BRUXELLES : RAS-LE-BOL DES CONGOLAIS
SOUS HAUTE SURVEILLANCE POLICIERE 966

Bruxelles le 11 juin 2006 En prévision de la fin de la transition le 30 juin prochain, et du vide juridique qui pourrait s’en suivre, en collaboration avec d’autres associations, le groupe de pression BANA CONGO a organisé ce samedi 10 juin 2006 une marche dans les rues de Bruxelles.

Dès 10h30, les premiers manifestants arrivent par tram, bus ou train. Toutes les catégories de la population congolaise sont là : jeunes filles, jeunes garçons, enfants, adultes, hommes et femmes du troisième age. Même une candidate à l’élection présidentielle au Congo, sera aperçue dans la manifestation.

Les belges d’origine congolaise impliqués dans la politique belge sont presque tous absents à part Mie Jeanne Nianga du CDH, Dori DUMBI du MR, « même si vous nous fustigez », me lancera-t-il à l’oreille. Les échevins, député, sénatrice ? Pas de trace.

En attendant le début de la marche, de petits groupes se forment, des causeries et discussions s’engagent. Partout le même thème revient: le ras-le-bol par rapport à tout ce qui se passe au pays : Tentative d’hold-up électoral, présence d’étrangers, aventuriers, incompétents et criminels à la tête du pays…

Les messages repris sur les banderoles vont tous dans ce sens. Ils ne sont pas tendres avec les dirigeants en place au Congo et tout particulièrement vis-à-vis du numéro un d’entre eux.

Autre cible, Le belge Louis Michel, Commissaire européen et que les congolais considèrent comme étant le vrai dirigeant du Congo en ce moment. Les congolais interrogés lui attribuent pêle-mêle : l’assassinat de Mzee Kabila, le « 1+4=0 », la première prolongation de la transition et son lot de morts, l’entêtement et l’arrogance du président de la CEI, l’abbé Malu Malu, la rédaction, à partir de l’Université de Liège, d’une constitution aliénante pour le Congo, la manipulation des médias belges francophones, la signature au Congo des contrats léonins au profit de certaines entreprises belges dont ZETES ou Forrest, la programmation de la balkanisation du Congo, les manœuvres d’exclusion du processus électoral de certains partis, ainsi que des congolais vivant à l’étranger… Et la liste est longue.

Certains médias sont présents dont la BBC, l’agence Belga, une chaîne de télévision flamande. La RTBF radio et télévision brillent par leur absence. Un manifestant dira : « aucune différence entre cette chaîne et la RTNC » (radiodiffusion télévision nationale congolaise, contrôlée par le pouvoir). Par contre, depuis des mois, la RTBF multiplie la diffusion des reportages et informations encensant le processus électoral au Congo ou caressant le pouvoir de Kinshasa dans les sens des poils.

« … Ils ne viennent que quand il y a de la casse pour profiter de l’occasion afin de traiter les congolais de tous les noms ».

12h30. Sous escorte policière, la marche commence à partir de la gare du Nord. Direction, la gare du Midi selon l’itinéraire suivant : Boulevard Albert 1er , Boulevard Emile Jacqmain, Boulevard Anspach, Boulevard Lemonier, Boulevard du Midi jusqu’à l’arrêt Bodeghem.

Il fait très beau : 29 à 30° et un soleil luisant …Comme au Congo durant toute l’année. Près de trois cent personnes sont déjà présentes au départ. Durant la marche, les chants et les slogans vilipendent tous ceux qui sont considérés comme ennemis du peuple congolais.

À certains grands carrefours, les manifestants s’arrêtent ou s’assoient par terre durant de longues minutes, perturbant ainsi la circulation.

À 15 heures 22, les manifestants atteignent le point de chute : l’arrêt Bodeghem où est érigé un podium livré par la ville de Bruxelles. Prenant la parole, les organisateurs demandent à leurs compatriotes de se mobiliser d’avantage pour le 30 juin, journée de l’Indépendance et de la Libération.

Aucun incident n’aura émaillé cette marche. Quand les manifestants se dispersent, des rues avoisinantes, sortent plusieurs fourgons de la police ainsi que des véhicules banalisés conduits par des policiers en civil. Les observateurs avertis se rendent alors compte à quel point cette marche était sous très haute surveillance policière. En effet, durant tout le parcours, des dizaines d’agents en civil donnaient régulièrement par radio des info sur la marche. D’autres n’auront cessé de prendre continuellement et discrètement, des photos, ou d’enregistrer tous les slogans lancés.

Et la suite ? Elle peut se résumer par cette phrase lancée par un manifestant venu de Liège : « Le 30 juin, nous serons plus de dix mille. Nous aiderons le gouvernement Verhofstadt à tomber, s’il ne laisse pas tomber Kabila »

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