Les signataires du Manifeste de la conscience du peuple congolais sont déterminés plus que jamais à œuvrer jusqu’au bout pour la réalisation de la volonté populaire : celle d’aller aux élections. « Mais autrement », précisent-ils aussitôt, dans une lettre qu’il viennent d’adresser au gouverneur de la Ville de Kinshasa. Lettre dans laquelle ils informent l’autorité urbaine du sit-in qu’ils organisent devant les bureaux de la CEI pour exprimer, publiquement, la volonté du peuple.
Datée de ce lundi, la lettre a été déposée le même jour au secrétariat de cabinet du gouverneur, ainsi qu’en témoigne le sceau apposé sur la copie parvenue au Phare. D’après le document, le sit-in projeté aura lieu le mercredi 31 mai prochain devant le siège de la Commission électorale indépendante situé sur le Boulevard du 30 juin, en face du siège de l’Onatra. Autre précision : la manifestation se déroulera de 10 heures à 11 heures du matin.
« Nous disons oui aux élections mais nous les voulons autrement, notamment par le respect de la séquence originelle des opérations inscrites dans l’Accord global et inclusif, dans la Constitution de la transition ainsi que dans notre code d’électeur à savoir commencer par les élections locales et terminer par la présidentielle », explique-t-on dans la lettre adressée au gouverneur.
Mais les signataires du manifeste de la conscience du peuple congolais ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Ils rappellent, en effet, que la liberté de manifestation est garantie par la Constitution dans son article 26, qui stipule : « La liberté de manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente. Nul ne peut être contraint à prendre part à une manifestation. La loi en fixe les mesures d’application ».
Forts de cette disposition pertinente de la loi suprême, les signataires de la lettre demandent par la même occasion au premier citoyen de la ville de « bien vouloir instruire les services de la police afin d’assurer la sécurité des manifestants ».
Au nombre de signataires figurent des représentants de puissants syndicats comme celui des enseignants catholiques et celui des fonctionnaires. Il y a aussi l’incontournable Conseil apostolique des laïcs catholiques (CALCC), les étudiants ainsi que des personnalités politiques. A signaler enfin qu’une copie pour information a été envoyée au représentant spécial de la mission des Nations unies au Congo, aux membres du Ciat ainsi qu’aux organisations de défense des droits de l’homme. Rendez-vous le 31 mai.
Les observateurs notent que confirmant les dernières évolutions constatées sur la scène politique congolaise, la lettre adressée par les signataires du Manifeste de la conscience du peuple congolais met en exergue le rôle de plus en plus éminent joué par la Société civile dans l’éveil de la Conscience des Congolais face aux enjeux du moment. La montée au créneau des syndicats des fonctionnaires, des enseignants, des chauffeurs, ainsi que l’implication des laïcs catholiques et d’autres catégories de la population est à analyser dans ce sens. Le Phare a même appris lundi dans la soirée que la liste des signataires et des adhésions ne faisait que s’allonger avec une forte dominante des représentants de la Société civile.
Par ailleurs, force est de noter que les revendications exprimées par les signataires de la lettre adressée à l’Hôtel de ville ont rencontré, comme par hasard, les critiques une nouvelle fois puissamment exprimées lundi par le Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, Laurent Monsengwo Pasinya, dans une interview sans concession accordée au journal belge « La libre Belgique » et que le Prélat catholique avait déjà confiée, lors de son récent séjour américain, à la chaîne CNN.
2006-05-23
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