Une chaise vide à la Commission ? 1833

Le remplacement du commissaire sera lié à la future négociation gouvernementale. Qui peut durer longtemps !
Que va décider Louis Michel au lendemain des élections du 10 juin ? « Moi, ce que je souhaite savoir, nous affirmait-il vendredi alors qu’il faisait campagne dans la communauté turque, c’est ce que l’électeur veut. Et on va voir ce qu’il veut. Et je ne dirai rien maintenant qui puisse perturber le choix de l’électeur. Si l’électeur me fait un score important, à partir de 100.000 voix de préférence, je commencerais à interpréter le résultat de manière totalement démocratique, je serais bien obligé d’en parler avec Reynders et de voir ce que je fais. »

Il y a trois possibilités.

Première option : Louis Michel retourne au Berlaymont et reprend ses activités de commissaire européen chargé du Développement et de l’Aide humanitaire. Ragaillardi.

Deuxième option : il demande une prolongation de son « congé sans solde », question de voir quelle coalition fédérale se dessine. « Ce serait inconvenant », dit une source gouvernementale, qui rappelle que nombre d’eurodéputés ont déjà signifié leur mécontentement à l’idée de sa présente absence (manque de considération pour la fonction, manque de respect pour les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique, conviés à un rendez-vous ministériel fin mai, etc.). « La Commission et le Parlement européen ne le laisseraient pas faire pendant des mois », confirme Didier Donfut, le secrétaire d’Etat (PS) aux Affaires européennes.

Troisième option : Louis Michel démissionne de la Commission et revient « pour de bon » dans l’arène politique belge. Il faudrait alors pourvoir à son remplacement. Techniquement, c’est assez simple. Le gouvernement belge propose un candidat à José Manuel Barroso, le président de la Commission ; ce candidat passe une audition devant les députés d’une commission du Parlement européen (en fonction des compétences qui lui seront réservées par le président Barroso) ; ces eurodéputés remettent un « avis » ; en cas d’« avis » positif, le Conseil des ministres européen formalise la nomination.

Politiquement, c’est une autre affaire. Le gouvernement sortant, en « affaires courantes », peut-il choisir le successeur ?

« Ça, je ne saurais pas vous dire », répond Louis Michel.

« Je ne sais pas », déclare, agacé, Karel De Gucht, le ministre (VLD) des Affaires étrangères.

Un libéral francophone pour remplacer un libéral francophone, conformément aux équilibres de la coalition violette ? A vrai dire, nul n’y croit. Le poste de commissaire, qui équivaut à un poste de ministre, devrait être attribué dans le cadre de la répartition des responsabilités entre partenaires de la prochaine majorité. Du reste, les Flamands ont fait savoir que, cette fois, c’était pour eux. Et les candidats possibles ne manquent pas : le VLD Guy Verhofstadt lui-même (si…), son rival « de l’intérieur » Karel De Gucht (si…), le CD&V Herman Van Rompuy (si…), etc.

Des semaines, voire des mois, sans commissaire européen belge, en attendant la fin des négociations gouvernementales ? Ce serait un cas sans précédent.Lorsque la socialiste grecque Anna Diamantopoulou a démissionné de la Commission, après avoir pris un « congé sans solde » pour participer aux élections du 7 mars 2004, Athènes a proposé son successeur, Stavros Dimas, avant la fin du mois. Il n’avait pas fallu négocier une coalition : la droite avait raflé la mise.

« Ce serait un énorme problème pour la Belgique et la Commission, commente l’ex-commissaire Philippe Busquin (PS). Ce n’est pas envisageable, c’est tout ! »

« Le 11 juin, prédit un autre responsable, Louis Michel retournera à la Commission. Il y reprendra son boulot, et, de là, il aidera Reynders pour le futur accord gouvernemental, s’ils sont de la négociation… » Ce serait plus simple !

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