Voici pourquoi la MIBA est en faillite aujourd’hui 1303

L’actuel trésorier de l’AMP appartient
au réseau d’élite congolais dont le Groupe
d’experts de l’Onu a révélé l’existence dans son
troisième rapport85. Qualifié « d’intermédiaire très
influent pour les transactions minières et diplomatiques
»86, cet ancien employé d’une société
minière sud-africaine ordonne en l’espèce au Président
administrateur délégué (PAD) de la Miba
d’effectuer trois paiements : un premier de
1 000 000 USD sur un compte de la Banque populaire
Centre Atlantique, un deuxième de
588 300 USD en faveur de Thomas CZ, et un
troisième de 700 000 USD à destination de
Demimpex-VRP. À cette époque, le PAD est
Jean-Charles OKOTO LOLAKOMBE.

Nous n’avons pas été en mesure de recueillir
des informations supplémentaires sur le paiement
de 1 000 000 USD devant être versé sur le compte
n° 02421580652 de la Banque populaire Centre
Atlantique située à Bressuire (France), compte
dont nous ne connaissons pas le propriétaire.
Le deuxième paiement concerne un montant
d’une valeur de 588 300 USD en faveur de Thomas
CZ sur un compte numéroté 3483-11285/0400
ouvert à la Zivnostenska Banka as, située à Prague.
Contactée par téléphone par Jeroen Cuvelier,
chercheur à l’institut anversois IPIS87, cette firme
tchèque de production d’armes a nié toute implication
dans cette transaction.
Le troisième transfert d’argent concerne une
somme de 700 000 USD devant être versée en
faveur de Demimpex-VRP sur le compte numéroté
603-1039688-86 ouvert à la Belgolaise. Ce
paiement concerne le règlement, total ou partiel, de
trois dossiers de vente de véhicules, apparemment
à usage civil, au bénéfice de la Présidence de la
RDC. Nous avons eu accès, sous le sceau de la
confidence, aux diverses pièces de Demimpex-
VRP relatives à ces transactions : bons de commande,
factures d’achat et de vente, et preuves
d’expédition (« bill of loading » et « airwaybill »)88.
Ces documents nous ont convaincus de la parfaite
régularité de ces opérations dans le chef de cette
société.
On peut cependant légitimement s’interroger
sur l’étrange pratique des autorités congolaises qui
consiste à faire payer par une entreprise minière
des livraisons de véhicules destinés à la Présidence
et sur les conséquences d’une telle pratique sur la
transparence des dépenses publiques de la RDC.

Anne RENAULD, RDC ressources naturelles et transferts d’armes , GRIP (groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité)

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