L’armée rwandaise et celle congolaise ont mis en oeuvre, en présence de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), le mécanisme de vérification conjoint prévu par les divers accords sur la sécurité signés entre le Rwanda et la République démocratique du Congo et grâce auquel trouver une solution à l’instabilité continuelle des régions orientales congolaises, principale menace au processus de paix en cours dans l’ex-Zaïre.
C’est ce que rapporte aujourd’hui le quotidien gouvernemental rwandais « The New Times », en précisant que des fonctionnaires militaires des deux pays se sont rencontrés ces derniers jours à Bukavu (chef-lieu de la province orientale congolaise du Sud Kivu) pour mettre au point les derniers détails sur « le mécanisme qui permettra aux deux pays de vérifier et de tirer au clair les accusations réciproques qu’ils continuent de s’échanger », comme l’a déclaré au journal rwandais le vice gouverneur du Sud Kivu Thomas Nziratimana. Le mécanisme de vérification conjoint – prévu par les divers accords de paix et les protocoles additionnels signés ces trois dernières années entre Kinshasa et Kigali – devra d’une part assurer le désarmement et la démobilisation des ex-responsables du génocide rwandais de 1994 cachés dans l’est du Congo (Interhamwe et ex-membres des FAR, les Forces armées rwandaises à l’époque des massacres), et de l’autre vérifier l’absence de soldats réguliers de l’armée rwandaise (APR, Armée Patriotique Rwandaise) sur le territoire congolais. Le Rwanda continue d’accuser Kinshasa de n’être pas suffisamment active pour la neutralisation et le désarmement des groupes de rebelles rwandais; d’autres pointent le doigt contre Kigali qui amplifierait la menace de ces formations armées, prétexte pour continuer à gérer les intérêts économiques significatifs (surtout miniers) locaux, comme pendant les années du conflit. De fait, la question des ex-génocidaires demeure la plus grande ombre qui plane sur la transition congolaise et sur la paix dans les Grands Lacs, preuve en est la spirale de violence de novembre dernier.
