« Le discours d’Etienne Tshisekedi du 2 avril pousse les ennemis du Congo à des actions imprévues. Certains ne lésineront point sur les moyens : si la corruption des politiciens congolais ne suffit pas, si une nouvelle distraction politique (négociations, compromis, etc.) ne réussit pas, les forces déjà présentes au Congo (et qui seront bientôt démultipliées) passeront aux actes. Et le PN ne sera pas épargné. Il est en tête de liste à cause de ce qu’il représente pour un Congo libre et souverain. Et avec lui plusieurs membres éminents du leadership de l’UDPS et de certains partis politiques. C’est à vous d’agir parce que les ennemis appréhendent avec horreur l’éventualité du passage de la date du 30 juin 2005 du slogan populaire (actuel) à la réalité d’un changement politique au Congo. Je sais que vous êtes capables, mais si vous n’êtes pas prêts à vous dépasser dans ces trois domaines, ne laissez plus le peuple congolais espérer en l’UDPS pour un massacre supplémentaire, et malheureusement inutile. »
Mons, le 15 avril 2005
Messieurs,
Nous nous félicitons d’avoir encore au Congo un Leader politique comme Dr Etienne Tshisekedi. Sa lutte pour la démocratie et l’instauration de l’Etat de droit est connue de tous, ses adversaires politiques y compris. Lui seul peut aujourd’hui être désigné comme la personnalité fédératrice sur l’ensemble du territoire congolais. Cette réalité fait qu’il soit dans le collimateur de vrais ennemis du Congo (les puissances politiques, militaires et financières étrangères) et de leurs agents (leaders politiques et militaires au pouvoir au Congo).
Un seul exemple, le plus récent. La léthargie a caractérisé le microcosme politique congolais jusqu’au discours du PN au Conseil National du 2 avril. Tout d’un coup sont sorties des prises de positions de tous bords que je ne peux énumérer ici pour vous. Certaines proviennent des puissances étrangères qui ont établi des pions dans ce microcosme en vue de créer la confusion, trait caractéristique des débats et dialogues politiques congolais. La confusion prolonge certaines échéances pour réaliser les plans en cours ou concevoir de nouveaux mécanismes de la perpétuation de l’exploitation du Congo. Les semaines et mois à venir nous réservent de preuves à ce que je vous écris ici, alors que toutes les tractations antérieures ont apporté des exemples innombrables (tractations internationales et nationales depuis 1997 à ce jour : conditions du départ de Mobutu, planification et gestion de la guerre d’agression, guère de 2ème libération, pseudo dialogue intercongolais, accord de l’Hôtel Cascade dit du Camp de la Patrie, distribution des pouvoirs politiques, militaires et économiques entre les puissances étrangères à travers leurs pions dits les belligérants, etc.).
Les intérêts des ennemis du Congo sont tellement immenses qu’ils n’hésiteront pas un seul instant à laisser leurs agents locaux (gouvernement) mitrailler les foules et ensuite utiliser leurs puissances dans les média pour banaliser une hécatombe en vue pérenniser leurs privilèges par des négociations, compromis, etc. Si vous qui êtes en charge du principal parti du changement n’êtes pas prêts à vous impliquer dans la lutte souterraine, de grâce, n’envoyez pas les foules au devant de la soldatesque étrangère qui domine le Congo d’aujourd’hui.
Si les révolutions populaires ont abouti en Géorgie, en Ukraine et en Kirghizstan, c’est essentiellement grâce au travail de l’ombre accompli par les partisans du changement, travail à l’extérieur (puissances politiques et industrielles) et à l’intérieur (renseignement et actions auprès des services de sécurité). Si, au Congo, le peuple peut suivre le mot d’ordre du PN, -encore faudra-t-il compter avec les effets des dollars de l’étranger et de la planche à billets parmi ce peuple affamé, – vous, vous avez le devoir de lui (peuple) venir en aide en vous impliquant dans les domaines suivants qui sont intrinsèquement liés: Défense et Sécurité, Multinationales minières et Diplomatie. La non-violence ne signifie pas suicide inutile !
I. Défense et Sécurité
Les ennemis du Congo n’ont permis la mise sur pied d’une armée républicaine nationale et intégrée ni des services de sécurité au service de la Nation.
1. Commandement : La distribution des postes de commandement tant au niveau de l’Etat major général qu’à celui des régions militaires a répondu à leurs exigences (en dépit des « entités » auxquelles appartiennent les promus).
2. Troupes : La formation de l’armée unifiée intégrera des bataillons entiers étrangers et formés à l’étranger, sans parler des commandos spéciaux étrangers déjà présents aussi bien à Kinshasa qu’en provinces. Les officiers promus et bataillons en question reçoivent leurs instructions des ennemis du Congo.
3. Territoriale : La territoriale obéit à la même logique de la stratégie d’infiltration en vue d’un Congo tel que voulu par les parrains (de tous bords).
4. Sécurité : Les multiples services de sécurité ne sont pas épargnés, qu’il s’agisse de ceux dépendant du « gouvernement » ou des services des « entités » ! Leurs agenda et actions ne convergent guère.
5. Last but not least : Le fameux espace présidentiel où siège le commandement suprême des forces armées et de sécurité travaille pour les ennemis du Congo. D’où l’échec désolant quant aux priorités essentielles de la transition.
Le peuple seul ne saura pas neutraliser cette chaîne d’obstacles à sa libération sans le travail de l’ombre du parti du changement, espoir du Congo. Sans renforcement de vos efforts (actions) dans le renseignement intérieur et extérieur.
II. Les multinationales minières
Point n’est besoin de démontrer que le Congo est l’objet des convoitises complexes à cause de ses richesses. Je n’ai pas non plus besoin d’insister sur les plans de ceux qui le veulent en petits morceaux (Etats) à exploiter, parce que « les Congolais se sont révélés incapables de diriger leur immense pays et surtout de bien gérer ses richesses », disent-ils. J’ai moi-même pris part à une rencontre avec certains de ces gens en 1978 !
Sans mentionner mes propres sources d’informations, je crois que vous avez certainement lu le rapport et l’additif du groupe des experts des Nations Unies sur les pillages des ressources naturelles et autres du Congo. Vous connaissez le contenu du « Special Report » de Executive Intelligence Review (Washington, June 1996) intitulé « Never again ! London’s Genocide against Africans ». Vous avez certainement lu L’Enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en République Démocratique du Congo de l’Ingénieur civil Pierre Baracyetse, Gemmocratie. L’Ecologie politique du diamant africain de François Misser, Crimes organisés en Afrique Centrale de Honoré Ngbanda Nzambo … et vous connaissez le cynisme des monstres industriels et financiers derrière non seulement les belligérants au pouvoir au Congo mais aussi derrière les parrains (africains) et leurs propres parrains (occidentaux).
La situation si catastrophique de notre pays est ce qu’elle est à cause de ces maillons de la chaîne d’exploitation et de domination que le peuple ne peut vaincre seul sans une vigoureuse action souterraine de vos experts:
1. Les « entités » au pouvoir ;
2. Les parrains africains, étrangers opérant au Congo, étrangers opérant en dehors du Congo ;
3. Les parrains des parrains à savoir les puissances politiques et industrielles occidentales.
C’est donc à vous de travailler en amont pendant que le peuple affronte les dangers en aval. Même Mandela n’a pas été libéré sans ce travail en amont ! Sans ce travail, l’Afrique du Sud ne serait pas ce qu’elle est. En effet, les mêmes qui ont imposé L.D.Kabila à Kinshasa, l’ont fait assassiner et l’ont fait remplacer par un autre de leur choix. Ils l’ont imposé aux Congolais (en dépit de ses effroyables limites) lors du pseudo dialogue intercongolais ainsi que 4 adjoints pour poursuivre leurs propres plans politiques et économiques. Ils ne veulent pas d’un changement qui leur échappe. Mais grâce à votre action, ils feront coïncider leurs intérêts à ceux de notre peuple.
III. Diplomatie.
Les multinationales travaillent toujours avec les forces politiques ou les gouvernements de leurs pays d’origine, ou ceux de leurs actionnaires. Les puissances occidentales qui détiennent plusieurs cartes du jeu politique au Congo sont connues de vous. Vous connaissez aussi les puissances industrielles qui ont besoin de leur couverture pour mieux exploiter le Congo sans tenir compte de son peuple.
Vous connaissez même ces puissances qui envisagent la partition de ce pays dans l’intérêt des multinationales. Vous connaissez ceux qui ont traité avec L.D.Kabila comme avec un chef d’Etat, avant même la chute de Kinshasa, ainsi que ceux qui ont signé l’arrêt de mort politique de Mobutu longtemps avant le 17 mai 1997 ! Vous savez ce que tel membre de l’équation 1+4= ? prépare lors de ses visites répétées aux USA, et tel autre ailleurs, les agents d’un autre ailleurs encore… L’histoire des guerres de 1996 et de 1998, des tentatives d’annexion de certaines régions orientales … témoigne de l’implication des individus, des « agences » et des gouvernements étrangers. Vous connaissez aussi ceux qui, bien que impuissants ou opportunistes, ne sont pas d’accord avec eux. Alors, il vous appartient de rendre efficace la lutte du peuple par une action diplomatique vigoureuse et convaincante !
Conclusion :
Le discours d’Etienne Tshisekedi du 2 avril pousse les ennemis du Congo à des actions imprévues. Certains ne lésineront point sur les moyens : si la corruption des politiciens congolais ne suffit pas, si une nouvelle distraction politique (négociations, compromis, etc.) ne réussit pas, les forces déjà présentes au Congo (et qui seront bientôt démultipliées) passeront aux actes. Et le PN ne sera pas épargné. Il est en tête de liste à cause de ce qu’il représente pour un Congo libre et souverain. Et avec lui plusieurs membres éminents du leadership de l’UDPS et de certains partis politiques. C’est à vous d’agir parce que les ennemis appréhendent avec horreur l’éventualité du passage de la date du 30 juin 2005 du slogan populaire (actuel) à la réalité d’un changement politique au Congo. Je sais que vous êtes capables, mais si vous n’êtes pas prêts à vous dépasser dans ces trois domaines, ne laissez plus le peuple congolais espérer en l’UDPS pour un massacre supplémentaire, et malheureusement inutile.
Certes, le peuple va se mobiliser derrière Etienne Tshisekedi wa Mulumba en vue de la libération du Congo, mais vous vous avez la grande responsabilité devant Dieu et devant le monde de mener le travail souterrain avec ou contre les puissances étrangères (politiques, militaires, industrielles et financières) qui déterminent le leadership de ce vaste scandale géologique et géostratégique planétaire que constitue le Congo.
Que Dieu vous entende.
Bien cordialement.
