Le processus électoral continue son bonhomme de chemin. Il ne reste plus que le vote des Gouverneurs et des vices-gouverneurs avant d’entamer la dernière étape. Celle des élections locales au niveau des communes. Mais à chaque étape électorale, sa vérité. Ceux que l’on a voulu enterrer vivant, refusent de mourir. Ils sont en train de revenir aux affaires. Appelez-les comme vous voulez. Mais les « dinosaures » sont de retour.
Selon le dictionnaire Larousse, « dinosaure » « signifie personne, institution archaïque que son importance passée empêche de disparaître ». Vu et compris sous cet angle, le terme « dinosaure » n’est nullement une insulte. Et nous souhaitons vivement qu’il en soit ainsi.
D’ailleurs, une personnalité politique que l’on taxait d’être « dinosaure », s’enorgueillissait en ces termes: « J’accepte que l’on m’appelle dinosaure car un dinosaure est une espère rare. Et s’il en existe, elle doit attirer l’attention de plusieurs personnes, pour autant qu’ une pièce rare demeure toujours une valeur »
Ceci dit, les élections ont permis à ceux que l’on appelait, quel que soit le sens figuré que l’on peut tolérer, « dinosaures » de refaire surface. Par la voie démocratique, nous citerons dans la foulée, Léon Kengo wa Dondo,, Engulu Baangampongo Bakokele Lonkanga Léon, Mbenza Thubi, Nzege Alianzambina, Pay Pay wa Sianga Singe, Kolela Siki Konde, Mokolo wa Pombo, Jeannot Bemba Saolona, Mme Nkoy Mafuta, Mabi Mulumba, Professeur Vunduawe Te Pemako, Tshibombo Mukuna, Mutamba Dibwe, Kisombe Kiaku Mwisi, Kimasi Matiku… et nous en passons.
Ces personnalités viennent d’être élues, soit député, soit sénateur. Dans le passé, et surtout pendant la IIè République, elles ont assumé des hautes fonctions. Elles disposent toutes « d’un passé important qui empêche qu’elles disparaissent ». Sur ce point, elles méritent d’être appelées « dinosaures ».
Cependant, comme pour leur faire endosser une grande part de responsabilité de la gestion calamiteuse du régime Mobutu, de ce dégât immense causé au pays, on leur a collé cette appellation de « dinosaure ». Nous n’en disconvenons pas. Mais qu’ils prennent désormais cela avec beaucoup de philosophie. Qu’aujourd’hui, le peuple leur a donné un mandat, quelle est leur réaction ?
MORALITE
Il est important de relever que les « dinosaures » n’ont pas attendu les élections pour refaire surface. Aussitôt que la situation s’est calmée avec le renversement du régime Mobutu, ils ont fait leur apparition dans différents secteurs de la vie nationale. Certes, les « gros calibres » ont mis du temps pour revenir au pays, vivant souvent un exil doré. Maintenant, tout le monde est rentré au bercail. A part ceux qui, pour des raisons propres, refusent de revenir.
Aujourd’hui, il revient aux « dinosaures » de se repentir et de faire preuve de plus de responsabilité politique afin d’améliorer leur image ternie. Pourquoi ne pas rapatrier ce qui semble d’excessif au regard de leurs revenus honnêtes ? Car, qu’ ils plaisent de retenir que dans cet important passé qui les empêche de disparaître, les « dinosaures » ont souvent fait preuve de beaucoup de maîtrise de grands dossiers. Ils étaient à la hauteur de leur tâche tant sur les dossiers politiques, diplomatiques, économiques que militaires. Malheureusement, évoluant dans une société où tout le monde était otage d’un système politique odieux, touché par cette gangrène qui érode les meilleures compétences, plusieurs valeurs n’ont pas réussi à éclore. Le moment est venu de se racheter auprès de la population.
En fait, du point de vue compétence, la République démocratique du Congo regorge des éléments de valeur. Mais le mal est souvent en cette absence de morale qui détruit justement toutes ces valeurs, faisant des vices des vertus. Si ces dinosaures s’obstinent à rééditer leurs exploits destructeurs en s’appuyant, une fois de plus, sur les anti-valeurs, ils n’auront été que des criminels.
Mais par contre, en mettant leur expertise politique, économique, militaire à la disposition des institutions nationales, ils se seront ainsi amendés dans l’intérêt général de la Nation. Ainsi, au Sénat par exemple où ils sont nombreux, les « dinosaures » peuvent jouer un rôle important dans le cadre de la moralisation de la classe politique. Leurs sages interventions pourraient avoir un impact sur l’Assemblée nationale qui ne manque, certes pas des « compétences », mais supposée être composée des personnalités pas éprouvées sur le plan politique.
Ce n’est qu’à ces conditions qu’ils auront été des vrais « dinosaures ». Au sens propre du terme. C’est-à-dire, des « pièces rares ».
