique viole-t-elle le droit congolais ? La question se pose au vu de la manière dont notre ambassade à Kinshasa règle ses désaccords avec ses employés congolais.
Un conflit social est apparu à l’ambassade fin 2006 (voir LLB 11 juin) lorsqu’en prévision d’une inspection de poste, des travailleurs congolais (ils sont une soixantaine au total) ont mis par écrit leurs doléances.
Pas de délégation syndicale
À côté de réclamations de type matériel (augmentation de l’assistance en cas de décès d’un parent proche, aujourd’hui fixée à… 3,5 euros; hausse des allocations familiales, qui s’élèvent à 7,54 euros/mois/enfant; etc.), ils se plaignaient de l’absence de délégation syndicale à l’ambassade, bien qu’elle soit autorisée par le droit congolais et par le droit belge.
L’ambassadeur Cardon, lors de son inspection, précisa que l’existence d’une telle délégation était légale. Concrètement, cependant, le responsable du personnel à l’ambassade a toujours refusé de recevoir la visite d’un permanent syndical, démarche nécessaire à l’installation d’une délégation, selon le droit congolais.
“La Libre Belgique” a évoqué ce problème le 11 juin dernier. Quelques jours plus tard, l’employé congolais qui était le plus actif pour tenter d’installer une délégation syndicale a reçu… son préavis, malgré d’excellents états de service.
Trois départs
Officiellement, son poste a été supprimé “pour raison de compression budgétaire”.
Il est évidemment curieux que ce soit précisément lui qui soit atteint par la mesure. Et que la décision de supprimer son poste ait été prise le 13 juin, deux jours après que le problème ait été rendu public.
Deux femmes, elles aussi actives dans la défense des droits du travail des employés congolais, ont également quitté l’ambassade ces dernières semaines. L’une a été renvoyée parce qu’elle ne donnait pas satisfaction; l’autre, “se sachant dans le collimateur, est partie d’elle-même” lorsqu’elle a trouvé un autre emploi.

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