Ces scrutins présidentiel – 33 candidats sont en lice pour briguer la magistrature suprême – et législatif (à un tour pour élire 500 députés) doivent mettre fin à une délicate transition lancée en 2003 après une guerre civile et régionale de près de cinq ans qui a fait près de quatre millions de morts.
Les opérations de vote se déroulaient lentement et paisiblement dimanche après-midi, après l’affluence matinale, au bureau de vote 1187A installé dans les locaux de l’école primaire EP10 de Ngiri-Ngiri dans la banlieue de Kinshasa, comme dans d’autres communes kinoises, a constaté l’agence BELGA.
Quatorze bureaux de vote ont été installés dans cette école chargés d’accueillir de 175 à 300 et quelques électeurs, dont beaucoup accomplissent leur devoir électoral pour la première fois.
En présence de quelques policiers débonnaires, les électeurs s’y présentent au compte-goutte à deux heures de la clôture du scrutin, prévue à 17h00 locales (18h00 HB) et votent sans grande difficulté apparente: sur un bulletin d’environ 45 cm de côté pour la présidentielle (33 candidats) et sur un poster de cinq pages pour les législatives (719 candidats) dans ce district. Dans certains bureaux, des témoins des partis politiques observent placidement les opérations de vote.
A plusieurs endroits, l’unique urne blanche prévue pour les législatives – celle pour la présidentielle est orange – se gonfle au point de menacer de se s’ouvrir, surchargée par la taille des bulletins qui y ont été glissés. Les urnes comportent une large fenêtre sur chaque face, afin de garantir la « transparence » des scrutins.
Les isoloirs ressemblent à de grandes boîtes en carton.
Après le vote, un assesseur appose de l’encre indélébile sur un doigt de la main gauche de chaque électeur, pour éviter un second passage – et donc les tentatives de fraude. Dès la clôture du scrutin, chaque bureau de vote se tranformera en bureau de dépouillement et les résultats seront affichés à l’extérieur. Ils seront également centralises par la Commission électorale indépendante (CEI), alors que les urnes devront être sécurisées pour permettre un recomptage en cas de contestation des résultats.
Aucun incident n’a été signalé dans ces quatorze bureaux, expliquent les présidents, secrétaires et assesseurs (cinq par bureau), alors qu’une jeep de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) fait son apparition avec à son bord deux des observatrices internationales venues scruter ces premières élections libres depuis 1965 dans l’ex-Zaïre.
Le seul grief des assesseurs, très conscients en général de l’importance de leur tâche, est de n’avoir reçu ni à boire ni à manger depuis leur arrivée. Certains, habitant à plusieurs kilomètres, ont même dormi à l’extérieur de leur bureau pour être présents à l’ouverture des scrutins, à 06h00.
« On a passé la nuit ici et on a pas mangé », se plaint la présidente d’un autre bureau, Solange Bimansha-Biloma, une ménagère qui a suivi la formation dispensée par la CEI. Elle s’attend à devoir passer une nuit supplémentaire sur place, pour garder les urnes dans l’attente de leur collecte par la CEI.
Celle-ci a promis de payer 35 dollars aux assesseurs et 70 dollars aux présidents, un montant qui couvre aussi les trois jours de formation.
Mais aucun des assesseurs n’a encore vu la couleur de cet argent, bien que plusieurs se disent convaincus qu’ils finiront par être payés.
Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin sur l’ensemble du territoire de la vaste RDC à 06h00 locales (même HB) dans l’est et une heure plus tard dans l’ouest.
