C’est trop beau pour être vrai, le deuxième tour de la présidentielle en RDC et un débat des chefs en direct. Ceux qui dirigent le monde et qui nous ont mis dans cette situation garantissent que ces élections seront libres et transparentes. Nous ne demandons qu’a les croire. Pourtant, quand on regarde ce qui se passe sur le terrain, on a une toute autre impression: Ces élections ne sont libres et transparentes que de nom. Est-ce comme ça que se font les élections chez eux? Nous avons des avions sans pilote sur nos têtes. Nous avons des militaires à chaque coin de rue. A deux semaines des élections, on nous met deux généraux au gouvernement: L’un, ministre de l’intérieur, et l’autre gouverneur de la ville de Kinshasa. Pourquoi? Kinshasa n’a pas brûlé des bureaux de vote. Kinshasa n’a pas des groupes armés qui font la guerre. Alors pourquoi cet Etat de guerre à Kinshasa? En plus, nous n’avons plus droit de parler de nos origines ni de notre parcours. Est-ce cela la liberté? S’il vous plait, ne nous dites pas que cela se passe comme ça même aux USA, sinon nous vous poserons la question suivante: De qui vous moquez-vous, des américains ou des congolais? Comparez-nous avec l’Irak ou l’Afghanistan, nous compredrons.
On vient de nous annoncer qu’il y aura un débat entre les deux candidats à l’élection présidentielle. Va-t-il seulement avoir lieu? « En principe », nous répond le deuxième vice-président de la HAM, l’organe politique qui organise la communication au Congo. A quelques jours du débat, cette réponse ne rassure pas. Que se passe t-il? Pour l’amour du ciel, dites-le nous. Après tout, c’est nous qui mourrons chaque jour sans compter les arrestations pour délit d’opinion et d’appartenance à un parti politique adverse. Depuis les début de cette campagne pour le deuxième tour, on n’entend que ceci: le cortège de tel candidat a été attaqué; Il y a eu accrochage entre les partisans de deux candidats; Tel n’est pas d’accord pour telles choses; Tel craint pour sa vie…A cette allure, va-t-on jamais arriver au jour du débat?
Apparemment rien n’a été planifié, étudié ni évalué dans ce processus électoral rdcongolais. Soit. Alors, pourquoi diable aviez-vous courru dans l’organisation de ces élections? Dites-nous que ce n’est pas par mauvaise foi. Sinon, permettez-nous de demander ceci: Pourquoi tout ça? Pourquoi cet acharnement sur le Congo?
Surtout, ne vous dérangez pas pour trouver des réponses qui nous conviendraient. Votre frangine Colette Braeckman s’en occupe malgré elle à nous fournir des réponses. Dans tout ce qu’elle écrit, son excès de zèle laisse toujours tomber quelque chose: Le président congolais n’est pas congolais; Les journalistes accompagnant le ministre belge des affaires étrangères ont eu droit à un CV des dirigeants congolais disant que le président congolais est un tutsi rwandais…Pourtant, c’est cette même personne que vous supportez. Pourquoi? Elle n’arrête pas. Elle continue: C’est bien fait pour les kinois que le « momemi maki » et étranger leur ait amené la guerre chez eux, mais elle ne veut pas que les congolais appliquent la même démocratie comme celle de momemi maki, celle de la barre de fer. Pour couronner le tout, elle ajoute: le choix de momemi maki par les occidentaux se justifie par la crainte de voir se réouvrir tous les contrats signés; etc… Dites-nous que c’est faux. Dites-nous que nous rêvons. Avec ce genre des propos, peut-on vraiment parler des élections transparentes quand on sait que ce sont les mêmes occidentaux qui financent, surveillent, établissent les règles du jeu de ces élections dans lesquelles Jean-Pierre Bemba, un candidat dangereux pour les intérêts des occidentaux et son adversaire selon vous non congolais mais un tiroir caisse au profit des occidentaux vont s’affronter? Pitié! Dites-nous que ce sont les intérêts des congolais que vous regardez. Dites nous que vous allez nous laisser choisir notre président. Dites-nous que vous allez respecter notre choix. Dites nous que vous n’allez pas nous faire le coup de 1960.
Dites-nous la vérité, quelle sera la couleur du soleil qui se levera sur la RDC au delà du 29 octobre 2006. Va-t-on jamais voir la couleur de ce soleil? Serait-ce: Terne, à cause du deuil que les supposées élections libres et transparentes auront occasioné? Serait-ce rouge de sang des congolais qui vont tombé sous les balles, les missiles et les erreurs techniques des avions sans pilote? Ou serait-ce le même soleil qui luit chez vous après vos élections? S’il vous plait, dites-nous la vérité. On a quand même le droit de savoir afin qu’on puisse faire nos adieux et testaments.
