Tous les kinois attendaient ce jour qui parait être le plus long depuis plus de 40 ans. Tôt le matin sous un soleil doux, des centaines de personnes se dirigeaient vers les centres de vote où ils se sont enrôlés pour élire celui qui va diriger la république démocratique du Congo les 5 prochaines années.
Les taximen ont commencé par observer ce que sera la journée et vers 8 heures du matin, tout le monde pouvait avoir un taxi pour aller voter. Il y a eu jamais un jour à Kinshasa où tout le monde parlait des élections comme ce 30 juillet 2006, vieux et jeunes en age de voter se sont rendu massivement dans les différents centres de vote pour accomplir ce devoir civique que tout le monde a attendu de tout cœur. La journée est restée calme comme tous les dimanches dans la capitale congolaise. Seulement, les pasteurs des Eglises ont passé un sale dimanche, car à cause des élections les fidèles ont deserté les bancs des églises, ce qui a reduit drastiquement les recettes des offrandes.
On lisait la joie sur le visage de ceux qui ont pour la première fois voté, et tout le monde avait la certitude que son candidat passerait président de la république. Les kinois et les congolais en général garderont à jamais cette journée dans leurs mémoires ; une journée pleine d’espoir.
Nous avons rencontré une dame dans un bureau de vote qui disait qu’enfin ses enfants iront à l’école et que leur père reprendrait le travail. Cette journée à donner à tout le monde la conviction de croire à un Congo nouveau où l’injustice sociale partirait pour de bon. Puisse Dieu les entendre…
A Matonge, un quartier chaud de la capitale congolaise, les gens prenanit des paris sur leurs candidat.
Au regard de toute cette espérance, il apparait que la tache ne sera pas facile pour celui qui va reprendre les rennes du pays. Face à tant de misère, tant de souffrance accumulée par ce peuple depuis la naissance de cette nation voici 126 ans aujourd’hui.
Nous pensons ici à la conquête Leopoldienne, la colonisation belge, les troubles liés à l’indépendance, la dictature de Mobutu, la transition, la guerre de « liberation » de l’AFDL, les rebellions avec ses 6.000.000 de victimes, la transition avec son lot de tueries de gabegie, de souffrance pour ce meme peuple…
La tâche de celui qui sortira vainqueur de ces élections sera dure, mais ô combien noble et salvatrice. Il va être obliger pour réussir dans sa tâche d’ouvrir les yeux et surtout les oreilles envers ce peuple qui l’a élue avec tant d’enthousiasme.
Nul ne pourra reconstruire ce pays seul, nul ne sait mieux que ce peuple ce qu’il faut pour reconstruire une nation. L’élan patriotique suscité par ces élections doit servir de rampe de lancement pour le Congo nouveau dont tous nous avons rêvé.
Dimanche est passé, maintenant, le peuple kinois et congolais attend le verdict de la commission nationale indépendante. On n’a beau parié, beau vanté son candidat mais il faudrait que celui-ci ait le plus de voix pour passer à la magistrature suprême. La prière des congolais est que le prochain président de la république soit un fils du pays pour qu’il ait le souci de celui-ci. Ce dimanche 30 juillet reste quand même, le jour le plus long et celui qui a donné à chaque congolais pour la première fois le privilège de citoyen libre d’élire le président de son choix.
