Karawa : silence, on viole ! 1643

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) est très préoccupée par l’abandon dont font l’objet les femmes et jeunes filles victimes de viol à Karawa, chef-lieu du secteur du même nom, territoire de Businga, district du Nord-Ubangi dans la province de l’Equateur.

En effet, vers fin décembre 2006, un groupe de policiers venus de Businga encercle la cité de Karawa pour y mener une opération de représailles dite  » opération neutraliser « .
A cette occasion, les policiers ont commis le viol de quelques trente (30) femmes, jeunes filles et enfants ainsi que le pillage systématique de la cité et le passage à tabac de ses habitants pendant deux jours entre le 28 et le 31 décembre 2006.

Faute de moyens financiers, certaines victimes de viol dont une fille âgée de 13 ans, suivent actuellement des soins traditionnels sur place.
A l’origine de ces représailles, la mort le 16 décembre 2006 à la suite d’une maladie du chef de secteur de Karawa, monsieur Bwana Bwa Zumo.
Quelques jours après son inhumation, les membres de la famille du défunt
se saisissent et menacent de mort un certain Deya Gole Ngandakoe qu’ils accusent de sorcier à la base de la mort du chef de secteur.
Alerté, le commandant de la police lieutenant Mabongo arrive sur le lieu à 23h00, calme la situation mais commet l’imprudence de laisser le présumé sorcier entre les mains de ses bourreaux en vue de le récupérer le jour suivant.
La population informée de la situation encercle la maison du défunt vers 7h00 du matin pour régler les comptes  » au sorcier ».
Sur ces entrefaites, la police vient au secours en tirant en l’air, disperse la foule et réussit à soustraire M. Deya Gole Ngandakoe qu’elle garde au cachot.
Dans sa furie, la population arrive à extraire la victime du cachot et finit par tuer celle-ci à coups de bâton…
La police locale débordée sollicite alors le renfort de policiers de Businga.
Plusieurs habitants de Karawa traumatisés par des exactions policières désertent la cité et continuent à se cacher dans la brousse jusqu’à ce jour.
Pour le moment, la cité de Karawa est sous contrôle des militaires des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) qui se livrent à moultes tracasseries contre la population.
Tout en condamnant le viol, le pillage et le passage à tabac de la population de Karawa par des policiers, la VSV demande au ministre de
l’intérieur, au gouverneur ai de l’Equateur et à l’inspecteur provincial de la police de procéder à:
– la mise en place d’une commission d’enquête mixte en vue de faire la lumière sur les évènements de Karawa, établir les responsabilités, poursuivre et sanctionner les personnes mises en cause, et ce, conformément à la loi;
– la prise en charge médicale de toutes les victimes de viol et d’autres exactions;
– au rétablissement de l’ordre public par la cessation effective des tracasseries des militaires contre la population en vue d’assurer sa sécurité et sa protection ainsi que celles de ses biens;
– l’indemnisation des victimes pour les préjudices subis.

2007-02-24

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