Ce sont les propres termes de Kofi Annan lors de son dernier passage dans notre pays : « Il y a des règles du jeu et tout le monde doit les respecter et accepter les résultats».
Kofi Annan ne croit pas si bien dire lorsqu’il rappelle qu’il y a des règles du jeu qui s’appliquent à tous, tant à la communauté internationale qu’à l’espace présidentielle, aux institutions d’accompagnement de la transition, à l’opposition et au peuple.
La première de ces règles est l’obligation de reconnaître que le jeu auquel M. Annan fait allusion a pour fondement l’Accord global et inclusif. Et celle-ci stipule en premier lieu que la durée de la transition est de 24 mois renouvelable deux fois 6 mois. Ce qui, selon tous les juristes, avait dès le départ fixé la transition à 36 mois.
Qui ne se souvient pas que pour aboutir à ce pacte entre belligérants et opposition non armée, nous nous étions mis globalement d’accord de construire la paix autour d’un certain nombre d’objectifs essentiels et indissociables devant aboutir à un nouvel ordre politique dans notre pays.
C’est de cela que Kofi Annan parle, des règles de jeu qui sont contenues dans l’Accord global et inclusif et non comme le prétendent ceux qui ont une lecture sélective de l’histoire de la transition, de règles du jeu qui courent à partir du 18 février 2006, date de la promulgation de la constitution.
Malheureusement, Monsieur Annan est le premier à brouiller ce discours de sagesse et à se contredire lorsque lui ainsi que tous les autres dignitaires de la communauté internationale qui ont marqué de leur empreinte l’actuelle transition s’appesantissent davantage sur les règles relatives à l’inclusivité et escamotent, à dessein certainement, celles liées à la globalité de l’accord.
Les conséquences d’une telle dérive est que la Ciat, qui est réellement aujourd’hui le pouvoir de fait, tant législatif qu’exécutif dans notre pays, peut se permettre de prendre des libertés suicidaires avec les règles acceptées par tous à Sun City, allant jusqu’à violer, en matière électorale, la sacro sainte règle qui veut que TOUTES les élections (les locales
d’abord, ensuite les législatives pour finir par la résidentielle) soient organiser AVANT le 30 juin 2006.
Il n’est pas acceptable pour le peuple que d’un coté on soit coulant pour les institutions, et de l’autre stricte quant aux exigences de l’opposition.
De ces genres d’agissement ne peut naître que des frustrations qui dans le climat chaud du Congo va certainement mener à des violences qui seront encore plus dommageable pour la région que de prendre le temps d’évaluer les choses, de reconstruire un consensus mis à mal par des incapables et des personnages qui ne voient pas plus loin que les avantages matériels que
leurs positions actuelles leurs procurent.
Oui aux élections mais « Il y a des règles du jeu et tout le monde doit les respecter et accepter les résultats». Et permettez-nous encore de le rappeler, l’Accord global et inclusif est le cadre, accepté par tous, dans lequel ces règles sont définies.
