RDC: soldats congolais et miniers étrangers inculpés pour crimes de guerre 1342

KINSHASA – Neuf militaires congolais et trois agents étrangers de la compagnie minière australienne Anvil Mining ont été inculpés pour « crimes de guerre » ou « complicité » de ces crimes, commis en 2004 en République démocratique du Congo, a-t-on appris mercredi auprès de l’Onu.

L’auditeur militaire général (parquet militaire) du Katanga (sud-est) a renvoyé le 12 octobre ces 12 prévenus devant une Cour militaire, ouvrant pour la première fois la voie à un procès, deux ans après le massacre de dizaines de civils lors de la répression par l’armée congolaise d’une rébellion à Kilwa, à près de 300 km au nord de Lubumbashi, capitale du Katanga.
La Mission de l’Onu en RDC (Monuc), qui a appuyé les enquêteurs congolais au cours de l’instruction, s’est « félicitée » mercredi de cette décision de renvoi.
Selon cette décision, dont l’AFP a obtenu une copie, 9 militaires congolais, dont le colonel commandant les forces armées de RDC (FARDC) dans l’offensive de Kilwa, sont accusés de l’exécution sommaire d’au moins 26 civils, de pillages, de viols et d’arrestations arbitraires en octobre 2004.
Trois employés étrangers – un Canadien et deux Sud-africains – d’Anvil Mining, qui exploitait une concession de cuivre proche de la ville, sont accusés d’avoir « facilité » ces crimes « en omettant volontairement de retirer les véhicules mis à la disposition » des FARDC dans le cadre de cette offensive.
Estimant les « charges suffisantes » à l’issue de l’instruction, l’auditorat militaire a renvoyé tous les prévenus « devant la Cour militaire » pour un procès dont la date n’a pas encore été arrêtée.
Sept des neufs militaires inculpés ont été arrêtés et les trois agents d’Anvil Mining ont quitté la RDC peu après la répression de Kilwa, selon une source proche de l’enquête.
Des organisations internationales de défense des droits de l’Homme avaient estimé à l’époque, sur la base de témoignages, que plus de 70 personnes avaient été tuées par les FARDC lors de la répression de la « rébellion » de Kilwa, fomentée par une poignée d’hommes peu équipés.
L’ONG britannique RAID (Rights and accountability in development) a notamment « salué » dans un communiqué la décision de la justice militaire congolaise comme « un pas significatif dans la lutte contre l’impunité en RDC ».
« Les circonstances précises dans lesquelles Anvil a fourni +un appui logistique+ aux militaires congolais dans les terribles événements de Kilwa doivent être pleinement recherchées et établies », souligne Patricia Feeney, directeur exécutif de RAID, citée dans le communiqué.
Mme Feeney plaide pour un procès « aux normes internationales », le « seul moyen de rendre justice aux victimes du massacre de Kilwa ».
(©AFP / 18 octobre 2006 21h11)

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