Ce vendredi, l’hémicycle du Parlement offrait le spectacle d’un contraste saisissant, presque tragique pour l’avenir de notre culture démocratique. À l’intérieur, les élus examinaient la loi référendaire dans une sérénité indispensable à l’exercice législatif. À l’extérieur, les députés de l’opposition et leurs partisans orchestraient une manifestation contre le changement constitutionnel. Ce qui était recherché est arrivé : l’affrontement direct, la confrontation physique entre deux blocs, prenant les forces de l’ordre en sandwich.
Dans les minutes qui ont suivi, la machine à images s’est emballée. Les clichés de leaders ensanglantés ont inondé les réseaux sociaux, accompagnés, comble du cynisme théâtral, d’une interprétation gestuelle pour les sourds-muets. Comme s’il n’y avait aucun témoin oculaire sur place pour rétablir les faits.
Tout cela pour quoi ? À qui profite le crime ? Qu’y a-t-il d’héroïque à se donner des coups pour une guerre perdue d’avance dans la rue, alors que le véritable combat doit se mener par les idées ?

Le mirage du statut de réfugié et le chantage international
Derrière ces scènes de chaos, se dessine un plan machiavélique dont l’objectif est clair : décrédibiliser le pouvoir en place aux yeux des organismes et des chancelleries étrangères qui financent, directement ou indirectement, le combat politique de l’opposition. Quand on parle de financement, il ne s’agit pas toujours de fortunes sonnantes et trébuchantes. Parfois, la prime à la victimisation se résume à une monnaie d’échange bien plus dérisoire : l’obtention d’un titre de séjour pour une famille en qualité de réfugié politique.
Pourtant, le discours du Président Félix Tshisekedi et la réalité du terrain démontrent chaque jour que la démocratie congolaise s’ancre. La liberté d’opinion est respectée, les prisons politiques n’existent plus et la justice siège pour chaque incarcération, ôtant ainsi toute justification objective aux exilés professionnels.
Si l’on peut comprendre la démarche de vouloir exister politiquement, la méthode employée ici est déplorable. Cette stratégie de la terre brûlée médiatique, basée sur des mises en scène, donne des armes de chantage redoutables à nos adversaires extérieurs. Elle permet aux puissances étrangères de faire pression sur nos gouvernants sur des dossiers hautement stratégiques : sécuritaires, mais surtout économiques.
Les contrats miniers au piège de la manipulation
L’exemple de la gestion de nos matières premières est, à cet égard, flagrant. Sous l’impulsion du Chef de l’État, la RDC a entamé des révisions historiques de ses contrats miniers — notamment le dossier Sicomines — pour rééquilibrer le partage des richesses du cobalt et du cuivre en faveur du peuple congolais.
C’est précisément ici que le chaos politique devient une marchandise. En projetant à l’international l’image factice d’un régime répressif, l’opposition offre sur un plateau d’argent le prétexte idéal aux multinationales et aux acheteurs occidentaux. Sous couvert de « responsabilité sociétale » et de défense des droits de l’homme, ces géants économiques activent le levier du boycott ou des menaces de sanctions.
Le but réel ? Affaiblir la position de négociation de l’État congolais. En agitant le spectre de l’instabilité, ils poussent nos gouvernants à céder sur des clauses fiscales, à accepter des redevances minières revues à la baisse ou à tolérer le flou aux frontières. Ce désordre organisé fait fuir les investisseurs éthiques et sérieux pour ne laisser la place qu’aux prédateurs économiques, qui s’enrichissent toujours plus lorsque les institutions d’un pays sont affaiblies.
La sérénité comme rempart contre la dictature
Avec Félix Tshisekedi au pouvoir, la RDC a une opportunité historique d’ancrer profondément sa culture démocratique. Mais cela exige une prise de conscience collective : élever le débat est la seule manière d’élever la lutte politique. Les arguments intelligents et construits doivent être énoncés calmement pour être compris. Il n’y a nul besoin de vociférer ni de feindre le martyr.
La sérénité n’est pas une posture de faiblesse ; c’est l’ingrédient de base pour asseoir la démocratie et, par ricochet, le développement économique. Si nous continuons à préférer le spectacle du sang et du bruit à la force de la loi, nous fragiliserons notre propre maison. Et l’histoire nous enseigne que lorsque le désordre s’installe durablement, un prétendu « sauveur de la nation » finit toujours par apparaître pour remettre de l’ordre par la force. Alors, nous retomberons collectivement dans la dictature, comme en 1965 et en 1997.
Pour CultureK.net, il est temps que la classe politique comprenne que le patriotisme commence par le respect de l’image de son propre pays.
