Rapport mensuel des droits de l’Homme: septembre 2006 1415

Plus de 800 personnes arrêtées par la PNC à Kinshasa; des nouveaux cas de violations des droits de l’Homme commises par les services de sécurité, y compris la garde républicaine, rapportés à travers la RDC; environ quarante maisons brûlées et trois civils arrêtés par les FARDC à Mbandaka; la police est accusée d’avoir commis de nombreux cas de viols à Mbuji Mayi et au Nord Kivu; un soldat des FARDC condamné pour viol et tentative de meurtre; la LRA active en Ituri.

Incidents principaux

1. A Kinshasa, plus de 800 personnes vivant dans la rue, dont 181 enfants, communément appelés «Shégués», ont été arrêtées par la police au cours d’une rafle tôt le matin du 21 septembre. Elles ont été conduites à et détenues à l’IPKIN. Ces arrestations sont intervenues suite aux manifestations organisées le 19 septembre par les militants du MLC aidés en cela par «des personnes vivant dans la rue» en raison de la destruction des chaînes de télévision et de radio appartenant au vice-président Bemba.

Le 22 septembre, suite à l’intervention d’institutions internationales et organisations humanitaires, les détenus mineurs ont été libérés, puis transférés dans des centres ouverts dans l’attente d’une éventuelle réunification familiale. Jusqu’au 29 septembre, 250 adultes restaient encore en détention. Ces personnes sont considérées comme de vraies “Shégués”, puisqu’elles n’auraient aucun domicile fixe.

2. Environ 40 maisons ont été incendiées et trois civils arrêtés par une trentaine de PM des FARDC de la 3ème région militaire suivant les ordres de leur commandant près de Bontuku à Mbandaka, le 14 septembre. Ces civils, tous membres de la même famille, ont été arrêtés au motif qu’ils se sont opposés à la destruction de leurs maisons.

Les victimes affirment avoir été régulièrement soumises à des traitements cruels, inhumains et dégradants et ont vu leurs maisons pillées par les militaires. Le commandant de la 3ème région militaire a confirmé avoir ordonné la destruction des maisons aux alentours, car les civils ont refusé de déguerpir cette zone considérée comme zone militaire. La DDH/Mbandaka va suivre le cas.

Violations liées aux élections

3. A Kinshasa, un membre de l’UDPS aurait été kidnappé par un groupe de quatre hommes armés. Ses ravisseurs lui auraient dit que le soutien apporté par l’UDPS à Jean Pierre Bemba lors du premier tour des élections présidentielles a coûté des voix à «leur président», et qu’il devrait «disparaître» pour cette raison. La victime affirme avoir été interrogée dans une résidence privée à l’UPN, dans la banlieue de Kinshasa, relativement aux activités et projets politiques de l’UDPS.

La victime a été par la suite sévèrement battue, puis abandonnée sur l’Avenue des Huileries le lendemain à 11 heures. La victime prétend que ses habits ont été déchirés par ses agresseurs qui lui ont également volé son téléphone portable. Il les soupçonne d’être des membres de la garde républicaine.

4. Le 28 août, des soldats de la garde républicaine auraient kidnappé quatre membres d’une même famille dans les environs de Ngaliema, à Kinshasa. Les quatre personnes auraient été conduites manu militari au Palais de Marbre où elles auraient été déshabillées et battues à l’aide de crosses de fusils, de chicottes, de ceintures et de branches d’arbres.

L’une des quatre personnes soutient être l’époux d’une femme qui aurait été tuée par un élément de la garde républicaine lors des récents évènements de Kinshasa. Cette famille a indiqué que les soldats les ont accusés de receler des soldats de Bemba et de planifier des troubles à l’hôtel Okapi.

5. A Kananga, un candidat du PANU aux élections législatives (nationales) a reçu des menaces anonymes et des visites suspectes en raison de son appartenance politique. La victime affirme que Evariste Boshab du PPRD, qui a déjà été accusé de menaces envers ses adversaires politiques dans la région, est à l’origine de coups de téléphone menaçants et de visites suspectes à sa résidence de la part de personnes proches de ce dernier.

Boshab le considérerait comme l’un des instigateurs des troubles survenus à Mweka le 30 juillet 2006 et comme celui qui a fait pression sur le Procureur afin que ce dernier décerne des mandats contre trois candidats locaux.

6. A Mbandaka, un candidat indépendant (députation provinciale) a été arrêté par des agents de la PNC dans la nuit du 2 septembre, après qu’il a affirmé sur une radio locale que le Chef de l’Etat aurait planifié d’envoyer de la nourriture empoisonnée à Mbandaka. Il était libéré le jour suivant.

7. Le 19 septembre, un adjudant des FARDC, membre de la garde rapprochée du vice-président Bemba, aurait été arrêté arbitrairement par des agents des services spéciaux et gardé à vue à Kin-Mazière. Selon la victime, elle a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants avant son transfert à la prison centrale de Kinshasa (CPRK), le jour suivant.

8. Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2006, deux femmes auraient été violées et un homme kidnappé et torturé à Kinshasa par sept agents de la garde républicaine. Cet homme et ces deux filles âgées d’une vingtaine d’années auraient été enlevés et transportés en voiture par ce groupe de militaires, aux alentours de 23 heures. La victime a déclaré que ses ravisseurs ont cherché à découvrir le lieu de résidence du pasteur de son église, qui aurait soutenu le MLC après que sa candidature aux présidentielles a été invalidée.

Selon la victime, ils ont été transportés en dehors de Kisangani (sur la route de l’aéroport) où ses deux filles ont été violées. Suite au refus de la victime d’indiquer le domicile de son pasteur, celle-ci aurait été battue à l’aide de crosses de fusil jusqu’à 5 heures du matin, moment auquel les soldats quittaient les lieux emmenant avec eux les deux filles. Les soldats l’auraient averti que révéler son histoire à la télévision pourrait lui coûter la vie. La victime porte des contusions et des marques attestant ses allégations.

9. Dix civils, dont 6 femmes, ont été arrêtés par la PNC au cours d’une manifestation pacifique dispersée par la police, faisant usage en la circonstance de grenade lacrymogène, à Tshikapa, à 300 km à l’ouest de Kananga, le 11 septembre 2006. La manifestation avait été organisée par le parti politique « Solidarité pour le Développement National » pour protester contre les résultats provisoires du scrutin parlementaire annoncés par la CEI, le 7 septembre.

Selon le maire, il a donné l’ordre de mettre fin à cette manifestation non seulement parce qu’il n’avait pas été informé préalablement; mais également, parce que le comportement des manifestants présentait des risques de troubles graves à l’ordre public. Les organisateurs soutiennent en revanche avoir dûment informé l’administration locale 48 heures avant la tenue de la manifestation, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Les victimes ont été gardées à vue pendant 24 heures, avant d’être libérées.

10. Le 3 septembre, des soldats armés des FARDC auraient extorqué des cartes d’électeurs à au moins 15 civils à Bugobe, dans le territoire de Kabare, à 10 km au nord de Bukavu.

11. Fin septembre 2006, des soldats des FARDC auraient retiré des cartes d’électeurs appartenant à des habitants des villages de Cirogole, Mwendo et Bushale (à 24 km au nord-ouest de Bukavu), argument tiré de ce que ceux-ci voulaient savoir le nombre de personnes enrôlées. Ces cartes ont été par la suite restituées à leurs propriétaires.

Les soldats des FARDC continuent d’être les auteurs principaux des violations des droits de l’Homme dans les deux Kivu, en Ituri et au Katanga

12. Dans la nuit du 26 au 27 août, un civil a été tué par un officier PM de la 11ème brigade des FARDC à Keshero (Goma). Les circonstances du meurtre demeurent inconnues. Le S2 en charge de l’enquête a conclut à un homicide involontaire.

13. Au cours d’un échange de coups de feu intervenu le 5 septembre entre les soldats de la 91ème brigade intégrée et ceux de la 83ème non intégrée, un garçon de 9 ans (en sus d’un soldat) a été tué et trois autres civils ont été blessés par armes à feu près de Kelengera, dans le territoire de Rutshuru, environ à 58 km au nord de Goma.

14. Le 21 septembre, dans le village de Kazuza, dans le territoire de Mwenga, au sud-est de Bukavu, un civil serait décédé des suites de ses blessures après avoir été sérieusement battu par un soldat de la 122ème brigade des FARDC, aidé en cela par un soldat démobilisé.

15. Le 3 septembre, un agent de l’ANR serait mort des suites de traitements cruels, inhumains et dégradants dont il a été l’objet de la part de 3 soldats des FARDC à Mutara, à 60 km au nord-est de Beni. La victime était en mission avec l’un de ses collègues, lorsqu’ils ont été interceptés par ces militaires qui les ont forcés à transporter des objets très lourds. L’une des victimes est morte trois heures après avoir perdu connaissance. Les présumés auteurs, le Lieutenant Almoa et ses 2 gardes du corps appartiennent au 21ème bataillon de la 2ème brigade des FARDC.

16. Dans la nuit du 11 au 12 septembre, un civil aurait été blessé et un autre aurait été battu par un groupe de soldats armés qui ont attaqué et pillé le village de Losa près de Mbau, à environ 10 km au nord de Beni. Les présumés auteurs appartiendraient à la 89ème brigade (ex-APC) en attente de brassage sur le site temporaire de Ngite, près de Mavivi, à 8 km au nord de Beni.

17. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, deux civils ont été blessés par un groupe de soldats armés entrés par effraction dans leur domicile à Chirogole, à 24 km au nord de Bukavu. Les auteurs se sont enfuis après avoir pillé ledit domicile.

18. Le 26 septembre, deux civils, dont un enfant de 10 ans, ont été sérieusement battus et blessés par arme blanche (machette) par un soldat de la 100ème brigade des FARDC près de Kibirizi, à environ 62 km au nord-est d’Uvira. Selon les victimes, elles auraient été blessées quand elles se sont opposées au vol de leur machette.

19. L’administrateur local de Ndrele, à 30 km au sud de Mahagi (en Ituri), affirme avoir été victime d’une tentative d’exécution sommaire commise par le garde du corps d’un commandant local des FARDC, Bolasege, le 20 août 2006. La victime indique avoir été attaquée à son domicile par l’auteur des faits qui a tiré 6 coups de feu dans sa direction. Les raisons de l’attaque demeurent inconnues

20. Le 12 septembre, le directeur adjoint de l’ANR d’Uvira a été arrêté arbitrairement et torturé sur les ordres du commandant de le 109ème brigade, le Lt. Colonel Mutupeke. La victime aurait reçu 47 coups de fouet dans le but de la contraindre à avouer avoir incité à la haine tribale. La victime, membre du groupe ethnique Bafuliru, a été libérée le 14 septembre.

Le Lt. Colonel Mutupeke ordonne régulièrement l’arrestation aussi bien des civils que des membres des forces de l’ordre sur une base ethnique. Le Lt. Colonel Mutupeke et l’adjoint S2 de la 109ème brigade, le lieutenant Modeste Kitunda, sont tous deux de l’ethnie Bembé.

21. Un civil soutient avoir été arbitrairement arrêté, illégalement détenu et torturé sur les ordres du commandant de la 109ème brigade des FARDC, le Lt. Colonel Mutupeke. La victime aurait reçu plusieurs coups de fouet à maintes occasions afin de lui soutirer des informations.

22. Un civil (âgé de 18 ans) affirme avoir été arrêté, battu et torturé par des soldats du 109ème BM à Kahorohoro, à 7 km à l’est d’Uvira, dans la nuit du 1er septembre. La victime aurait reçu 60 coups de chicottes dans le but de lui extorquer des aveux.

23. Le 24 septembre à Goma, quatre civils, dont un chef de cellule, auraient été arbitrairement arrêtés et sérieusement battus par des soldats de la 11ème brigade intégrée des FARDC. Les trois civils auraient été arrêtés à un barrage militaire, puis détenus dans une cellule où ils auraient été fouettés. Le chef de cellule aurait été maltraité et blessé lorsqu’il il a tenté d’intercéder en faveur des trois autres victimes. Ils ont tous été libérés suite à l’intervention de la population.

24. En Ituri, de nombreux cas de violations du droit à l’intégrité physique commises par des soldats des FARDC ont été enregistrés. Le 3 septembre, un civil suspecté d’être un milicien a été arrêté par des militaires à Joo, à 50 km au nord-est de Bunia, puis transféré à Kafe, à 65 km au nord-est de Bunia (sur les rives du lac Albert), où il a été soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants (des soldats ont appliqué du plastic sur sa main, puis y ont mis le feu). Il a été détenu illégalement pendant 11 jours.

Un autre civil qui était détenu dans la même cellule que la victime aurait réussi à s’échapper. Le présumé auteur est le commandant Eddy Kasabia des FARDC qui a été immédiatement redéployé de Kafe à Bunia suite à cet incident. Le 16 septembre, le sous-lieutenant Masumbuku, commandant de compagnie du Mont Zeu, à 100 km au nord-est de Mahagi, a ordonné à un caporal de battre l’épouse d’un autre militaire.

25. Le 14 septembre, trois civils, deux femmes et un homme, auraient été arrêtés par des soldats suite à une dispute à Torges, près du lac Albert, dans le territoire de Djugu, à 85 km au nord-est de Bunia. L’homme a été libéré après avoir payé US$ 10. Cependant, les femmes seraient restées plus longtemps en détention et auraient été violées par deux soldats.

Le 19 septembre, une autre femme aurait été violée à Nyakunde, dans la collectivité de Andisoma, dans le territoire de Irumu, par un soldat des FARDC. Le présumé auteur appartient à la 811ème brigade basée à Marabo et placée sous le commandement de Sadam.

26. Le 11 août 2006, un groupe de 21 civils aurait été enlevés dans la localité d’Avegi, près de Tchei, par des soldats des FARDC qui les ont contraints à transporter leurs bagages. L’une des victimes aurait été abattue tandis qu’une autre réussissait à s’échapper. Le 8 septembre, les soldats ont fait mouvement avec les autres victimes en direction de Rwampara, base de la 4ème brigade intégrée.

27. Le 16 septembre, une famille de 9 déplacés aurait été enlevée dans le village de Sorodo par des soldats (vraisemblablement de la 1ère brigade intégrée) qui les ont ensuite conduits à Olongba, à 75 km de Bunia, dans la collectivité de Walendu Bindi. Nul ne sait où les victimes se trouvent.

28. Le 10 septembre, deux mineures (sœurs jumelles) auraient été enlevées, puis violées par des soldats de la 62ème brigade des FARDC à Pweto, à 300 km au sud de Kalemie. Les victimes auraient été retenues captives par un capitaine des FARDC durant 2 jours, puis libérées. Cet enlèvement suivi de viol pourrait être lié à des pratiques fétichistes.

29. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un soldat des FARDC à Kyavisogho, à 65 km au sud-ouest de Beni, le 30 août 2006. La victime se rendait chez ses parents lorsqu’elle a été interceptée, puis conduite dans une maison voisine où elle aurait été violée.

30. Deux civils ont affirmé avoir été arrêtés et sérieusement battus (jusqu’à perdre conscience) par des éléments de la 2ème brigade des FARDC, respectivement les 11 et 13 septembre dans le village de Kikuvo, près de Butembo. Le motif de cette arrestation arbitraire, suivie de traitements inhumains, cruels et dégradants demeure inconnu.

31. Trois civils ont déclaré avoir été sérieusement battus et détenus illégalement le 2 septembre à Nindja, à 75 km au nord-ouest de Bukavu, suite à leur refus de transporter les bagages appartenant à des soldats du 14ème bataillon des FARDC. Ces personnes ont soutenu avoir payé US$ 150 pour être libérées.

32. Une femme affirme avoir été intimidée et menacée de mort par des éléments du général Dunia à Baraka, à 91 km au sud d’Uvira, le 21 septembre. Les présumés auteurs seraient entrés par effraction dans son domicile, auraient jeté ses biens et sérieusement blessé son époux pour des raisons inconnues. L’incident serait lié à un conflit foncier.

33. Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2006, plusieurs civils auraient été enlevés par un groupe d’hommes en uniforme -vraisemblablement des soldats des FARDC- dans la localité de Lushebere, dans le territoire de Kalehe au nord de Bukavu. Ces hommes en uniforme ont attaqué le village qu’ils ont pillé, puis ont obligé des villageois à transporter leur butin. Les victimes ont été par la suite libérées.

34. Le 3 septembre à Beni, un employé de maison (travaillant pour des agents de la MONUC) arrêté à la suite d’un accident de la circulation, aurait été ligoté, forcé à se coucher par terre, puis flagellé. La victime aurait été interrogée sur le fait de savoir si ses employés détiennent des armes chez eux. Son téléphone portable, des numéraires et d’autres biens lui appartenant auraient été emportés.

35. Le 12 septembre, le coordonnateur d’un comité local d’assistance aux déplacés à Eringeti, à 65 km au nord-est de Beni, aurait été arrêté arbitrairement par des soldats des FARDC. La victime procédait à un recensement dans le village de Chuchubo, à 15 km à l’est d’Eringeti- lorsqu’elle a été arrêtée et conduite au poste de l’ANR d’Eringeti. Elle a été accusée d’avoir pris des photos d’un camp militaire et d’avoir interviewé des épouses de militaires.

36. Mi-septembre 2006, environ 100 civils ont fui les villages de Mbua et Ngadi (territoire de Beni, Nord Kivu) suite au harcèlement persistant de soldats de la 89ème brigade (ex-APC) en attente de brassage.

La majorité des violations des droits de l’Homme commises par la PNC durant le mois en revue constituent des violences sexuelles envers des femmes et des filles, notamment en Equateur, au Kasaï Oriental et au Nord Kivu

37. Un civil aurait été tué par un agent de la police d’investigation criminelle à Tubondo, dans la commune de Kanshi à Mbuji Mayi, le 4 septembre. La victime aurait été tuée à bout pourtant après qu’elle a refusé de donner de l’argent à ce policier. Ce dernier est en fuite.

38. Trois membres d’une ONG locale de lutte contre les violences sexuelles auraient été arrêtés par des agents de la PNC à Bongandanga, à environ 530 km au nord-est de Mbandaka. Ils ont été arrêtés sur ordre du commandant du district de Mongala et emmenés à Lisala, à 100 km au nord-est de Bongandanga.

Les victimes ont été arrêtées pour avoir dénoncé des violations des droits de l’Homme (viols massifs) commises par des agents de la PNC dans la localité de Bolongo, dans le territoire de Bongandanga les 5 et 6 août 2006. Les ont été relâchées le 12 septembre.

39. À Mbuji Mayi, une jeune fille de 15 ans aurait été violée par un officier de la PNC le 9 septembre 2006. La victime se rendait à son lieu de travail lorsqu’un policier en poste à l’office de contrôle congolais (OCC) a pointé son arme et menacé de la tuer si elle se mettait à crier. L’auteur présumé lui a demandé de l’argent, mais comme elle n’en avait pas, il l’a violée.

40. Le 13 septembre à Mbuji Mayi, une femme gardée à vue aurait été violée par un groupe de policiers. Elle a été arrêtée le jour où la police intervenant pour rétablir l’ordre suite à une bagarre dans un bar local, a procédé à l’arrestation de toutes les parties impliquées. La victime a été menottée et ligotée. Quatre agents de police ont ensuite déchiré ses vêtements et l’ont violée. La victime aurait déposé une plainte et suit actuellement des soins médicaux.

41. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, une jeune fille de 14 ans aurait été violée par un agent de la PNC alors qu’elle était en garde à vue dans l’amigo de la police de Béni. L’auteur présumé du viol a été arrêté, mais, nie les faits.

42. Deux cas de viols commis le 1er septembre par des officiers de la PNC ont été rapportés au Nord Kivu. Une jeune fille de 13 ans aurait été violée par un adjudant chef dans le village de Nyabiondo, dans le territoire de Masisi, à environ 100km au nord-ouest de Goma. Dans des circonstances similaires, une autre jeune fille âgée de 11 ans aurait été violée par un capitaine de police dans une résidence privée, située entre les villages de Kaandja et Burange, dans le territoire de Masisi, à environ 107 km au nord-ouest de Goma.

43. Deux cas de vols à mains armées qui auraient été commis par des officiers de la PNC ont été enregistrés à Mbuji Mayi. Trois policiers seraient les auteurs de traitements cruels, inhumains et dégradants à l’encontre d’un civil et d’un vol à mains armées commis à Kabwatshia, près de Mbuji Mayi, le 3 septembre 2006. Ils seraient entrés par effraction au domicile de la victime pour lui soustraire des numéraires. Ils l’auraient menacée et sérieusement battue à laide d’une barre en métal.

La victime a affirmé que les auteurs ont également violé sa femme. Dans un incident similaire, à Bipemba, près de Mbuji Mayi, trois policiers armés ont cambriolé la résidence privée d’un imam, le 8 septembre 2006.

44. Quatre civils ont fait l’objet de traitements cruels, inhumains et dégradants et d’extorsion de la part de policiers dans la localité de Luvua-Kiyambi, à 95 km de Manono, le 6 août. Les victimes ont été arrêtées dans le cadre de l’exécution d’un mandat de comparution (jugé illégal), ligotées, fouettées puis exposées au soleil pendant 4 jours dans l’enceinte de la résidence privée du chef de la police. Des numéraires et des objets de valeur leur appartenant auraient été emportés.

45. Un civil a déclaré avoir été arrêté arbitrairement et battu à plusieurs reprises avec un bâton, le 4 septembre, et ce, suivant les ordres du commandant de la PNC locale à Luberizi, à 47 km au nord d’Uvira. La victime aurait été arrêtée pour n’avoir pas acheté de vêtements pour sa prétendue épouse. Elle a ensuite été libérée après le versement d’une certaine somme d’argent.

Des éléments de la garde républicaine ont commis des atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique au Katanga

46. Le 30 août 2006, un soldat du 683ème bataillon des FARDC de Nyunzi, à 180 km à l’ouest de Kalemie, a été exécuté sommairement par la Garde Républicaine et au moins 9 personnes, y compris 7 civils, ont été enlevées et ont fait l’objet de traitements cruels, inhumains et dégradants par des soldats de la GR alors qu’elles se rendaient en train à Lubumbashi. Trois des victimes, dont une jeune fille de 14 ans qui a été violée pendant sa captivité, ont été jetées du train. Quatre personnes sont toujours portées disparues.

Une autorité administrative impliquée dans un cas de violation des droits de l’Homme

47. Le 13 septembre, une jeune fille de 13 ans a été violée par l’administrateur du territoire de Demba dans sa résidence privée située à Demba, à 60 km au nord de Kananga. L’auteur présumé a invité la victime chez lui, a bouclé la porte, puis l’a violée. Après l’incident, l’auteur du viol a proposé un règlement à l’amiable en offrant à la famille US$ 100, une chèvre et une maison.

Des civils continuent d’être tués et à être l’objet de violences sexuelles de la part des groupes armés

48. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, des combattants des FDLR auraient mené plusieurs attaques contre des civils. Un civil aurait été tué et deux autres enlevés lors d’une attaque lancée par 4 combattants FDLR dans le village de Bitale, situé à 65 km au nord-ouest de Bukavu.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, deux femmes et une fille auraient été enlevées et emmenées dans une forêt avoisinante lors d’une attaque des FDLR sur les villages de Nlunga, Kahia et Nzibira, à environ 85 km au sud de Bukavu. Un troupeau de vaches a aussi été emporté par les assaillants, malgré l’intervention des soldats des FARDC.

49. Des cas d’attaques, d’exécutions sommaires et de traitements cruels, inhumains et dégradants commis par des combattants de la LRA (l’Armée de Résistance du Seigneur) ont été rapportés dans la zone de Ameri à 30 km d’Aru, en Ituri. Le 30 août, des habitants du village d’Aluru, à 37 km au sud-est d’Aru, ont été attaqués par un groupe de 51 hommes armés de la LRA.

Pendant l’attaque, une femme a été sérieusement battue par 2 soldats. Le 2 septembre, le meurtre d’un civil par un groupe d’hommes armés identifiés comme étant des membres de la LRA à Ovosuni, à 23 km au sud d’Aru, a été également rapporté.

50. Le 1er septembre, la population civile de Lomena, à environ 277 km de Kindu, ont été contraintes d’abandonner leurs maisons suite à l’attaque et au pillage de leur village par la milice Rahiya Mutumboki. L’attaque aurait apparemment été lancée en représailles contre l’accident ayant causé la mort de 2 femmes. Aucune victime civile n’est à déplorer.

51. Des cas d’attaques, d’atteinte à la vie et de pillages ont été commis par des commandants Hutus Rwandais dans le Sud Kivu. Les assaillants ont attaqué et pillé le village de Bitale, situé à 65 km au nord-ouest de Bukavu, les 14, 15 et 16 septembre. Au cours de l’une de ces attaques, les auteurs présumés sont entrés par effraction et ont tué un enfant par balles.

52. En août 2006, plusieurs cas de viols ont été commis par les combattants Hutus rwandais dans le village de Nindja, situé à 85 km au sud-ouest de Bukavu. Dans la nuit du 7 août, une femme aurait été violée par un groupe de 10 combattants, tandis que son époux a été blessé par machette. Les assaillants sont entrés par effraction dans le domicile des victimes, ont attaché et frappé le mari à plusieurs reprises, le blessant au bras gauche.

La femme a été violée en présence de sa famille, puis emmenée de force dans la forêt pour servir d’ «épouse» à l’un des assaillants. Elle a réussi à s’échapper le 28 août. Une autre femme du même village aurait été violée par 3 Hutus rwandais le 17 août et a vu sa maison pillée. Le 24 août, une femme (âgée de 20 ans) a été attaquée et violée par des Hutus rwandais, alors qu’elle travaillait dans un champ près de Nindja. Les auteurs ont immédiatement disparu dans la forêt après l’incident.

53. Dans la nuit du 12 au 13 août, quinze civils (4 femmes et 11 hommes) auraient été enlevés et auraient subi des traitements cruels, inhumains et dégradants de la part d’un groupe de 20 Hutu Rwandais, connus sous le pseudonyme de «Rastas», dans le village de Nyamuziba/Irhegabarhonyi, à 82 km au sud-ouest de Bukavu.

Les 4 femmes enlevées, dont 2 mineures, affirment avoir été utilisées comme esclaves sexuelles. Les mineures ont été libérées suite au paiement par leurs parents d’une rançon de US$ 100. Les deux autres femmes étaient également libérées. Personne ne sait ou se trouvent les hommes.

54. Le 16 septembre, trois civils et deux soldats démobilisés ont été enlevés lors de l’attaque et du pillage du village de Tsumb dans le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, par 200 miliciens du MRC. Cet incident a entraîné le déplacement de la population. Les personnes enlevées auraient été libérées.

Administration de la Justice/lutte contre l’impunité

55. Le 11 septembre, le sergent Kipande Kasokota des FARDC a été condamné à 20 ans de servitude pénale principale par le tribunal militaire de Kalemie pour des faits de viol, agression et tentative de meurtre sur une mineure. Il a en outre été condamné à payer la somme de US$5000 à titre de dommages-intérêts et 10000 FC de frais de justice. Le condamné sera écarté des effectifs des FARDC.

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