28.06.07 REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI 1917

La presse parue ce jour à Kinshasa, revient sur l’interview accordée par Kabila à Jeune Afrique. La marche et le sit-in des journalistes à l’état-major des Fardc pour protester contre les assassinats et attaques dont ils sont victimes de la part d’hommes en uniformes occupe également une place de choix .

Interview Kabila

Dans cette interview, rapporte Le Palmarès, le chef de l’Etat congolais a « vertement critiqué la MONUC ».

Joseph Kabila estime notamment que « la MONUC doit être plus efficace… », surtout « quand on voit ce qui se passe à l’Est de la RDC où sont concentrées 80% de ses forces, on se pose mille questions », indique Le Palmarès.

D’ailleurs, fait remarquer Le Palmarès, « les populations se demandent parfois à quoi la MONUC sert », en citant le Président congolais.

Pourtant, « les troupes de la MONUC ont toujours joué leur rôle et l’ont fait avec engagement, efficacité et compétence », souligne Le Palmarès, en citant cette fois ci, Kemal Saïki, le porte-parole de la mission onusienne en RD Congo.

A preuve, « 35 casques bleus ont donné de leur vie en RDC », note Le Palmarès, relayant une nouvelle fois le porte-parole de la MONUC.

La MONUC, précise L’Observateur, bien qu’elle soit « l’une des plus grandes missions de maintien de la paix dans le monde, ne représente pas grande chose par rapport à la grandeur du territoire congolais et des besoins sur le terrain ».

Un territoire congolais dont « la charge de la défense, celle de son intégrité revient en tout premier lieu à l’Etat », fait savoir Le Palmarès, reprenant d’autres propos du porte-parole de la MONUC.

Une nation souveraine, enseigne L’Observateur doit assurer « en toute responsabilité la défense, l’intégrité de son territoire ainsi que la sécurité de sa population », en se faisant échos d’autres propos de Kemal Saïki.

Uhuru commente également l’interview présidentielle sous l’angle de la critique contre la MONOC. Ce journal consacre sa manchette à la situation sécuritaire à l’Est de la Rdc et relève que : « Joseph Kabila exige de la Monuc plus de résultats ».
Selon le chef de l’Etat, si la Monuc ne devient pas plus active, si elle n’obtient pas des meilleurs résultats sur le terrain, si le Conseil de sécurité ne lui donne pas des instructions en ce sens, sa présence même n’aura plus, peu à peu, sa raison d’être.
Déjà les populations de l’Est se demandent parfois à quoi elle sert. Pour le porte-parole Kemal Saiki, la Monuc est butée à des nombreux problèmes dont principalement l’immensité du territoire congolais.

Ceci étant dit, et sur un tout autre registre, après les propos tenus à l’encontre de Jean-Pierre Bemba par le chef de l’Etat, dans l’interview accordée à Jeune Afrique, c’est « la réconciliation entre les deux hommes qui devient peu à peu un mythe », estime La Tempête des Tropiques.

A la vérité et croit savoir La Tempête des Tropiques « le président Kabila veut s’appuyer visiblement sur la justice pour mettre fin à l’épopée Bemba ».

Reste qu’ « un désaccord persistant entre Kabila et Bemba, engendrera une crise politique aux conséquences incalculables », prévient Le Potentiel, ajoutant que celle-ci « affectera incontestablement le processus politique en cours ».

Pour l’heure, c’est dans deux jours, que « le 47e anniversaire de la RDC sera célébré », annonce L’Avenir.

Sit-in des journalistes et inquiétudes pour l’avenir

« Près de 50 ans après l’indépendance, la situation des Congolais ne s’est toujours pas s’améliorée », constate L’Avenir.

Et, cela « jusqu’à quand » ? s’interroge L’Avenir avant d’estimer que « la réponse à cette interrogation appartient aux dirigeants actuels et non à ceux du passé ».

Ailleurs, et précisément à l’Etat-major général des Fardc à Kinshasa, c’est « un sit-in qui, a été organisé hier par les journalistes congolais pour protester contre les assassinats de certains de leurs confrères », informe Le Potentiel.

Des assassinats, pour lesquels, les professionnels des medias « réclament des procès justes et équitables », rapporte Le Potentiel.

« Une armée ne tue pas », affiche à la Une Le Phare qui commente la marche pacifique et le sit-in organisés, mercredi 27 juin à l’état-major des Fardc, par l’Union nationale de la presse congolaise (Unpc) en réaction au meurtre de notre confrère Serge Maheshe ainsi qu’à l’insécurité dont les journalistes font les frais dans l’exercice de leur métier.
Le Phare note que malgré plusieurs tentatives de démobilisations, la marche et le sit-in des professionnels des médias ont bel bien eu lieu.
Sur place, les journalistes ont été surpris d’apprendre que les autorités militaires les priaient d’aller protester auprès du ministre de l’Information, Presse et Communication nationale quitte à ce dernier de transmettre leur mémo à son collègue de la Défense. Tentative vaine car les journalistes ne se sont pas laissés désorienter.
Le ministre de la Défense, Chikez Diemu a indiqué que la réforme du secteur de la sécurité était très importante pour faire face à tous les problèmes liés à l’insécurité.

Forum des As livre ce qu’il appelle les « secrets » de la fête du 30 juin. En effet, sous le titre : « Kabila à Kisangani, Gizenga à Kinshasa, Kengo à Bandundu », il rapporte que selon la répartition qui a été faite, le chef de l’Etat, Joseph Kabila, présidera personnellement cette fête dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale.
Pendant ce temps, le Premier ministre Antoine Gizenga gardera la capitale congolaise pour fêter avec les kinois. Pour sa part, le président du Sénat, Léon Kengo, se retrouvera dans la ville de Bandundu. Vital Kamerhe se rendra sauf imprévu à Mbuji-Mayi au Kasaï Oriental et le ministre d’Etat Nzanga Mobutu présidera la fête du 30 juin à Lubumbashi etc.
FdA relève que ce déploiement va occasionner des dépenses énormes alors que le pays a besoin des ressources pour réaliser les cinq chantiers promis par Joseph Kabila.

Toujours à propos de la célébration du 30 juin, L’Avenir re-publie[1] sa « tartine » patriotique d’hier et re-pose cette question : « Que reste-t-il à faire ? ».
L’Avenir rappelle qu’après les cinq premières années de trouble, le pays était entré dans une ère de stabilité apparente sur fond de dictature. Malgré tout, la Rdc qui n’avait pas eu l’occasion d’affermir auprès de son peuple l’idéal d’une nation a pu construire cette idée d’appartenance à une seule et unique nation sous la férule dictatoriale de Mobutu.
Laurent Désiré Kabila l’homme qui a soulevé une grande vague nationaliste n’a pas pu mener à terme sa politique visionnaire mais néanmoins rétrograde, selon certains observateurs occidentaux notamment, a été emporté par une fin tragique.
Bientôt cinquante ans d’indépendance. La situation ne s’améliore toujours pas. Jusqu’à quand ? Se demande ce journal.

La Référence+ annonce la présence sur le sol congolais d’une mission du Conseil canadien pour l’Afrique.
Selon ce journal, les hommes d’affaires canadiens sont déterminés à apporter leur pierre à la reconstruction de la Rdc. C’est ce qui ressort d’un séminaire organisé à l’Hôtel Memling par l’ambassade du Canada à Kinshasa.
Ce séminaire, signale la même source, s’inscrit dans le cadre d’une mission d’affaires du Conseil canadien pour l’Afrique (Ccafrique) qui séjourne à Kinshasa depuis le 24 juin dernier.
Le Conseil est le chef de file des entreprises du Canada engagées dans le développement économique d’une Afrique moderne et concurrentielle sur le marché mondial.
Cette structure a pour mission de favoriser et de promouvoir des échanges commerciaux et des investissements durables entre les secteurs privés et public canadiens et africains dans le respect des normes en matière de responsabilité sociale des entreprises et à l’avantage de toutes les parties.

Sujets divers… et pas forcément tristes…

Dans La Tempête des Tropiques, Jean N’Saka signe un article intitulé : « La charité bien ordonnée parlementaire : les députés nationaux demandent au gouvernement de leur lotir un quartier résidentiel ».

Un Honorable a effectivement étalé devant ses collègues alléchés un plan digne d’un promoteur immobilier visant à installer en un temps record une série de maison préfabriquées (il avait le prospectus du fournisseur dans sa poche) pour y loger les députés de province qui semblent pour le moment faire plus ou moins figure de SDF pendant leurs séjours à Kinshasa.
TdT prend la chose sévèrement et fustige : « Si les députés nationaux étaient persuadés qu’ils avaient tiré leur légitimité du peuple et non de leur plate-forme électorale en complicité avec les prestigitateurs (sic) des combinaisons informatiques[2], ils n’afficheraient pas pareil goût insolent de la bourgeoisie et un égocentrisme aussi excessif. La devise commune à tous semble être celle de :  » Profitons-en au maximum puisque la chance nous a quand même souri.  » Il y a plusieurs façons de séduire les gens, de se concilier leur confiance et de les rendre dociles. Gâter les parlementaires en leur accordant gratuitement les biens matériels qu’ils peuvent se procurer avec leurs propres émoluments, c’est une corruption déguisée susceptible de conduire à l’aliénation de leur liberté et de leur indépendance vis-à-vis de l’Exécutif qu’ils sont habillés à contrôler et, le cas échéant, à contraindre à rendre son tablier. Lorsque la symbiose s’installe entre le législatif et l’Exécutif, la démocratie se noie dans la confusion des pouvoirs. Si nous n’y sommes pas déjà, sinon nous tendons vraisemblablement vers là. C’est dans l’ordre des choses dans toutes les Républiques bannières. »

Le Potentiel évoque le soutien de l’UNESCO à une hypothétique relance du tourisme congolais :

« Les responsables de l’Unesco tiennent à apporter leur soutien au secteur du tourisme en RDC. Ce qui justifie la présence, depuis quelques jours dans la capitale congolaise, d’une délégation de cette agence du système des Nations-Unies. Conduite par le chargé de missions au Département Afrique, président du groupe de travail Unesco-RDC et Grands Lacs, M. Komlavi Francisco Seedoh, cette délégation a été reçue dernièrement par le ministre du Tourisme, Elias Kakule Mbahingana. »

Le Potentiel toujours, sous le titre « Entreprises publiques : le dépôt de candidatures se poursuit jusque ce jeudi à 15h00’ » évoque l’afflux des candidatures à la direction des entreprises publiques.
« A moins d’une semaine, le nombre de candidatures au poste de mandataires des entreprises publiques a décuplé. Jusqu’à hier mercredi 15h00’, le service de réception du Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (COPIREP) a enregistré plus de 4500 candidatures pour les 78 postes alors qu’il il y a une semaine on en était à 455 postulants. Suite à l’affluence constatée en fin d’après-midi d’hier mercredi, le dépôt de candidature se poursuit jusqu’à 15 h00’ ce jeudi 28 juin ».

La Réf= voit de nouveux nuages noirs à l’horizon : « Le syndrome de l’Ituri signalé au Bandundu : Une rébellion en gestation à Bulungu ! »

Un conflit foncier y oppose les Longo et les Mpene, conflit où le journal voit la possibilité d’un affrontement du type hema/Lendu dans l’Ituri. Une Mission protestante semble embrouiller encore les choses : « Vu l’ampleur prise par cette affaire, les notables de deux groupements vont s’employer pour tenter de trouver une solution à l’amiable. Au même moment, Monsieur Jim, un Missionnaire américain, qui dirige la Mission protestante Nkara-Ewa, on ne sait au nom de quel pouvoir, va appeler Bulungu pour demander un renfort d’un contingent important de policiers (le représentant du groupement Mpene à Kinshasa parle de 50 policiers). »
« Qu’arriverait-il, par exemple, si les habitants de Mpene avaient utilisé l’arme récupérée auprès des policiers pour mener une expédition pour attaquer Nkara, le village de Ndondolo qui est allé chercher les cinq premiers policiers à Bulungu. Il y aurait certainement mort d’hommes et, peut-être, une insurrection incontrôlée. Une dispute entre deux villages entraînerait celle qui opposerait deux groupements. Le groupement Longo comprend 11 villages. Devinez la suite.
Olivier Kamitatu, le ministre du Plan, qui passe aujourd’hui pour le leader du territoire est donc interpellé pour tenter de ramener la paix dans cette partie de la province du Bandundu. Le même appel est lancé en direction du député Zima-Zima, l’élu de la circonscription de Nkara. Il faut battre le fer maintenant qu’il est chaud. Sinon, ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre auront le temps de gagner du terrain. », s’interroge Rombaut Kasongo

© CongoForum, le 28/06/2007

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