RDC: rassemblement de journalistes au siège saccagé des médias de M. Bemba 1797

03 mai. 07 – 15h36
KINSHASA, 3 mai 2007 (AFP) – Des dizaines de journalistes, professionnels de la presse et syndicalistes se sont rassemblés jeudi, en signe de solidarité, devant les locaux des médias de l’opposant Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, pillés et saccagés en mars par des militaires, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Nous avons voulu venir ici, à Canal Congo TV (CCTV), Canal Kin TV (CKTV) et à la Radio liberté Kinshasa (Ralik), pour exprimer notre solidarité avec nos confrères et nos consoeurs qui ont été durement frappés », a déclaré Chantal Kanyimbo, présidente de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.

« Leur instrument de travail a été complètement détruit. C’est une atteinte à la liberté de la presse car c’est l’expression d’une opinion qui s’est tue.

C’est inacceptable en démocratie de voir une opinion ainsi confisquée », a ajouté la responsable du premier syndicat de journalistes en République démocratique du Congo (RDC).

Les sièges des trois médias et du parti l’adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006, situés dans le même immeuble du centre d’affaires de Kinshasa, ont été pillés, saccagés et occupés pendant près de trois semaines par des militaires de la garde présidentielle.

Le pillage avait débuté pendant les combats meurtriers qui ont opposé les 22 et 23 mars l’armée régulière à la garde rapprochée de l’ex-vice-président Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l’armée.

La garde de M. Bemba a été totalement défaite et le chef du premier parti d’opposition du pays a quitté Kinshasa pour le Portugal le 11 avril, officiellement pour des soins à une ancienne fracture.

Dans les locaux dévastés de ses médias, téléviseurs désossés, antennes paraboliques pliées et amas de documents déchirés et souillés témoignent d’une « occupation sauvage », d’une « volonté délibérée de détruire », déplore un journaliste de CCTV, qui s’est « caché » pendant plus de deux semaines après avoir reçu des « menaces de mort (anonymes) par téléphone ».

Dans certaines salles, tout le mobilier et matériel de transmission ont été emportés, jusqu’aux interrupteurs et aux encadrements des fenêtres.

« On nous a rendu nos locaux (le 21 avril), mais qu’est qu’on peut faire dans cette situation? Nous avons à CCTV 79 employés, une cinquantaine à CKTV, qui sont privés d’outil de travail », a déclaré à l’AFP Maurice Bokoko, directeur de CCTV.

« Nous allons prochainement déposer une plainte, pour exiger réparation des dommages subis et une aide pour redémarrer. Il n’est pas question de renoncer », a-t-il ajouté.

Avant leur visite aux médias de M. Bemba, syndicalistes et patrons de presse ont déposé une gerbe de fleur sur les tombes de Franck Ngyke et Bapuwa Mwamba, deux journalistes assassinés à Kinshasa en 2005 et 2006.

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