Mes chers frères, nous n’avons qu’un mot à la bouche, un concept brandi à tout bout de champ comme un bouclier ou une sentence : RESPONSABILITÉ.
Mais regardons-nous en face. Dans notre pratique quotidienne, ce mot est devenu une pathologie collective. Sa traduction concrète chez nous ? Quand un problème surgit, notre premier réflexe, notre unique obsession, est de chercher un responsable… tout en laissant la maison brûler sous nos yeux.
Soignez-vous, mes frères. Si nous utilisions ne serait-ce que la moitié de nos compétences et de notre intelligence à implémenter des solutions concrètes plutôt qu’à peaufiner nos accusations, les choses iraient tellement mieux.
Kinshasa étouffe sous les problèmes. La RDC est un pays champion du monde des défis non résolus. Et pourtant, que sort-il de la bouche de l’élite congolaise ? Une éternelle chasse au « sorcier ». Le débat public est saturé de diagnostics brillants et de dénonciations stériles. Tout le monde sait dire qui a tort, qui a volé, qui a failli. Mais combien viennent à la table avec une solution ? Une vraie. Une solution qui soulage, même modestement, l’un des nombreux problèmes qui ennuient et épuisent la population au quotidien.
Alors, sans me vanter — tout en me vantant tout de même, comme tout bon Congolais qui se respecte et qui sait d’où il vient —, je me rappelle l’époque où internet était un désert pour notre histoire. Il y a 23 ans, j’ai refusé de simplement me plaindre du déficit d’informations sur notre pays. J’ai réfléchi, j’ai codé, et j’ai mis sur la table une réponse concrète : cultureK.net.
L’objectif était vital : permettre enfin aux Congolais de parler du Congo, par eux-mêmes. Ce site est devenu un outil de combat, un espace de mobilisation qui a permis à la diaspora de s’organiser et de peser dans le débat politique. Bon, d’accord, soyons honnêtes… bien avant l’apparition de Facebook ou de Twitter, nous avions déjà inventé le concept du lynchage en ligne ! CultureK s’est parfois transformé en un magnifique mur des lamentations et en arène de boxe digitale où l’on distribuait des mabanga bien sentis aux copains tout en découpant joyeusement ses adversaires politiques. On a tous nos faiblesses, n’est-ce pas ?
Mais au moins, l’outil existait. C’était une solution concrète à un problème précis.
Mes chers compatriotes, l’heure n’est plus à la désignation des coupables ni aux pleurs numériques. Le feu est là, il est grand temps d’apporter nos seaux d’eau. Quittez les salons de la critique, passez à l’implémentation. La RDC ne sera pas sauvée par ceux qui pointent du doigt, mais par ceux qui posent des pierres.
Et si certains trouvent que je tape un peu trop fort aujourd’hui, je leur rappellerai simplement notre célèbre slogan : « CultureK est un site d’information général sur le Congo-Kinshasa. Tout écart de langage dans son contenu est à mettre sur le compte de l’apprentissage de la démocratie. » Alors, on commence quand à apprendre à construire ?
