Il reste beaucoup d’entraves à la relance des affaires. Un rapport pour mars-avril.Les milieux d’affaires belges ont aussi des demandes à faire à notre gouvernement.La chambre de commerce
belgo-africaine(1) diffusera en mars-avril une troisième version réactualisée du document qu’elle avait rédigé en 2001 et qui indiquait toutes les entraves au développement des affaires au
Congo-Kinshasa et émettait des recommandations pour les faire disparaître. Invité mardi à s’exprimer devant les commissions sénatoriales des Affaires étrangères et de la Chambre, le
président de la chambre de commerce, Bernard de Gerlache, a indiqué que certaines des recommandations formulées dans ce document avaient, depuis lors, été mises en oeuvre, d’autres
non, « loin de là ».
Trois clés
Selon M. de Gerlache, les milieux d’affaires ont identifié « trois clés » pour la reprise des affaires au Congo.
D’abord assurer la sécurité des personnes et des contrats, « ce qui passe par le paiement des fonctionnaires » afin qu’ils soient moins tentés de prélever leur part.
Ensuite, disposer d’infrastructures « valables » (fleuve, ports, aéroports, chemin de fer et routes). « Dès que cela s’améliore quelque part, l’effet est immédiatement visible. Et cela crée un
goulot d’étranglement plus loin », comme au port de Matadi ou, au Katanga, pour évacuer les produits miniers dont l’extraction a repris.
Troisième clé : « Il faut que les entreprises publiques s’adaptent ». Aujourd’hui, dit M. de Gerlache, les actifs de celles-ci « n’ont plus aucune valeur » et il ne faut donc pas les
privatiser, cela nuirait aux intérêts de l’Etat. Il faut cependant en privatiser la gestion, afin de leur redonner de la valeur, plaide l’homme d’affaires, ce qui « permettra de penser, dans 5 ou 10 ans, à les privatiser si les Congolais le décident. »
Taxer la concurrence
L’Etat doit aussi avoir l’éducation et la santé dans ses priorités, car les entreprises ne peuvent fonctionner que si elles ont un personnel formé et en bonne santé, poursuit-il. « La reconstruction politique est en route, mais si l’économie ne suit pas, elle n’aura servi à rien », souligne M. de Gerlache . Les milieux d’affaires plaident donc aussi pour un effort accru de l’Etat congolais en vue de faire payer des taxes aux entreprises « pakistanaises, libanaises, kazakhes… » qui se sont volontairement placées dans « l’informel » afin d’éluder l’impôt, ce qui en fait reposer tout le poids sur les entreprises légales.
Parmi celle-ci, les belges sont de moins en moins nombreuses, plusieurs – Umicore, Tractebel – ayant quitté la zone.
M. de Gerlache a néanmoins souligné que « les relations interpersonnelles » constituaient « un avantage important » pour permettre aux entreprises belges de faire des affaires au Congo.
Or, celles-ci pâtissent de la politique de visas du gouvernement belge. Et l’homme d’affaire de plaider pour un accès plus facile à la Belgique pour les hommes d’affaires et pour les étudiants.
Au sujet de ceux-ci, il a expliqué que la Belgique ne reconnaît ainsi plus la dernière année du secondaire effectuée au Congo; les étudiants désireux de s’inscrire à l’université dans notre pays doivent donc d’abord y effectuer une dernière année du secondaire . « Or notre ambassade à Kinshasa délivre des visas pour des études universitaires, pas pour des études secondaires ! », ce qui les pousse à gagner d’autres pays.
Mis en ligne le 09/02/2007
