La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime es vives inquiétudes consécutivement aux menaces d’exécutions sommaires et extrajudiciaires qui pèseraient sur la vie et la sécurité de cinq (5) hommes, originaires de la province de l’Equateur dont trois militaires de la garde rapprochée du sénateur et ancien Vice-président de la République, monsieur Jean-Pierre Bemba Gombo, victimes d’enlèvements de la part de nombreux militaires et policiers venus à bord de 3 jeeps et un camion Jiefang dans la nuit du dimanche 10 à lundi 11 juillet 2007, à partir de 02 heures du matin, au quartier II dans la commune de Masina.
Il s’agit de : commandant Jules Akosso, ancien commandant du camp et son frère Jules Madiambu (un civil) tous deux enlevés sur rue Dispensaire; lieutenant André Lokondo, enlevé sur rue Kabama ; adjudant en chef Zo Lebe Christian, enlevé sur rue Kingunda et un autre homme non autrement identifié, enlevé dans les mêmes circonstances.
De fil en aiguille, il convient de relever que les enlèvements susévoqués ont été opérés par effraction doublée d’une tentative de .viol de la petite sœur de l’adjudant en chef André Lokondo, mademoiselle Tété Lokondo qui a été brutalement déshabillée, emmenée derrière la maison d’habitation et ensuite étendue sur les dalles des installations sanitaires pour y subir la fouille dans ses parties intimes de la part des militaires travestis en policiers.
Avant que les hommes en double tenue (celle de la police d’intervention rapide au dessus de celle des Forces Armées de la RD Congo) n’ordonnent qu’elle rentre dans la maison, Mlle Tété Lokondo entrevoit dans l’obscurité un homme habillé en tenue civile et cachant visiblement son visage qui la dévisage et l’apostrophe: « Sais-tu que je te connais? N’est-ce pas que tu vends les oranges dans les parages? Moi, je suis du Bureau 2 ». Sur ce, les visiteurs nocturnes demandent les oranges et en arrachent d’autres de force qu’ils se mettent à manger. Sans perdre de temps, ils mettent la main sur adjudant chef André Lokondo qu’ils embarquent immédiatement dans leur véhiculé.
Toutes les victimes ont été nuitamment acheminées et placées en détention à la Légion PIR, sise avenue Victoire dans la commune de Kasa-Vubu où des parents ont pu les visiter dans les journées du lundi 11 et mardi 12 juin 2007.
La PIR aurait exigée une somme de 200 $US par personne pour la libération des victimes.
Le mercredi 13 juin 2007, lors de leur visite, les parents sont informés à la PIR du transfert des victimes à la 2ème Cité de l’Union Africaine (Camp militaire Tshatshi, siège de la Garde républicaine, GR).
Auparavant, la mère de l’adjudant chef André Lokondo, maman Ezali (personne âgée) avait aussitôt informé et présenté la carte de service et autres documents de son fils chez le comptable (agent payeur) des FARDC se nommant Ekutshu, pour solliciter le déblocage de sa solde en vue de faciliter la libération de la victime à la PIR. L’officier militaire se serait rendu à la PIR où il aurait obtenu l’assurance de la relaxation de l’adjudant en chef.
Maman Ezali sera surprise curieusement par le transfert de son fils au camp Tshatshi où elle s’est rendue le même mercredi. Après moult grimaces, un soldat en poste devant l’entrée du cachot a appelé sans réaction André Lokondo. Sur ces entrefaites, la mère de la victime est chassée du lieu et obligée de rebrousser chemin sans avoir retrouvé son fils, et ce, en dépit de son insistance et lamentations douloureuses d’une mère. A son retour du domicile de la victime et après récit, les pleurs ont éclaté et le deuil !
Depuis lors, toutes les familles concernées par les enlèvements pré décrits expriment de profondes craintes pour la vie et la sécurité des victimes.
De ce qui précède, la VSV réitère ses vives inquiétudes et demande toutes affaires cessantes au Président de la République Joseph Kabila et le Gouvernement de la RD Congo de :
– garantir la vie et la sécurité des victimes;
– libérer sans condition ni délai les victimes ou Ies déférer devant les juridictions compétentes en cas des griefs sérieux à charge;
– informer immédiatement leurs parents du lieu de détention et faciliter les visites en cas de détention;
– faire cesser tout climat de haine ethnique et d~ règlement des comptes en ce qui concerne les anciens militaires de la garde de l’ancien Vice-président de la république Jean-Pierre Bemba et privilégier la réconciliation et l’unité nationale, les mécanismes pacifiques et procédures légales, si poursuites il y a ;
– faire cesser toute animosité et esprit de vengeance au sein de la garde républicaine contre les anciens gardes et militaires du sénateur Jean-Pierre Bemba.
