Transport en commun: A la croisée des chemins, Mikonga réclame des bus 1999

(www.lepharerdc.com)
Alors qu’elle se modernise avec la présence, sur ses terres, des travaux jadis exécutés au centre-ville, la cité de Mikonga, dans la commune de la Nsele, fait face, cependant, à un besoin criant des bus destinés au transport en commun. Les quelques taxis et taxi bus qui ressemblent à des carcasses bonnes pour la mitraille, ne répondent plus au besoin. Le seul bus de la compagnie de transport Stuc qui desservait la ligne Mikonga-Centre-ville, a été annulé. Que faire ? Nous demandons au gouverneur de la ville de nous envoyer des bus, ont indiqué deux vieillards, fatigués d’attendre un moyen de transport depuis plus d’une heure.

« Si on peut résoudre ce problème de transport, nous pouvons nous rassurer que nous sommes réellement à Kinshasa, au cas contraire, on se sent donc abandonné », a renchéri Laurence, 32 ans, un enfant sur le dos, en route pour Masina Pascal. « Surtout le matin, nous souffrons pour attraper un taxi ou taxi bus. Conséquence, nous enregistrons de blâme chez l’employeur, voire avec prélèvement sur le salaire », s’est plaint Jérôme M, vendeur dans un Super marché près de l’ex-Sozacom au centre-ville. D’aucuns ont même porté à la connaissance du Phare qu’il leur arrive, faute de transport, de recourir aux jambes quitte à trouver un moyen de transport à la hauteur du camp Badara. Ici aussi, a fait remarquer Zido K, « ce n’est toujours pas rassurant d’y attraper un bus ». Pourquoi alors Stuc supprimer sa desserte sur cette ligne ? Réponse unanime : C’est à cause des « cartes » que des passagers présentent à la descente et qui entraînent un manque à gagner énorme à l’entreprise, selon Mulumba, un vendeur dans un restaurant au marché central. Même réplique chez Katy Kalonji, domestique chez un indo-pakistanais.

Une vielle affaire !

On fait savoir que l’entreprise City Train a connu la même aventure début 1998. Ses deux rames lancées sur la ligne ont dû être retirées. Même raison. « La plupart des militaires qui restaient au camp PM (NDLR : Police militaire) préféraient ces deux bus au regard de leur capacité d’accueil et ne payaient pas », a confié un ancien chef de contrôle de City, aujourd’hui en chômage. « Tantôt, ce sont les éléments de la Croix-rouge en simple tenue civile, tantôt d’autres ayant droit douteux qui se recrutaient parmi les fonctionnaires. Et lorsque nos agents exigeaient l’identité, ils étaient souvent l’objet des menaces d’arrestations surtout chez des militaires », a rappelé l’interlocuteur du Phare qui a tout de même souligné que certains militaires, pris de pitié, payaient leurs billets alors que c’était leur droit de voyager sans payer. « Qu’actuellement Mikonga se modernise, nous demandons une chose au gouverneur : des bus », cri de cœur de Marie M, légionnaire à la paroisse Saint Matthieu.
Pour justifier l’envol pris par cette cité, en banlieue de Kinshasa, Pedro Mibu, le chef coutumier a évoqué le courant servi, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l’afflux de ferronniers, la présence de chambres froides…

2007-07-26

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