KINSHASA (AFP) – mardi 18 juillet 2006 – 17h14 – Quelque 300 manifestants ont détruit mardi à Kinshasa des affiches électorales et dénoncé des élections « truquées », au cours d’une marche très hostile à la communauté internationale.
Un policier a été blessé par un jet de cocktail Molotov en début de manifestation, vers 10H00 GMT, et a été évacué vers un hôpital, a-t-on appris de source policière. La gravité de ses brûlures n’a pas été précisée.
Un poster géant du candidat président Joseph Kabila en feu lors d’une manifestation de l’opposition à Kinshasa, le 18 juillet 2006
Réunis sur le grand boulevard de Kinshasa près de la gare centrale, les manifestants brandissaient un portrait de l’opposant Etienne Tshisekedi, leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui boycotte les scrutins, et lançaient des slogans très hostiles aux étrangers.
Aux cris de « Pas d’élections sans Tshisekedi », « le Congo aux Congolais », ou « la communauté internationale nous a imposé des élections truquées », ils ont systématiquement arraché les banderoles, affiches et posters électoraux des candidats à la présidentielle et aux législatives du 30 juillet.
L’autodafé d’un poster géant du candidat président Joseph Kabila, copieusement traité d' »étranger », a suscité la joie des manifestants, dont certains marchaient totalement nus dans la rue, en signe de colère.
Des manifestants arrachent le T-shirt pro-Kabila d’une femme à Kinshasa, le 18 juillet 2006
© AFP Marco Longari
Les origines congolaises du jeune président, qui a vécu de longues années en exil, sont mises en cause par certains de ses détracteurs.
Plusieurs passants qui arboraient des T-shirt à l’effigie de Joseph Kabila ont été pris à partie par des manifestants qui leur ont partiellement arraché leurs vêtements.
Les policiers ont encadré la marche sur plusieurs kilomètres, mais après deux heures de manifestation, ils ont dispersé les participants qui avaient été rejoints par quelque 200 jeunes de la rue, en tirant des grenades lacrymogènes.
« Nous allons continuer à manifester, nous allons bloquer la ville et empêcher ces élections truquées », a déclaré Jean-Claude Vuemba, membre d’un Front pour la défense du Congo, regroupant plusieurs partis d’opposition.
Il a dénoncé l’intervention des forces de l’ordre et minimisé les actes de vandalisme des manifestants, affirmant que l’objectif de cette marche était de gagner le parlement pour organiser un sit-in en signe de protestation.
