Par Le Potentiel
«Le Conseil de sécurité de l’Onu ne peut décider de la réouverture des bureaux de vote». C’est la réponse que le secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a donnée, lors de sa rencontre avec les partis politiques et les acteurs de la société civile, le lundi 13 mars 2006 à l’étape de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental.
Selon lui, il appartient à la Cei (Commission électorale indépendante), et à elle seule, de décider oui ou non de la réouverture des bureaux d’inscription au rôle électoral, a rapporté radiookapi.net.
Donnant son propre avis sur cette question aux nombreux partisans des partis politiques dont ceux de l’Udps qui avaient répondu nombreux à ce rendez-vous, Jean-Marie Guéhenno a cependant noté que sur le plan technique, «il y aurait un grand risque de retard très important des élections si on devait rouvrir les bureaux de vote». Ce qui justifierait, croit-il, la réticence du président de la Commission électorale indépendante.
La réponse de ce diplomate onusien qui est resté constant depuis son arrivée en Rdc, signifie que la communauté internationale refuse d’interférer à outrance dans la politique interne du pays alors que la population congolaise attend de ce groupe devant accompagner les dirigeants dans le processus de la transition un peu plus d’engagement.
Par ailleurs, le secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix estime, pour sa part, et ce, au vu des statistiques, que beaucoup d’électeurs se sont inscrits au Kasaï, quand bien même tous n’auraient pas pu le faire. Pour lui, il y a le souci de réconcilier deux choses : ne pas retarder excessivement les élections et avoir de bonnes élections.
Rappelons qu’au cours de sa tournée à l’Est de la Rdc, Jean-Marie Guéhenno est allé à la rencontre du peuple congolais profond pour se rendre personnellement compte de l’avancement du processus électoral en cours, notamment à Mbuji-Mayi où l’enrôlement a connu un succès alors que la participation populaire au vote référendaire était un échec cuisant.
Tout le monde au Kasaï Oriental en général et à Mbuji-Mayi en particulier veut les élections transparentes, libres et démocratiques. Il n’est pas question d’imposer un candidat. Elle souhaite un choix libre et permettre à tous ceux qui n’avaient pas pu s’enrôler de le faire. Avec le refus poli du secrétaire général adjoint de l’Onu de procéder à la réouverture des bureaux de vote au risque de connaître un grand retard dans le processus déjà, la population du Kasaï Oriental est bien obligée de considérer que la Communauté internationale n’est pas du même avis qu’elle sur ce point qu’elle juge important.
Pendant son passage dans la capitale diamantifère, le haut diplomate onusien a conféré successivement avec les autorités provinciales, les partis politiques et la société civile de la place avant de quitter Mbuji-Mayi pour Kinshasa où Jean-Marie Guéhenno a déployé d’intenses activités hier. Il a eu des réunions de travail avec Onusumba. Aujourd’hui, Jean-Marie Guéhenno fera un briefing final dans la matinée avant de quitter la Rdc.
VISITE DES FORCES DE LA MONUC DEPLOYEES DANS L’EST
Le Secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix a reçu les honneurs des troupes de la Monuc à l’Est de la Rdc
En visite en République démocratique du Congo, à quelques mois de l’élection présidentielle, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a inspecté dernièrement toutes les troupes des Nations Unies déployées dans l’Est du pays qui luttent contre l’insécurité des populations civiles terrorisées par les milices rebelles.
«Je suis en train d’inspecter toutes nos forces déployées dans l’Est du pays. Nous agissons sur plusieurs plans. On continue à conduire avec les forces armées de la Rdc un certain nombre d’opérations pour éviter qu’il y ait des foyers graves d’insécurité», a déclaré Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, dans une interview donnée à la Mission de l’Onu en République démocratique du Congo vendredi dernier. «On continue aussi nos actions de formation de la police parce que seuls les Congolais pourront assurer une sécurité en profondeur. Car, le pays est tellement vaste et notre force ne peut pas avoir l’ambition d’être partout», a ajouté le chef des opérations de maintien de la paix.
Jean-Marie Guéhenno a visité aujourd’hui la ville de Kalemie, sur les bords du lac Tanganyika, a indiqué le porte-parole du Secrétaire général à New York.
Lors d’une conférence de presse donnée le 8 mars dernier à Kinshasa, le Secrétaire général adjoint avait annoncé le prochain déploiement des troupes du Bénin dans le Nord-Katanga pour sécuriser cette région.
Il avait aussi souhaité un renfort de la Monuc avec une force de l’Union européenne, un projet actuellement en discussion.
Deux opérations militaires ont été lancées récemment dans l’Est du pays. Après une offensive contre des rebelles hutu dans la région du Sud-Kivu, l’armée congolaise, appuyée par la Monuc, a lancé une opération dans la localité de Tchei, en Ituri.
Au Sud-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) tentent de chasser les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) d’où ils opèrent depuis une dizaine d’années.
En juillet 2005, une série d’opérations de sécurisation des populations du Sud-Kivu avaient déjà été menées conjointement par la Monuc et l’armée congolaise, dans les territoires de Walungu et Kabare.
Avec 17.000 casques bleus, la Monuc déployée depuis 1999, est actuellement la plus grande des 18 missions de maintien de la paix de l’Onu.
Placée sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies, la Monuc est autorisée à utiliser «tous les moyens nécessaires» pour dissuader «toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique, de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais et pour assurer la protection des civils sous la menace imminente de violences physiques».
Les élections présidentielle et législatives, prévues le 18 juin prochain, mettront fin à une période de transition politique, initiée en janvier 2003, après cinq ans de guerre civile à laquelle six pays voisins ont été impliqués.
