Etienne Tshisekedi, président national d e l’Udps n’a fait aucune déclaration à la presse au sortir de l’audience à lui accorder par Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix en séjour en République démocratique du Congo. Bien au contraire, cette sortie d’audience a été émaillée d’incidents avec l’intervention musclée de la Police qui a dispersé des militants de l’Udps et procéder à certaines arrestations. On apprend même qu’une des vitres du Grand Hôtel a été cassée.
Que se sont-ils dit ? Difficile de le savoir. Il est un fait que le président national de l’Udps a été accompagné de Rémy Massamba, secrétaire général du parti et de Me Mukendi, Conseiller politique. Il a été difficile de joindre au téléphone ces deux dernières personnalités. Mais, il ne fait l’objet d’aucun doute que cette rencontre s’est soldée apparemment sans résultat positif, les deux parties étant demeurées sur leur position. C’est-à-dire que Guéhenno, bien que prédisant un processus électoral inclusif, s’en remet à la Cei pour trouver une solution en prenant en compte les contraintes du calendrier électoral. Quant au président national de l’Udps, il refuse de cautionner une quelconque participation aux élections « par la tricherie et des voies détournées ». En ne faisant aucune déclaration au sortir de l’audience avec Jean-Marie Guéhenno, c’est que Tshikededi n’a pas reçu des «réponses» après les requêtes de l’Udps. Ainsi, le mystère demeure entier quant à la présentation de sa candidature à l’élection présidentielle.
PRESSIONS POPULAIRES
Mais en attendant, les pressions en faveur de la candidature d’Etienne Tshisekedi (président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Udps) à l’élection présidentielle prochaine s’intensifient. Les dernières en date sont celles des étudiants venus de différents établissements d’enseignement supérieur et universitaire, des forces politiques acquises au changement ainsi que des fonctionnaires qui ont envahi la résidence du sphinx de Limete hier mardi 14 mars dans l’après-midi. Dans leur ras-le-bol, les hôtes du lider maximo l’ont proclamé candidat unique du peuple congolais à la magistrature suprême de la Rdc. « Election présidentielle, Tshisekedi ou rien », ont-ils scandé.
Devant des milliers d’étudiants, ainsi que des représentants de certaines formations politiques, notamment Franck Diongo (lumumbiste), Médard Mulungala Lwakabuanga (président national de l’Union pour la majorité républicaine), Lisanga Bonganga (la Convention chrétienne pour la République) et Jean-Claude Vuemba; l’homme de l’avenue Petunias (Limete) est d’accord pour aller aux élections qui ont constitué son cheval de bataille et pour lequel l’Udps s’est battue durant sa lutte pour la conquête de la démocratie. Mais, « on ne peut pas y aller par la petite fenêtre », a-t-il martelé. Il a remercié l’assistance de cette initiative tendant à lui apporter son soutien.
Pour Etienne Tshisekedi, « ce travail, nous l’avons commencé il y a 26 ans et l’objectif a consisté à améliorer les conditions de vie de notre pays. C’est ce qui explique le nom de notre parti, à savoir l’Union pour la démocratie et le progrès social ». Il ne s’agit pas d’un pouvoir par les armes. Il est plutôt question du pouvoir du peuple par les urnes, a-t-il indiqué. Rappelant qu’il a déclaré, dans son message du 2 janvier dernier, que l’Udps va conduire le peuple congolais aux élections.
Procédant au jeu de questions-réponses, le président national de l’Udps a demandé à ses interlocuteurs de lire à haute voix la mention inscrite sur différentes banderoles. « Tshisekedi candidat du peuple », A la question de savoir à combien on évaluait la population congolaise, il a été révélé que cette dernière est estimée à 60 millions d’habitants.
En attendant un recensement méticuleux. La troisième question a consisté à savoir s’il fallait aller aux élections maintenant que les électeurs sont estimés à 25 millions. « Allez-vous accepter que le père de la démocratie congolaise aille aux urnes par la petite fenêtre ? », a-t-il interrogé les « amis du savoir » qui n’ont pas hésité à répondre par la négative.
LE PEUPLE TRANCHERA
Face à cette situation, il a fait savoir que « nous irons aux élections. C’est pour ça que nous avons lutté. Mais par la voie des ténèbres, nous n’entrons pas ». Le refus de rouvrir les bureaux d’enrôlement et le maintien de deux Udps suscite des inquiétudes dans le chef de peuple congolais qui ne voit pas comment il peut aller aux urnes dans ces conditions. « Je suis président du parti du peuple et en démocratie, c’est le peuple qui tranche. Dans les pays à vieille démocratie, le peuple est souverain. Pourquoi le peuple congolais ne peut l’être aussi ? », s’est-il écrié. Il a condamné le fait que dans notre pays ce sont les étrangers qui montrent la voix à suivre.
A en croire Etienne Tshisekedi, le 5 décembre de l’année dernière, l’Udps a remis aux membres du Conseil de sécurité de passage au Congo un mémorandum. Là dedans, l’Udps déplore la mort du pays, propose le dialogue entre ce parti et les forces politiques au pouvoir.
Ainsi, il s’est avéré impérieux que le Conseil de sécurité donne des instructions au Ciat pour que les Congolais se retrouvent autour d’une table en vue d’examiner les causes de la maladie qui ronge le pays. Quinze jours plus tard, le Ciat a initié une rencontre dans les installations de la Monuc regroupant le Mlc, le Pprd, le Rcd et l’Udps. C’est la phase préparatoire du dialogue avant d’aborder les questions de fond.
Ceci dit, aucun signal encourageant à l’horizon. Partant, le mystère persiste quant au dépôt de candidature du président national de l’Udps.
