Malumalu interpellé par des congolais à Washington 871

04/05/06 Des informations qui nous sont parvenues des Etats-Unis, le Président de la Commission Electorale Indépendante, M. l’abbé Malumalu se trouve actuellement dans ce pays pour y faire campagne en vue d’y obtenir l’aval sur ses dernières décisions illégales relatives au processus électoral en cours, contraires à l’esprit et à la lettre de l’accord global et inclusif. Il a en effet fixé, de manière unilatérale, d’organiser les élections présidentielles et législatives le 30 juillet prochain, au-delà de la date ultime de la transition, se mettant de ce fait hors la loi.

Les faits

Alors qu’il s’apprêtait à faire sa présentation au centre Woodrow Wilson, dans le Building Ronald Reagan à Washington, des congolais soucieux de l’avenir du pays l’ont interpellé en lui posant des questions embarrassantes, notamment son manque d’indépendance vis-à-vis des autorités politiques. Il lui a été notamment reproché de se faire accompagner par des gardes du corps de Kabila, ce qui lui ôte toute prétention d’autonomie. En outre pourquoi aurait-il besoin de se protéger si sa conscience est tranquille ? Récemment, coup sur coup, les représentants de la Haute hiérarchie de l’Eglise catholique, ses supérieurs, viennent de prendre des positions aux antipodes des orientations qu’il imprime au processus actuel. N’est-ce pas un désaveu de sa gestion du processus qui favorise la surenchère conflictuelle, et non la concorde et l’apaisement? Certains des congolais lui ont même prédit qu’en gérant les problèmes politiques de manière aussi partisane qui favorise l’exclusion d’une majorité des congolais, il peut être sûr que bientôt il viendra s’inscrire sur la longue liste des réfugiés politiques. La tension qui commençait à monter dans la salle a incité les organisateurs, qui ont pris peur, d’arrêter précipitamment la présentation de Malumalu. Entre-temps, la police avait arrêté deux interpellateurs de l’abbé Malumalu, messieurs Kamba et Lwakabwanga qui ont été rapidement relâchés sur intervention de M. Weiss, fonctionnaire au Département d’Etat, qui a persuadé la police que, s’agissant d’un problème à caractère politique, il était de l’intérêt des Etats-Unis de ne pas donner l’impression d’avoir un parti pris.

La transition

Il est ici bon de rappeler que l’accord global et inclusif avait accordé aux gestionnaires de la transition 24 mois, avec une rallonge conditionnelle éventuelle de 12 mois pour la réalisation d’objectifs essentiels pour notre pays martyrisé, en vue de réunir les conditions de viabilité d’un Etat de droit. La réalisation de ces objectifs devait avoir pour épilogue la tenue des élections libres et transparentes à tous les échelons endéans ce délai.

Nous savons tous ce qu’il en a été. La période de transition s’est avérée désastreuse. Pendant tout son parcours, les gestionnaires de l’Etat se sont occupés d’autres choses et aucun des objectifs contractuels n’a été atteint au bout du terme normal de la transition. Comme selon la constitution de la transition, pour envisager une prolongation éventuelle de 12 mois, il était nécessaire que le processus électoral fût préalablement enclenché et en cours, M. Malumalu s’organisa, avec la complicité des gestionnaires du pouvoir politique, pour démarrer dans la précipitation, le 20 juin 2005, soit à 10 jours du terme légal de la transition, l’enrôlement et l’identification des électeurs, afin d’invoquer, malgré l’irrégularité et l’illégitimité de la situation, la condition constitutionnelle permettant de justifier la prolongation de la période de transition. Ces opérations d’enrôlement et d’identification qui ont couvert la prolongation illégale et illégitime de la période de transition s’étaient en outre déroulées sans recensement préalable de la population, contrairement aux conventions contenues dans les résolutions du Dialogue Intercongolais !

La prolongation illégale de la transition

Cette prolongation aurait dû servir à résorber le retard encouru pendant les 24 premiers mois et permettre l’organisation et la finalisation des élections à tous les échelons au 30 juin 2006. Pourtant, aujourd’hui, le travail attendu n’est pas au rendez-vous. La prolongation n’a donc finalement servi aux animateurs des institutions que de demeurer au pouvoir en continuant à bénéficier oisivement des avantages liés à leur statut, et plus particulièrement les avantages financiers. Alors que le peuple a croupi dans la misère, sans salaire tout au long de la transition et qu’il continue de l’être, que les fonctionnaires et autres travailleurs effectifs se sont fait berner (accords de Mbudi), les tenants du pouvoir ont, quant à eux, perçu un salaire mirobolant pour avoir poireauté pendant 36 mois ! Certains d’entre eux, notamment les parlementaires, ont même reçu des cadeaux gracieux : un véhicule tous-terrains pour chacun d’eux avec, en sus, un salaire immérité pour douze mois. Pendant ce temps, notre Congo et le commun de ses habitants continuent à descendre aux enfers.

Ainsi donc, alors que tous les acteurs politiques sont conscients et convaincus de la justesse et de la pertinence de la position de l’UDPS, ils s’évertuent tous à éluder de répondre aux questions essentielles sur les tares et irrégularités du processus qui permettront, si elles sont correctement adressées, d’atteindre un consensus bénéfique pour la troisième république. Bien au contraire, ils stigmatisent de manière mensongère le soi-disant refus de l’UDPS d’aller aux élections, qui ne se trouve dans aucune déclaration de cette dernière, et qu’ils appellent son auto exclusion. Or rien n’est plus faux que cet argument car il est de notoriété publique qu’au Congo, l’UDPS est le Parti initiateur du mouvement démocratique qui a toujours prôné la voie des urnes comme seul moyen légitime d’accession au pouvoir, et ce, depuis 26 ans. Quel autre parti au Congo peut se targuer d’une telle longévité ? Les questions posées par l’UDPS n’ont qu’un but, c’est celui d’assainir le processus et d’en évacuer les tares afin de donner aux élections la crédibilité qu’elles méritent afin d’aboutir à une véritable démocratie pour laquelle elle se bat depuis un quart de siècle. La mauvaise foi de ceux qui clament vouloir aller aux élections tout en montrant le contraire est évident.

L’article 222 de la nouvelle constitution

En tous les cas, il paraît à présent évident que l’article 222 de la nouvelle constitution, largement évoqué par les tenants du pouvoir et la CEI pour prolonger illégalement la transition au-delà du 30 juin 2006, est une manœuvre insidieuse savamment orchestrée pour des besoins pécuniaires. Cet article est un subterfuge inacceptable concocté par des individus non élus qui se sont arrangés pour se pérenniser au pouvoir par des artifices pernicieux avec la complicité de certains acteurs étrangers de la communauté internationale. Cette prolongation, comme on s’en aperçoit, est financièrement juteuse ! La communauté internationale, conseillée par ses experts patentés sur les questions congolaises et dont les agendas réels sont occultés par des fausses déclarations de leur bonne foi, acquiesce les yeux fermés sur tous les manquements qui violent pourtant de manière flagrante les prescrits légaux de la période de transition.

Aujourd’hui, sans aucune justification, nous assistons, de la part de la CEI, et plus particulièrement de son président, à des reports intempestifs des dates relatives à la réalisation des opérations du processus électoral, reports décidés de manière unilatérale par lui, et dont le seul résultat palpable sera celui d’offrir à tous les acteurs des institutions un pactole pécuniaire au-delà du 30 juin 2006, sans aucune prestation. Puisque le travail attendu n’aura pas été réalisé à la date prévue du 30 juin 2006, date contractuelle et constitutionnelle régissant la période de transition, le peuple a le droit de demander des comptes à la CEI et à son président, avant qu’ils ne débordent les échéances prévues. Qu’ils nous disent aujourd’hui à quoi ont servi les douze mois de la prolongation illégitime et illégale qu’ils se sont arrogés contre la volonté populaire en faisant couler son sang le 30 juin 2005. Nous avons le droit de le savoir !

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