FIN DE LA TRANSITION EN RD CONGO : DECLARATION A BRUXELLES 740

Bruxelles, le 25 mars 2006
Ce samedi est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la résistance face à l’occupation, à la répression et à l’ignominie au Congo. A Bruxelles s’est tenue une réunion stratégique du fer de lance de la résistance de la diaspora. Les groupes de pressions BANA CONGO et TOPONI CONGO se sont retrouvés dans la plus grand discretion à l’initiative de TOPONI Congo venu de specialement de Paris et sous l’organisation de CultureK.net, pour une mise au point sur la situation du pays.

Après le séisme qu’ont vécu ces deux groupes de pression qui font fierté de tout le peuple congolais acquis au changement, il était nécessaire qu’une coordination puisse être créée afin de donner plus d’efficacité aux actions et surtout d’échanger les expériences respectives et surtout de déterminer une ligne politique claire et limpide face aux élections qui se préparent, et à la fin de la transition qui s’annonce pour ce 30 juin 2006 à minuit.

Après échanges de vue et discussions, les activistes congolais ont adopté la déclaration suivante :
« Nous, membres de différents groupes de pression et associations d’Europe militant pour un changement réel au Congo notre pays,
A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Bruxelles, faisons la déclaration suivante :

1.DES CONSTATS

Il y a une année nous avions réclamé la fin du 1+4 suite à son échec à atteindre dans le délai de 24 mois les objectifs qu’il s’était imposé à Sun city. Il nous avait été répondu que l’article 196 permettait une prolongation de deux fois 6 mois, et que pour la communauté internationale, la date limite était celle du 30 juin 2006. Les marches, les mémoranda les sit-in, les marches n’ont eu comme réponse que le mépris le plus parfait de la communauté internationale et du pouvoir en place.

Aujourd’hui, 25 mars 2006, que constatons-nous ? A la fin du délai d’enregistrement des candidatures aux législatives et à la présidentielle , le quota des candidats n’est pas atteint. Les acteurs de poids ne veulent pas participer faute de garantie d’équité dans les élections. Le délai ne sera pas tenu, pour des raisons une fois de plus pas du tout en relation avec l’organisation spécifique des élections.
Nous constatons une volonté manifeste d’exclusion d’une partie de l’opposition du processus électoral. Par toutes sortes d’arguments aussi fallacieux, les uns ainsi que les autres ont choisi délibérément d’exclure du scrutin la diaspora, qui pourtant constitue aujourd’hui l’argentier du Congo.
Ensuite, on refuse d’ouvrir des bureaux d’enregistrement pour les citoyens qui ne se sont pas enrôlés à temps. Enfin on refuse d’associer toutes les forces politiques en présence dans l’organisation des élections auxquelles ont prétend vouloir les associer à tout prix. Toutes ces manœuvres ne sont pas pour nous assurer que les élections en cours vont nous amener au port de destination : celui de la paix et de la souveraineté retrouvées pour le congo.

2.DU DELAI BUTTOIR DU 30 JUIN
Le 30 juin 2006 marque la fin définitive de la transition. En d’autres mots, les institutions et les animateurs issus du dialogue inter congolais n’auront aucune légitimité ni aucune légalité.
Il est regrettable que certains médias occidentaux affirment aujourd’hui que l’article 222 de la nouvelle constitution permet aux 1+4 de rester au pouvoir jusqu’à la mise en place de nouvelles institutions. L’article 222 n’est valable qu’avant le 30 juin en voici les raisons :
– Le gouvernement post Sun City avait comme mission principale d’organiser les élections après 24 mois avec une rallonge de 2 fois six mois pour des raisons techniques. Son rôle n’était pas de jouer les équilibristes avec le temps.
– Selon l’article 73 de la nouvelle constitution, la CEI était en devoir d’organiser les élections présidentielles quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du président actuellement en exercice.
– Ne peut signer des décrets en se référant à la nouvelle constitution, qu’un président élu et qui a prêté le serment repris à l’article 74.
Si des institutions internationales se permettent de donner une certaine légitimité à tout ce qui se passera au delà du 30 juin par les animateurs actuels, cela sous-entend que la transition pourrait même être prolongée indéfiniment, comme cela a été le cas depuis maintenant 16 ans.

3.VIDE JURIDIQUE

Il est inutile de pérorer. Si le 30 juin il n’y a pas de président et des députés élus, nous nous trouverons dans un vide juridique. Personne ne pourra se déclarer Président du Congo, personne ne pourra obéir à personne.

4.NECESSAIRE CONSENSUS
Autant les politiciens avaient trouvé un consensus pour mettre en place le pouvoir post Sun City, autant le pouvoir en place est en devoir de négocier avec la vraie opposition et la société civile un autre consensus pour tout ce qui pourrait s’organiser au delà du 30 juin 2006 à savoir: le calendrier électoral et tout ce qui s’y rapporte. L’ONU et l’Union Européenne sont dans l’obligation de favoriser cela de toute urgence.

5.REVOLUTION ET SOULEVEMENT POPULAIRE

Au cas où le pouvoir en place ainsi que ses maîtres à penser étrangers s’entêteraient d’imposer un calendrier unilatéral. Il ne nous restera plus qu’une option que nous prendrons sans hésiter : la révolution populaire et plus du tout démocratique car trop c’est trop !
En communion avec notre Peuple, nous allons prendre nos responsabilités et les assumer face à qui de droit, pour le Congo nous sommes prêts à tous les sacrifices.
Dans tous les cas, après le 30 juin 2006, il y aura tout au Congo, sauf les animateurs du 1+4. »

Fait à Bruxelles, le samedi 25 mars 2006

TOPONI CONGO – DEBOUT ¨POUR LE CONGO – BANA CONGO – ARTISANS DE PAIX – POTO MO INDO – ACC 5 – CULTUREK – MUANA CONGO

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