Le 07 août 2006 Si Tshisekedi et son Udps s’étaient présentés aux élections, le raz-de-marée qu’ils auraient provoqué en leur faveur aurait eu pour conséquence d’avoir en face d’eux, non pas un mécontent mais trois : Kabila, Bemba et Ruberwa, tous armés, disposant et abusant allégrement des moyens de l’Etat. Du coup ces trois seigneurs de guerre n’auraient eu d’autre choix que de se liguer contre Tshisekedi dans une coalition dont le peuple aurait eu à payer des dommageables conséquences.
Mais avec le score que semble enregistrer Bemba, en particulier à Kinshasa, on peut dire que le clan de mécontents se réduit singulièrement à une seule personne, Kabila et dans une moindre mesure Ruberwa qui est le grand perdant de ces élections.
Autant ce fut un jeu d’enfant pour le cartel Kabila and Co (Kabila et Communauté internationale) de briser les velléités électoralistes d’Etienne Tshisekedi autant Bemba s’annonce pour eux comme le grain de sable qui vient enrayer une machine qu’ils pensaient « bien huilée », machine mise en place depuis le 16 janvier 2001 pour faire du Congo une nouvelle propriété privée d’une certaine communauté internationale.
Du coup, Jean-Pierre Bemba devient la nouvelle bête noire des médias occidentaux. D’ailleurs Colette Braeckman, notre « spécialiste maison », n’a pas attendu que la poussière électorale retombe pour déjà le « massacrer » en le traitant de gosse de riche dont le papa portugais était l’homme de confiance de Mobutu et le journal Libération n’hésite pas à traiter Bemba de « fils spirituel de Mobutu ».
Le décor est ainsi planté, du moins sur le plan médiatique en attendant que les politiciens occidentaux, ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre, n’entrent dans la danse.
N’empêche, la prochaine empoigne électorale se fera entre deux seigneurs de guerre, ce qui dans un certain sens contribue à maintenir un équilibre, si précaire soit-il, sur le terrain.
Toutes choses restant égales par ailleurs, le drame pour l’Udps serait de continuer à exiger des concertations politiques pour requalifier la transition alors qu’à la suite des élections du 30 juillet, élections qui marquent la volonté de notre peuple à se réapproprier son devenir, elle devient malgré elle l’arbitre involontaire dans le duel annoncé entre Kabila et Bemba dans l’hypothèse d’un deuxième tour à l’élection présidentielle.
L’Udps se doit de donner, par conséquent, des consignes de vote claires et précises car contrairement à ce que pensent certaines personnes, le deuxième tour se jouera non pas à l’Est ou à l’Ouest où le plein de voix est déjà fait pour nos deux candidats mais plutôt dans les deux Kasaï, qui sont reconnus comme les fiefs traditionnels de ce parti.
La communauté internationale ne s’y est d’ailleurs pas trompé, elle qui vient de dépêcher sa force européenne à Kananga.
Nous ne sommes dès lors pas étonnés que tous ceux qui ont planifié ce processus électoral, pour des agendas cachés qu’ils pensaient maîtriser, ne cessent d’appeler au respect des résultats.
Même le dernier né de ceux qui aiment le Congo mais pas les congolais, le comité des sages, cette nébuleuse sortie de nulle part, invite les candidats à « discuter les contestations dans l’ordre, dans la paix et selon la loi »
Mais quand on sait que l’ordre et la loi sont aux mains de Kabila, que reste-t-il aux autres candidats pour discuter de la paix ?
