Des milliers de policiers affrontent à Kinshasa des centaines de milliers de manifestants organisés 342

MISE EN LIGNE LE 30 JUIN 2005 | «LE SOFT». Des milliers de policiers armés affrontaient à Kinshasa des centaines de milliers de manifestants organisés et apparemment déterminés alors que, au fil des heures, la situation paraissait fragile dans la Capitale, le jour anniversaire de l’indépendance de l’ex-Zaïre, des partis d’opposition, l’UDPS en tête, et des mouvements de la société civile ayant annoncé leur décision de se défaire du régime de transition.

Il n’y a ni marché, ni transport en commun dans la Capitale, la circulation automobile est réduite aux véhicules de police et des services de sécurité. Différents quartiers de Kinshasa étaient bouclés par la police qui en empêchait l’entrée et la sortie alors que des foules convergeant vers le Palais du peuple étaient empêchées d’atteindre leur objectif. Nul doute, le chef de l’opposition Congolaise Étienne Tshisekedi wa Mulumba dont la maison a été attaquée par du gaz lacrymogène livrait l’une de ses dernières batailles.

Si les différentes foules étaient dispersées, elles se regroupaient en petits groupes pour poursuivre leur route, d’autres ayant choisi de traverser à la nage certaines rivières.

Au pont de Matete, sur la route conduisant à l’aéroport, la police a érigé un verrou, empêchant des colonnes d’habitants des communes de désespérés de l’ouest – Masina, Kimbanseke et Kingasani où le parti lumumbiste PALU compte plus de militants – de converger vers le centre des affaires qui abrite les symboles du pouvoir.

Le Gouvernement n’a annoncé aucune manifestation officielle à Kinshasa et a demandé aux gouverneurs de province d' »apprécier la situation en vue d’organiser ou non un défilé » mais peu avant minuit locale, la nuit dernière, le président de la République Joseph Kabila a, dans son message de voeux à la Nation, annonçait vaguement qu’il est «ouvert au dialogue» tout en affirmant l’irréversibilité du processus électoral.

Mercredi soir, de 23 à 24 heures, des feux d’artifice ont été tirés en trois endroits de la Capitale, à l’UPN, Université pédagogique nationale, à Ngaliema, à la place de la Ière Gare en ville et au marché de la Liberté à Masina, à l’ouest, au lendemain de la fin des manoeuvres militaires dans les rues de Kinshasa.

Pour les habitants de Kinshasa, face à ses opposants, le pouvoir a opté pour une réponse armée. Selon des observateurs disséminés à travers la Capitale, des mouvements de foule étaient observés et avançaient vers le Palais du Peuple, siège des deux Chambres du Parlement au coeur de Kinshasa mais le déploiement des forces de sécurité était impressionnant surtout aux différents ronds-points.

À Limeté, dans le quartier de la rue Pétunias, place forte de l’UDPS, le parti d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba qui a proclamé «caduc» au 30 juin 2005 l’AGI, l’Accord global et inclusif de Sun City ayant permis le schéma 1+4 (un Président de la République et quatre Vice-présidents), une foule immense faisait face mercredi soir aux forces d’une police récemment équipée, tout, au fil des heures, pouvant dégénérer.

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