Les 2 chaînes de télévisions Cana Kin TV et CCTV, appartenant au sénateur Jean Pierre Bemba, ont cessé d’émettre depuis le jeudi 22 mars dernier dès le début des coups de feux entre l’armée et les gardes de Jean Pierre Bemba.
Ces deux chaînes privées ont pendant la semaine précédente diffusée l’interview que le sénateur Jean Pierre Bemba avait accordée à la presse locale. Interview au cours de laquelle, le sénateur a dit clairement qu’il n’était pas en sécurité, et accusé le chef d’Etat major le général Kisimpia d’avoir détourné la solde des militaires. Il a aussi affirmé que la corruption qui sévit dans notre pays faisait sa honte et que seule la population en subissait les conséquences.
Il a de plus joué son rôle d’opposant en critiquant le gouvernement et le président de la république sur la gestion de la chose publique.
Cette interview a été diffusé tous les jours sur les deux chaînes de télévisions du sénateur Joseph Bemba. Fait assez banale au regard de ce qui se fait sur les chaînes du pouvoir, où chaque sortie du président ou du premier ministre est diffusé en boucle aussi.
Ces deux organes de presse sont officiels et régit par un cahier de charge dont un exemplaire se trouve au ministère de l’information. La diffusion de cet interview n’alait pas en déhors du cahier de charge. La fermeture de ces chaînes et une decision complètement arbitraire et qui illustre si besoin en était encore le caractère dangereusement non démocratique du regime.
Lors de l’attaque, ces deux organes qui soutenaient l’opposition et qui lui donnaient la parole ont été la cible des tirs de l’armée régulière. Ceux qui y travaillent pour ne pas perdre la vie ont quitté dans la précipitation leurs bureaux.
Voici ainsi muselé les chaînes qui pouvaient donner des vraies informations sur la « fuite » du sénateur Bemba. Desormais les militaires de l’armée régulière sont postés aux alentours de l’immeuble abritant les installations des deux chaînes. Au nom de la liberté de la presse, nous demandons aux autorités de la ville et du gouvernement de laisser les journalistes faire leur travail. Ce qui est vrai est qu’une fois le micro baladeur de Canal Kin tv et CCtv sur la rue, nous aurons un autre son de cloche de la population sur ce qui s’est passé le week-end passé.
