On ne pourra jamais dire que la Belgique ne s’était pas impliquée à fond dans le dossier « République Démocratique du Congo. Son implication est tellement palpable que la signification de la lettre « D » dans RDC devient ambigüe. Est-ce Vraiment « Démocratique » ou a-t-elle pris une autre signification, celle de « Dictatoriale ». On a vu les officiels belges se déplacer dans toute la planète défendre le dossier Congo. On les a entendu crier à qui voulait les entendre, qu’il fallait leur faire confiance car, ils étaient des experts en matière RDC et qu’ils avaient la formule pour la sortir du marasme politique dans lequel elle était plongée et d’en faire un Etat des droits. La formule, c’était de placer Joseph Kabila à la tête du pays. Comme dans le passé, les résultats de l’implication belge sont là : morts d’hommes ; pillages ; opposants traqués, tués, emprisonnés ou en exil. Bref : La dictature. Faits du hasard ?
Depuis la mort de LDK jusqu’aux récentes élections, tous les accords proposés et signés, entre autres ceux de l’hôtel cascade et de Sun City, disent certaines indiscrétions, ne visaient qu’une seule chose : Confirmer Joseph Kabila comme président et faire de lui un président « démocratiquement élu ». Car selon les experts belges, les élections même de façade régleraient la crise de légitimité politique observée en RDC depuis son indépendance. Une précision cependant: Ils n’ont pas dit qui a causé cette crise.
C’est ainsi qu’on a vu, la diplomatie belge se déployer à fond la caisse et forcer la tenue des élections en RDC dans les conditions connues de tous avec le résultat suscitant deux réactions diamétralement opposées: Réussite pour les uns, parce que leur protégé était « légitimé », et échec pour les autres tant les irrégularités crevaient les yeux. D’ailleurs, eux-mêmes, les parrains de ces élections n’ont pas nié la présence des irrégularités, ils les ont tout simplement crédibiliser en invoquant le cas des élections américaines de 2000 comme pour dire, dans ce jeu, tout le monde triche. Ont-ils parlé des conséquences de cette tricherie ? Non, ils n’ont même pas osé pousser la logique jusqu’au bout tellement le flou est ce qui récolte du succès auprès des congolais.
Aujourd’hui alors, à peine les élections passées et face au nombre croissant des morts, de violation des droits de l’homme et des pillages, très timidement elle, la Belgique, commence à parler de la crainte de voir le processus démocratique dérailler. Elle attribue la responsabilité, et à l’opposition et au pouvoir. Y’avait-il d’abord, pour commencer, un processus démocratique ? Ou est-ce là une façon bien intelligente de se dédouaner et de cacher sa mauvaise politique, ses intentions réelles, celles de voir le Congo morcelé.
A l’approche des élections fédérales en Belgique, on assiste à une mascarade qui veut qu’il y ait deux Belgique. Celle qui aime les congolais et celle qui ne s’intéresse qu’aux richesses du Congo. Or en réalité, il n’y a qu’une seule Belgique. Celle qui est engagée par ses officiels sortis d’une coalition entre flamands et wallons ou bons et mauvais, ce selon. Pour preuves, aucun officiel belge, flamand ou wallon, n’a adressé une réprimande aux déclarations faites par certains belges, soutenant la violation au Congo. Citons pour le cas d’espèce, les déclarations de cette spécialiste belge des questions congolaises qui avait dit au lendemain des attaques du mois d’août 2006 et du mois de mars 2007 que « le vendeur des œufs a bien fait d’amener la guerre aux kinois… » Ou « Joseph Kabila doit montrer de la poigne aux yeux de ses parrains étrangers… ». N’est-ce pas là encourager les massacres des populations civiles ? Sous d’autres cieux, ce rôle a été joué par la radio milles collines et on connait les conséquences. Aussi, il y a cette déclaration d’un officiel européen d’origine belge, d’abord après la prestation de serment du président du Congo : « …nous devons leur laisser une marge de manœuvre » et ensuite celle faite aux sénateurs belges au mois de mars 2007 : « …Vous avez tout de suite mis en doute les bonnes intentions » du nouveau cabinet congolais. « Quand on voit d’où vient ce pays, c’est un peu humiliant […] Il faut quand même leur reconnaître un temps opérationnel et le droit à l’erreur ». A combien des morts ou de violation des droits de la personne s’estime le droit à l’erreur ? Ceci ne démontre t-il pas la volonté d’implanter une dictature en RDC ? Peut-on vraiment s’étonner que quelques jours plus tard, le président du Congo déclare « qu’on ne peut pas garantir la sécurité de 60 millions d’habitants avec des négociations » ? A mon avis Non, dès lors que les experts et spécialistes belges ont avalisé la chose. En revanche, ce qui est étonnant, c’est de voir ces mêmes personnes qui prônent la violence en pleine ville de Kinshasa ou au Bas-Congo par exemple pointer une autre personne du doigt, la citant responsable des massacres des congolais. La déclaration du président par exemple, ne suffit-elle pas à déduire qu’il y avait dans son chef l’intention de tuer pour prouver sa légitimité ?
Que les congolais arrêtent de se faire des illusions. Qu’ils n’espèrent en une quelconque bonne volonté de la Belgique. Pendant que tout le monde accuse le pouvoir de Kinshasa d’avoir la gâchette facile, les belges s’amusent à justifier ces gestes par des propos qui auraient poussé le président à agir de la sorte.
Si vraiment à chaque mot ou vérité dite, le pouvoir se donnait le privilège de tuer, il y a longtemps que Jean-Marie Lepen serait tué. Voilà des comparaisons qu’ils refusent de faire.
Et si Frankenstein était le seul à stopper son monstre, il est hasardeux de penser que la Belgique stopperait le sien tant la chose l’amuse et est à son avantage. Non, les problèmes du Congo ne sont pas des faits du hasard.
