En Belgique, ce jeudi 4 janvier 2007, la journée des martyrs de l’indépendance a été marquée par des prières et une messe en souvenir de tous ceux qui avaient perdu leur vie en 1959, parce qu’ils réclamaient l’indépendance de notre pays le Congo. Invité de marque et très attendu, son éminence le cardinal Frédéric Etsou Zambe Bamungwabi, archevêque de Kinshasa.
C’était dans l’église de la paroisse saint Roch située au n° 60 de la chaussée d’Anvers à Bruxelles. Les 200 sièges seront vite occupés par les congolais de Belgique ainsi que les amis du Congo. Tous en manteaux d’hiver, mais un hiver de nom : il fait 9° dehors au lieu de –4 à 2°, et les premières neiges ne sont toujours pas encore tombées !
Prévue pour 18h30, la manifestation commence effectivement à cette heure là, avec des prières du groupe Cœur sacré de Jésus qui a l’habitude de se réunir chaque jeudi soir en cet endroit.
Comme pour annoncer les couleurs, les prières insistent sur l’action du saint esprit dans le cœur de chacun de nous, afin d’y insuffler le sentiment d’unité, en y bannissant la tendance à la division, à la recherche des intérêts égoïstes.
A 19h15, les officiants du jour font leur entrée dans l’église. Il s’agit des abbés congolais : Ngamayaba Rigobert, Yamba Robert, Honoré Mukore, Ntoto Vangu. Les deux derniers étant les envoyés spéciaux du Cardinal Etsou retenu dans son lit d’hôpital.
L’abbé Ntoto Vangu transmet à l’assistance non seulement les salutations de l’archevêque de Kinshasa, ses meilleurs vœux pour 2007, mais surtout son message du jour qui se résume en trois mots : Amour, foi, espérance. « Bolingo, elikya, boyambi. »
Et l’abbé d’expliciter le message : en tant que chrétiens, nous devons prier pour le pays. Chaque congolais doit ouvrir son cœur vers Dieu. Si Dieu ne protège pas le pays, alors tout sera vain.
Amour.
Amour véritable comme celui des martyrs de janvier 1959: ils avaient perdu leur vie par amour pour leur patrie. Aujourd’hui, le martyr des congolais continue par des morts innocents, victimes de maladie, de famine, des balles, et… Suite à la mauvaise gouvernance.
L’amour de la patrie commence par l’amour entre nous. Là où est Dieu, l’amour doit être là. Dans Exode, le peuple de Dieu n’avait pu sortir de l’esclavage que grâce à l’amour. Dieu est amour.
FOI
Etre des femmes et des hommes de foi, comme Abraham, comme la Sainte Vierge Marie.
ESPOIR
Ne pas perdre espoir. Dieu est là. Tout est à lui. Craignons seulement le Seigneur.
Si nous nous aimons, nous aimerons le pays, comme ceux dont le sang avait coulé pour l’indépendance. De nombreux congolais d’aujourd’hui n’étaient pas encore nés. Voilà des modèles.
Depuis l’indépendance, où en sommes-nous ? Le sang de ces martyrs ne devrait pas avoir été versé en vain. Qui va sauver le Congo et comment? N’est-ce pas parce qu’il n’y a pas d’amour entre nous que l’étranger vient semer la division ? Ne pouvons-nous pas prendre exemple sur les habitants du pays qui nous accueillent en ce qui est de l’unité ?
Durant le culte, des membres du comité organisateur ainsi que quelques représentants d’associations de congolais de Belgique ont été autorisés à exprimer leurs vœux par rapport à la journée ou par rapport à la situation du pays. Voilà ce qui en est ressorti : mainmise des étrangers, traîtrise de certains des nôtres, hypocrisie des autres, désir de rentrer chez nous, oui parce que nous avons un chez-nous. Oui, Dieu a donné à chaque peuple une nation, des frontières ! Prise de conscience par tous que nous avons un grand, beau et riche pays que Dieu nous a donné, combat pour libérer définitivement le peuple…
Comment oublier l’orchestre qu’une des organisatrices appelle tout simplement orchestre « Congo », qui a accompagné le culte de bout en bout, interprétant des chansons religieuses en lingala, kikongo, tshiluba, swahili, les quatre langues congolaises.
Il est 21h00 quand, au nom du cardinal Etsou, l’abbé Ntoto bénit l’assistance.
Pour des calculs politiciens, les Congolais vivant à l’étranger ont été écartés du processus électoral. Les revoici ! Leur voix a-t-elle été éteinte? Ont-ils été muselés ? Ignorer ces congolais ne reviendrait-il pas à tenter vainement de dissimuler une grossesse?
En véritable pasteur, l’archevêque de Kinshasa pouvait-il ignorer l’existence de toutes ces personnes créées à l’image de Dieu que sont les Congolais dispersés malgré eux de part le monde ?
A travers eux, le saint homme vient de lancer un message fort. Plaise à Dieu qu’il soit entendu ! Car, « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? »
Bruxelles, le 5 janvier 2007
