Assassiné chez lui à la maison par des sans cœur et ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit, le journaliste BAPUWA MWAMBA a été conduit à sa dernière demeure hier mardi 18 juillet à la cimetière de la Gombe en présence des frères, amis et collègues journalistes.
Le feuilleton BAPUWA MWAMBA commence au mois de mars lorsque celui est victime d’un attenta mais qui échoue. Il essaie de déposer plainte contre inconnu amis cela ne portera pas de fruit. Ceux qui lui sont envoyés ce mardi 18 juillet viennent pour mettre une fois de toute fin à la vie de leur victime qui ne savait comment échapper à la mort. La grande famille des journalistes congolais ne sait plus à quel saint se vouer pour être à l’abri des personnes qui veulent faire taire ceux qui ont la vocation d’informer la population. L’union nationale de la presse du Congo (UNPC) a organisé le lundi 17 juillet une marche silencieuse pour dire non aux massacres des journalistes et rendre hommage à la mémoire de BAPUWA MWAMBA. La marche est partie de la gare centrale, les marcheurs sont passés par le siège de la mission de l’organisation des nations unies au Congo pour remettre au représentant de Kofi Anan un mémorandum. La marche a repris juste après en passant par la morgue de l’hôpital général ex Maman Yemo jusqu’au point de chute qu’est l’YMCA à Matonge où le corps de l’illustre disparu a été exposé. Le mardi 18 juillet plusieurs personnalités sont venus pour rendre hommage à BAPUWA MWAMBA, le vice président Arthur Z’Ahidi Ngoma, le ministre de l’information et presse Henri Mova Sakani n’ont pas manqué à l’appel.
Notons que BAPUWA MWAMBA est mort exactement 60 jours de son anniversaire étant donné que celui-ci est né le 8 septembre 1942. le président de l’Union nationale de la presse du Congo Kabeya Pindi Passi a donné le parcours de BAPUWA MWAMBA en ce terme : ‘’Après ses études primaires, il sent la vocation d’être et entre au petit séminaire de Kabwe puis celui de Mbuji Mayi. Mais très tôt, il est bien obligé de rectifier sa trajectoire. Il entame ses études universitaires à l’Université du officielle du Congo, aujourd’hui université de Lubumbashi où il est proclamé licencié en Sociologie en 1969.
Sa carrière de journaliste, il la débute à l’Agence Zaïre Presse (aujourd’hui ACP) en 1972. sa perspicacité l’impose très rapidement d’ailleurs comme Grand reporter. Il couvre d’abord la santé et la culture avant la diplomatie.
En 1986, il sent un besoin pressent de renforcer ses capacités et effectue un stage de journalisme au centre de formation et de perfectionnement des journalistes à Paris/Louvre en France. C’est alors qu’il entreprend sa carrière de journaliste indépendant. De 1990 à 1996, il collabore avec les publications Défi, la lettre du Continent, le magazine Afrique Asie; puis de 1997 à 2002, il travaille à Jeune Afrique Economie avant de retrouver le statut de pigiste.
BAPUWA MWAMBA a partagé trois expériences professionnelles. Il a pratiqué également et avec passion ce que l’on appelle ‘’notre beau métier’’, l’enseignant. Il a fait ses premiers disciples au collège Kenya à Lubumbashi au Katanga de 1966 à 1967, puis à Kinshasa à l’Institut Mama Mobutu de Bongolo de 1969 à 1970 avant l’Ecole supérieure de développement, une année après. Il est connu des congolais de l’autre rive du fleuve (Brazzaville) pour avoir enseigné à l’Ecole nationale d’administration et de Magistrature de Brazzaville de 1983 à 1984. Enfin, il a terminé comme professeur d’Histoire et Géographie au lycée Camille Claudel de Vauréal en France de 1994 à 1997. Journaliste et enseignant ? BAPUWA MWAMBA a cultivé une troisième passion : la recherche scientifique. Il est l’auteur des nombreuses publications tels que : Approche théorique de la culture et traditions de la société zaïroise parue dans Afrique et développement à Dakar en 1982, Zaïre : pourquoi ce bain de sang dans les campus ? publié à Dakar en 1990, en 1994, il va publié à Montréal. Pourquoi la démocratie est- elle bloquée. La passion pour la recherche l’a amène à décrocher un diplôme d’Etudes approfondies en sociologie à l’Université de Paris 7 et un autre diplôme d’Etudes approfondies en Histoire à l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne.’’
C’est en début d’après midi que le corps de BAPUWA MWAMBA a été conduit au cimetière de la Gombe enterré de la tombe de Franck Ngke.
Que la mémoire de celui qui s’est battu pour un Congo libre repose en paix.
L’oraison funèbre de la veuve BAPUWA MWAMBA
BAPUWA MWAMBA,
Tu as aimé ce pays, ton pays, notre pays bien aimé la RDC, le sol de nos ancêtres.
Tu es parti aujourd’hui avec tes armes en mains, ces armes propres à toi et à quelques uns, ton écriture.
Je ne sais pas ce que je saurai peut- être jamais pourquoi tu es mort, assassiné…
Nous savons tous que ’’celui qui tue par l’épée meurt par l’épée, je sais que tu m’attends.
Fais tout, donne nous des énergies pour que la vérité puisse vaincre et que les vrais assassins puissent être retrouvés. Car toi, tu as été, tout au long de ta vie, l’apôtre de la vérité.
BAPUWA,
Le 8 mars, on t’avait menacé de mort et tu ne me l’avais pas dit. Je l’ai pourtant appris le 11 juillet dernier, après ta mort.
BAPUWA,
Si je l’avais su, je ne t’aurai pas laissé mourir. Mais la vérité ne meurt pas, elle finira par éclater au grand jour, et triompher.
BAPUWA,
Ta mort nous a surpris. Tout ce monde qui nous entoure ici en ce moment n’arrive pas, je le présume, à se l’expliquer ni à l’accepter.
Tu m’as téléphoné le 07 juin à 22 h 00 et je t’ai dit que j’allais envoyer de l’argent pour ton billet et j’ai insisté en te demandant de payer ce billet immédiatement.
Tu as rigolé en m’apostrophant :’’tu deviens donneur de leçons’’.
BAPUWA,
Mariés depuis 1971, le 14 août allait être le 35 ème anniversaire de notre mariage. Nous nous sommes soutenus mains dans la main pendant les 24 ans d’exil malgré nos souffrances. Tu étais pour moi non seulement un mari, mais aussi un frère, un père, une mère. Tu ne cessais de nous dire, aux enfants et à moi-même, que tu vivrais très longtemps, c’est la raison pour laquelle tu observais un régime sévère, sport, pas d’alcool, pas de piment etc.
J’y avais cru et je m’imaginais vieille à tes cotés, assise sur le canapé où nous avions l’habitude de nous asseoir.
Les enfants t’attendaient après les élections pour voyager comme tu leur avais promis.
BAPUWA,
Tu n’es pas mort car les professionnels de la plume ne meurent jamais. J’ai beaucoup de choses à discuter avec toi je ne te considère pas comme mort car, je te parlerai chaque fois que j’en aurai envie ou que j’aurai un problème particulier à échanger avec toi.
Toi qui a aimé la vérité, toi qui m’as toujours interpellée en m’invitant à défendre mon point de vue : ‘’Mukwa Tshibuyi, cherche des arguments pour défendre ton avis au lieu de t’énerver.
Je te demande cependant de veiller sur moi, sur tes amis de la vérité et de me donner de la force et du courage pour supporter le fait de ne pas te voir, de supporter ton absence.
Au revoir Papa,
Que ta mort soit pour nous tous, tes enfants et moi-même, les membres de la famille, tes collègues d’armes, tous les défenseurs de la vérité et de la justice une source de réconfort, une leçon à ne pas oublier pour l’enseigner aux enfants et aux enfants de nos enfants.
Adieu BAPUWA
