La France a commémoré les 100 jours de Nicolas Sarkozy à la tête du pays. Curieux de voir les efforts, l’énergie, la fougue développés par ce petit homme volontaire, motivé et surtout déterminé à marquer son mandat d’une empreinte indélébile dans la longue histoire de son pays, la FRANCE.
C’est en regardant ce genre de scène que le congolais qui sommeille en moi se sent un peu nostalgique, triste, jaloux et surtout en colère devant la médiocrité qui squatte la tête de son pays.
A jeune démocratie, il fallait un jeune président dynamique, nous a-t-on dit. « Joseph Kabila c’est l’homme de la situation à cause de sa forte capacité d’écoute » ajoutait-on. Mais voilà, cent jours, sont passés, puis deux cents, bientôt l’année passera et de dynamisme, nous n’en voyons que dans le nombre de décès inexpliqués, l’insécurité croissante, la crise économique, les arrestations arbitraires et les révocations de ministres sans procès, sans oublier les « petages de plomb » en très haut lieu.
La fonction présidentielle ne s’improvise pas.
Un président de n’importe quel organisation doit être un homme porteur d’un projet clair, si pas pour les autres, mais au moins pour lui-même.
C’est quoi un projet clair?
C’est une vision claire de ce que l’on veut faire de l’organisation que l’on préside. Les problèmes de la RDC sont connus depuis presque 120 ans. Léopold II, souverain absolu de l’EIC avait déclaré que sans chemin de fer, le Congo ne valait pas un kopeck. Ce disant, il pointait déjà du doigt l’un des problèmes du Congo : les voies de communications. Les congolais avaient-ils besoin des voies de communications? NON. Mais lui en avait besoin pour réaliser son projet d’exploiter les richesses du Congo.
On l’aime ou on ne l’aime pas, mais ce souverain avait un projet pour ce territoire et il l’a réalisé contre vents et marrées au prix d’énormes sacrifices pour les populations indigènes.
Quand on arrive au pouvoir dans un pays, qu’on détient une légitimité, qu’on a la bénédiction de la communauté internationale et qu’on bénéficie d’une trêve de la classe politique, d’une majorité confortable au parlement et au sénat ce n’est pas uniquement pour se pavaner en costume sur mesure avec un gilet pare-balles qui gonfle ses pectoraux.
Nous ne pouvons que constater que malgré la lourdeur de la tâche qui se dresse devant lui, le président du Congo, Joseph Kabila et son gouvernement dirigé par un dinosaure de la politique congolaise ne sont pas à la hauteur de la tâche. Ils tâtonnent, apprennent le métier sur le chantier, et pas comme ouvrier, mais comme chef de chantier.
Sarkozy en montant à la tête de la France avait déjà prévue exactement les mesures, les mesures prioritaires, le gouvernement qu’il allait mettre en place… Il en avait calculé l’impact, le coût financier et surtout qui en bénéficierait. L’homme peut paraître peu sympathique, mais pour le citoyen lambda, il est rassurant. Il tient au chaud, il permet de redonner confiance à la politique car il fait ce qu’il a promis.
La RDC a besoin de la même chose, d’homme politique qui se mouillent, en sachant où ils veulent mener la barque Congo. Il ne faut pas attendre que les événements arrivent pour les régler, il faut les prévenir, et prendre des mesures pour les éviter ou en atténuer les conséquences.
L’insécurité, la crise économique, les problèmes de frontières, la vétusté des infrastructures, les difficultés économiques des sociétés minières telles que la MIBA étaient connues depuis des années. Quand le président de la République et son gouvernement donnent l’impression aux peuples de découvrir tous ces problèmes à l’occasion des catastrophes, il y a matière à inquiètudes ou même à rendre un jugement d’incompétence notoire.
A tous les candidats à la succession des actuelles dirigeants, il est impératif de se mettre déjà aujourd’hui à cogiter sur les mesures que vous allez prendre pour résoudre les problèmes concrets du pays, car il est évident que l’équipe actuellement au pouvoir n’est que du bois mort destiné à être remplacé par des êtres vivants, actifs et dynamiques afin de freiner la chute vertigineuse du Congo et de sa population au tréfonds des Enfers.
