30 juin : La police de Kabila formée par l’Union Européenne à l’oeuvre 1044

Kinshasa, vendredi 30 juin 2006, sans aucun appel à l’observation d’une journée ville morte de la part de l’opposition, la capitale du congo s’est reveillée sans la moindre circulation. Pas de taxi, pas de bus. Et sans non plus aucun appel à une quelconque marche, dans plusieurs quartiers, des groupes des militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ont tenté à maintess reprises d’amorcer des marches improvisées, initiatives qui se sont soldées par des blessures infligées par une police en furie.

La photo ci-dessus, prise par la très « sérieuse » AFP et non par la presse pro-opposition, montre le calvaire de cette jeune dame, enceinte de 5 mois, sortie avec un groupe d’autres militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), exercer des pressions sur les politiciens qui étaient en concertations au ministère des affaires étrangères. Elle et ses compagnons se sont tenus à une bonne distance de l’hémicycle des affaires étrangères, entonnant des chants à la gloire du Docteur Etienne Tshisekedi dont ils réclamaient l’implication dans le processus électoral. Ils scandaient aussi des slogans hostiles aux dirigeants de la transition et proclamaient la fin de celle-ci, selon les termes de l’AGI (Accord Global et Inclusif), en ce jour du 30 juin 2006.

Ce qui n’a pas du tout plu à cette police qui s’est lancée sur les manifestants avec des matraques, des crosses de fusils, des baïonnettes et du gaz lacrymogène. Nombreux manifestants surpris ont été blessés dans cette repression brutale et barbare. L’un d’eux a même pris un coup de baïonnette dans le ventre et se trouve dans un état critique. La dame sur cette photo, certainement étourdie par le gaz et handicapée par son état de grossesse n’a pas pu s’enfuir à temps pour échapper à la sauvagerie de la police de Kabila. Elle a vu une police déchaînée déverser toute sa cruauté sur elle avec des coups de crosse et des bottes dans le vente, sur les seins et sur la tête.

Aucune protestation ne s’est faite entendre contre pareille violation des droits de l’homme, de la part de dirigeants de cette Union Européenne qui ont assuré la formation et l’intégration de cette police. Peut-être parce qu’ayant décidé de l’organisation des éléctions au rabais qui devront réconduire Kabila, ils auraient eux-mêmes donné un ordre de fermeté contre toute manifestation en faveur d’une réqualification de ces élections des autres. Comment ne pas le croire quand les menaces du numéro un allemand de l’Eufor d’utiliser la force létale contre les contestataires rétentissent encore à nos oreilles ?

Une chose est sûre, une femme enceinte se serait fait brutalisée ainsi à Paris, Bruxelles ou Londres que ça tiendrait « la une » de tous les médias européens pendant au moins un mois et que des responsables seraient poussés à la démission. Mais heureusement pour la conscience de ces donneurs de leçon occidentaux qu’il ne s’agit que d’une négresse ! Donneurs de leçon à la conscience marquée au fer rouge, il leur reste assez de culot pour voir la paille de la « xénophobie » dans notre oeil avant de s’enlèver la poutre du racisme qui est dans le leur !

Un homme averti en vaut donc deux. Les combattants de la liberté et de la dignité congolaise sont ainsi donc prévenus. Si une femme enceinte n’a pas pu retenir la bestialité de la police de Kabila et n’a même pas pu soulever des protestations, ne serait que du bout des lèvres, de la part des dirigeants occidentaux, la repression sera sans pitié pour ceux qui oseront protester contre les résultats boutiqués d’avance de la victoire du candidat de l’establishment occidental.

Mais comme on ne le dira jamais aussi bien dans aucune autre langue que dans celles de nous : eza likambo ya mabele (Lingala : c’est un combat pour notre terre), M’bualu bua ditunga (Tshiluba : c’est un combat pour la patrie). Ceux qui nous préviennent sont donc prévenus : nous n’irons pas à l’abattoir comme du bétail destiné au sacrifice !

Une femme enceinte qui défie une police de repression, tel est le nouveau symbole de la lutte pour la souveraineté et la dignité congolaise.

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