Courrier de François Mpuila à Jean Tobie OKALA 722

Mr Jean-Tobie OKALA est le porte parole adjoint de la MONUC. C’est un fonctionnaire qui porte la parole de la Monuc en l’abscence du porte parole titulaire… Ce monsieur a fait une déclaration dans laquelle il disait: »L’ONU ne pourra soutenir indéfiniment la prolongation d’une période d’incertitude en RDCongo ». Cette affirmation qui est en fait une lapalissade a provoqué une vive réaction du Dr Tshipamba Mpuila que nous vous livrons pour appréciation dans son intégralité.

A M. Jean-Tobie Okala,

Porte-parole Adjoint de la Monuc en RDCongo

Concerne: Votre phrase prononcée ce 17 mars 2006 selon laquelle « L’ONU ne pourra soutenir indéfiniment la prolongation d’une période d’incertitude en RDCongo »

Monsieur,

Plus que vous si vous êtes sincère dans votre déclaration ci-haut mentionnée, le Peuple Congolais, première et principale victime d’une crise politique persistante qui dure depuis 1960, est fatigué et a hâte de sortir le plus rapidement possible du bourbier.

Mais c’est vous qui êtes venu prolonger notre séjour dans cette boue.

Et nous vous assurons que nous ne nous lasserons pas d’expliquer à nos enfants, aux générations futures, à tous les contribuables des pays membres de l’ONU (européens, américains, canadiens, africains, asiatiques, australiens, océaniens, scandinaves, britanniques.), à toutes les Organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme et à tous les hommes de bonne volonté à travers le Monde comment l’ONU a trahi et déçu le Peuple Congolais.

Nous leur expliquerons comment, comme dans d’autres conflits et dans d’autres pays à travers le Monde, l’ONU s’est embourbée en RDCongo et s’est totalement discréditée aux yeux du Peuple Congolais. Ils apprendront de nous comment l’ONU, au lieu de nous accompagner réellement dans la recherche de la solution à la crise, de respecter la volonté souveraine de notre Peuple et d’écouter les Leaders qui incarnent les aspirations et la confiance de notre Peuple, seule voie pour aider efficacement notre Peuple à sortir de la crise, l’ONU s’est laissée instrumentaliser et manipuler par des esclavagistes sadiques et des prédateurs voraces, ceux qui n’ont ni foi ni morale et qui ne visent que leurs intérêts individuels et sordides.

Vous savez ce qu’il fallait faire et vous ne l’avez pas fait. Ce n’est pas nous qui avons écrit que « La Communauté Internationale est complice de la corruption en RDCongo », décrit « les nombreuses violences sexuelles dont les membres de l’ONU se sont rendus coupables en RDCongo »; « l’évasion » constatée dans l’attitude de nombreux diplomates basés à Kinshasa quand on leur pose des questions précises sur des solutions à apporter à la crise congolaise; des « mensonges crapuleux » transmis par nombreux diplomates basés à Kinshasa à leurs gouvernements sur la situation réelle en RDCongo.

Nous vous rappelons que nous connaissons bien l’histoire politique de notre Pays. C’est pourquoi nous avons dénoncé et condamné la responsabilité de la Communauté Internationale dans la génèse, l’entretien et l’aggravation de la crise congolaise depuis 1960 à ce jour.

Dans tous les blocages de la mise en place des institutions démocratiques stables en RDCongo, se trouvent toujours certains décideurs internationaux qui ont su instrumentaliser et manipuler certains fils du Pays
opportunistes, aventuriers et agents d’affaires des intérêts étrangers:

1) 1960-1965: Coup d’Etat du 14 septembre 1960, assassinat du Premier Ministre Patrice Emery Lumumba le 17 janvier 1961, dénaturation du Gouvernement d’Union Nationale plébiscité par le Conclave de Lovanium le 2 août 1961 et dirigé par le Premier Ministre Cyrille Adoula et le Coup d’Etat militaire du 24 novembre 1965;

2) 1992-1997: Blocage de l’application des Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine par le Coup d’Etat militaire du 1er décembre 1992 et nouveau blocage, par le Coup d’Etat militaire du 17 mai 1997, de l’application des Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine;

3) 2001-2002: Assassinat politique et mort violente de LD Kabila; Imposition, par la force et les armes, d’hypolite kanambe, alias joseph kabila à notre Peuple;

4) 2002-2003: Tentatives de blocage des travaux du Dialogue
Intercongolais à Sun City: slogan « Kabila ou rien », affaire moliro, arrangement frauduleux et pirate Kabila-Bemba;

5) 2003-2005: Blocage de l’application des Résolutions du Dialogue Intercongolais, Exclusion des leaders de la vraie Opposition politique de la gestion de la Transition, répression sanglante des manifestations populaires pacifiques au moyen des hélicoptères de la Monuc le 30 juin 2005, prolongation illégale de la Transition au-délà du 30 juin 2005 avec les mêmes « fossoyeurs » défaillants et criminels, complaisance, complicité et laxisme du Ciat et de la Monuc envers les « fossoyeurs » de la Transition du 30 juin 2003 au 30 juin 2005, la campagne de propagande obscurantiste et mensongère contre les Leaders de l’Opposition, intimidations et menaces contre notre Peuple et contre ses dignes Représentants (leaders politiques et sociaux, journalistes, défenseurs des droits de l’homme..)….

Nous pensions que cette fois-ci la Monuc et le Ciat qui représentent la Communauté Internationale en RDCongo allaient avoir une attitude différente, positive et constructive. Nous nous sommes trompés en vous faisant confiance.

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