30 ans du Centre d’enseignement 1949

Le centre d’enseinement MBOLOKO « Les gazelles » est une école privée de la communauté presbyterienne de Kinshasa et qui aujourd’hui a opté pour devenir une école publique depuis quelques années. Projet de vie, projet de foi, une utopie les Gazelles est né comme une vision d’offrir une école congolaise aux enfants congolais, une philosophie « l’école pour la vie par la vie »…
Nous avons eu l’honneur de profiter de cette utopie au tout debut et nous en sommes fiers et fêtons ensemble ces 30 ans, qui ne nous rajeunissent pas.
Lisez ici le mot de circonstance de Madame Heidi Kabangu Stahel, celle qui a porté cet utopie et a réussi à la materialiser malgrès la dictature, le mobutisme, le kabilisme, l’authenticité, la recession, la crise, le pillage des ressources, les pillages tou courts, l’insécurité, l’abacost, la violation des droits de l’homme, les tracasseries… Quand on veut on peut et on va! Chapeau madame

Main.php?g2 View=coreMot de circonstance le 1er juin 2007 à l’occasion
du 30ème anniversaire du CE Les Gazelles

Excellences, Révérendes et Révérends,
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

C’est une grande joie et un réel plaisir de vous accueillir et de vous
compter parmi nous. Nous vous remercions et vous souhaitons une cordiale
bienvenue.

Quand le matin du 5 sept. 1976, nous avions choisi de prendre en main le
destin de 15 enfants, nous étions loin de nous imaginer ce que serait
l’institution qui vous accueille ce jour, Le Centre d’Enseignement Mboloko
« Les Gazelles ».

Les Gazelles, est-ce :

Une vision ? un défi ? un rêve ? une vocation ? ou une aventure ?
C’est peut-être un peu de tout à la fois.

– Une vision, c’était d’offrir une école congolaise aux enfants congolais.
– Une philosophie : Ecole pour la vie et par la vie.
– Un défi, s’engager pour la formation des enseignants de qualité pour le
Congo afin que la profession retrouve la joie de se consacrer à « ce beau
métier »
– Un rêve, un monde où tout le monde est accepté, où l’on peut trouver du
travail, un monde où l’ouvrier et le professeur sont assis côte à côte pour
discuter et chercher des solutions pour reconstruire le pays, un monde où
hommes et femmes ont les mêmes droits, jouissent de la même estime et des
mêmes chances, un monde où toutes les religions se respectent et vivent en
harmonie.
– Une vocation ; Oui, nous avons opté pour la section pédagogique malgré les
pressions de tous bords. La situation sociale des enseignants dans notre
pays n’attire pas les jeunes vers la pédagogie. Mais si on ne tire pas la
sonnette d’alarme, dans quelques années, le pays n’aura plus d’enseignants.
– Une aventure, une école en pleine cité, dans ce quartier de Yolo-Nord
surpeuplé, avec ses environs insalubres, son bruit, ses incessantes coupures
de courant d’eau et d’électricité ; offrir une bonne école à ces enfants
dont la plupart ne connaissent que leur quartier.

Leur apprendre :
– le respect de chaque personne, sentinelle comme directeur, enfant comme
adulte, fille comme garçon
– Le respect de la nature, le droits des animaux et des plantes, des biens
propres comme publics.
– L’enracinement dans nos langues et la protection du patrimoine culturelle.
(Nous sommes probablement la seule école au Congo dans laquelle les élèves
apprennent les quatre langues nationales)
– Le respect du patrimoine de l’école (quelques bancs en 1ère primaire ont
30 ans), la bataille pour la propreté dans les classes, dans la cour et
autour de l’école
– Le respect du travail des mains (Les travaux manuels ont une place de
choix chez nous, vous pouvez le constater en visitant tout à l’heure
l’exposition.)

Pour atteindre ces objectifs au niveau de l’instruction et de l’éducation,
nous nous sommes engagés sur la voie de la réforme. Il nous a fallu nager
continuellement contre le courant. Joseph Kalamba, qui nous a amené à trois
reprises à Kamutanga au Kasai Occidental pour une formation des enseignants,
nous l’a rappelé récemment : « Seuls les poissons morts vont avec le courant
»

Dans l’accomplissement de cette noble mission, notre choix s’est orienté
vers des sentiers hardis, vers l’application de certaines recherches en
didactique pour un meilleur apprentissage. Nous pensons ici aux applications
didactiques de la théorie de Howard Gardner sur les intelligences multiples,
qui nous aura permis de mieux comprendre les dons de chaque élève. La Sœur
Meeus nous a ouvert l’horizon de l’approche par le dialogue pour la
résolution des conflits et l’éducation à la liberté (Dans notre école, il
n’y a pas de préfet de discipline)
Avec elle, nous avons édité le manuel de Civisme pour l’école primaire.

L’apport des amis, des parents nous a été d’une grande utilité. « Nourrir et
être nourri » comme le dit Ina Praetorius, une femme théologienne suisse qui
pense que faire le bien se résume dans cette phrase : Nourrir et être nourri

– Aux Gazelles, nous nourrissons les jeunes enfants qui fréquentent notre
école. Au delà de l’enseignement de tous les jours, qui se veut pratique,
utile, ils sortent préparés à la vie, avec un esprit critique et ouvert.
(les différents stages y contribuent pour beaucoup)

Ce travail, nous ne pouvons le réaliser qu’avec « la nourriture » des autres
:
– les parents qui nous confient leurs enfants, je pense
spécialement aux tous premiers parents, qui nous ont aidé à
créer une école vraiment congolaise comme Mabika Kalanda,
Kaniki Shambuyi, Katanga Joseph, Mubimba, Gakodi et
beaucoup d’autres.
– le constructeur Gilbert Kabangu, l’un des initiateurs et
premier parent
– le Comité des parents et leurs présidents : Pasteur Yemba, Prof. Malanda,
Prof. Musey et présentement Monsieur Biayi
– les Autorités de l’Eglise Presbytérienne, la coordination, le Conseil
d’Administration et son président le Pasteur Tshimungu
– les anciens élèves dont 14 travaillent actuellement ici et d’autres qui
nous visitent ou écrivent. Je vous prie de les applaudir très fort.
– les enseignants qui continuent à enseigner malgré la mauvaise image
sociale de l’enseignant. Nous voulons spécialement honorer notre directeur
de l’école primaire, Monsieur Musu Karassa, qui est à sa 30ème année de
dévouement à notre jeunesse, je vous prie de l’applaudir également très fort
– Plusieurs congrégations de Sœurs religieuses qui nous ont
confiées leurs aspirantes, novices et sœurs pour une
formation en pédagogie et pratique professionnelle
– La bonne collaboration avec L’Eproba, L’EP Lisanga, Aurore, Loupiots et
d’autres.
– Les amis suisses nous nourrissent non seulement financièrement par la
construction des bâtiments et l’achat des équipements, en finançant les
stages de formation à Kinshasa et à l’intérieur du pays (Nous avons atteint
depuis 1982 environ 8000 enseignants), mais aussi par leurs lettres et
visites. Nous avons le plaisir de vous présenter trois parmi eux qui sont
venus spécialement pour partager ce moment. Il s’agit de Mme Lisbeth Hunger,
qui assumait la présidence de l’association des amis des Gazelles après
Willi Helg, le pasteur Matthias Gafner, qui est ici pour la deuxième fois et
qui a accepté de prendre la présidence de l’association prochainement, et
Helen von Burg, professeur de français au Gymnase de Schaffhausen, qui est à
sa 3ème visite.

La liste est très longue de tous ceux qui nous ont nourri et continuent à
nous nourrir. Nous ne pourrions oublier les autorités de notre enseignement
et l’état qui assure les salaires de nos agents, la police du quartier, les
voisins, etc.

Nous ne saurions terminer sans remercier l’Ambassade Suisse, l’assistance de
coopération Belge, les Fondations Adenauer et Hanns Seidel, qui nous ont
apporté leur appui dans l’organisation des quelques 90 sessions de
formations des enseignants ici à Kinshasa, dans les cités de Mbankana, dans
beaucoup d’endroits au Bandundu, Bas-Congo et au Kasai Occidental.

Oui, sans ce flux et reflux, sans ce rendez-vous du donner du recevoir, sans
le mécanisme de « nourrir et être nourri », nous serions incapables
d’arriver à un résultat.

Dans cette forêt des Gazelles, certains compagnons de lutte sont tombés
l’arme à la main. Je pense spécialement à notre travailleur Batanga, aux
professeurs Kabwabwa, Tombe, Buabuyi et Leta, qu’ils reposent en paix.

Personnellement, je me retirerai de plus en plus, laissant la place aux plus
jeunes avec leur élan, leur force et courage, leurs capacités de créer et
d’oser. Je leur souhaite la sagesse de distinguer entre ce qu’il faut garder
et ce qu’il faut abandonner, rectifier ou innover.

Je rêve d’une Gazelle prête à servir la jeunesse et les enseignants à
travers la République pour que bientôt tout enfant congolais reçoive un
enseignement de qualité. Le besoin de formation reste énorme. Pour un
enseignement de qualité, il faut des enseignants de qualité. La formation
des enseignants demeure donc une priorité pour nous, c’est notre vocation,
notre apport pour la reconstruction d’un Congo fort et prospère.

Vive le Congo, vive Les Gazelles

Je vous remercie
Heidi Kabangu-Stahel

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