« Qui vous a dit que vous étiez Dieu ? », demandait
Désiré Kabila à Désiré Mobutu sur l’OUTENIQUA, le
bateau Sud Africain.
« Qui vous a dit que vous étiez Dieu ? », redemandait le
bouillant Pasteur Théodore Ngoy à Désiré Kabila au
Palais des Marbres après la prise du pouvoir par Mzee.
C’est vrai. Le pouvoir grise et le pouvoir absolu
grise dangereusement au point d’amener son détenteur à
se croire investit de vertus divines.
En France, Sarko reconnaît en toute humilité que
l’Hexagone lui a tout donné et s’engage à lui rendre
la pareille, exprime son respect pour Ségo à cause de
17 millions des français qui ont jeté leur dévolu sur
elle, ouvre son gouvernement à gauche pour consolider
l’unité nationale (nomination de Bernard Kouchner au
poste stratégique des Affaires Étrangères).
Au Congo, Joseph Mobutu demanda : »Qui doit à qui entre
le peuple Zaïrois et moi ? ». Et comme il abhorrait
toute contradiction, il se répondit à lui-même :
« C’est le peuple qui me doit tout et non le
contraire ». Presque vingt ans après, Joseph Kabila
mime Joseph Mobutu jusqu’au ridicule : « Qui s’est
battu pour ce pays plus que moi ? », lance-t-il une
question rhétorique à un peuple qui connaît la
chanson.
On s’était demandé pourquoi les forces de l’ordre
s’étaient adonnées au carnage des adeptes de Bundu dia
Kongo sans que cela n’émeuve outre mesure le Président
congolais.
Pendant que le Congo attendait un message de
condoléances de la part du « Père de la Nation », on eut
plutôt droit à une démonstration d’un goût fort
discutable du Sieur Kalume, Général-Ministre de
l’Intérieur sur la non appartenance de la majorité des
morts à la province du Bas-Congo.
On s’était demandé pourquoi le Président était resté
muet après l’invasion de Kahemba par l’Armée Angolaise
et qu’encore une fois le Général-Ministre se donnait
en spectacle en donnant la partie occupée à l’Angola.
On n’avait pas compris que Kabila lance toute son
armée avec armes lourdes sur une centaine des éléments
de la garde de JP Bemba, éléments munis d’armes
légères et blanches.
Pendant que les obus kabiliens semaient mort et
désolation à Kinshasa, Nkunda, le rebelle pourtant
sous mandat d’arrêt international, conférait et
paradait avec la haute hiérarchie militaire des FARDC
et réussissait à faire mixer ses éléments avec ceux de
l’armée nationale.
Le peuple crut trouver une explication « Kabila a vendu
le pays ! »
Plutôt que de remédier à son insuffisante
communicabilité, Jo tranche : « Ce sont des stupidités
! » Et d’avertir qu’il ne tolérera plus qu’on se paye
sa tête : « Parce que le Kabila que vous avez
maintenant, n’est plus le même que celui d’avant les
élections ».
Les parrains occidentaux en perdent leur latin. Les
obus sont tombés sur leurs résidences et
représentations, les GSSP, garde de Kabila, sont
entrés dans leurs maisons et exigé de l’argent en leur
pointant des armes, d’autres ont eu la vie sauve grâce
au courage des gars de Bemba qui les ont extraits des
tirs kabiliens et balancés comme des colis quelconques
dans les chars de la Monuc.
Conscients des limites de l’édifice accouché par leur
arnaque électorale, ils conseillent à leur protégé la
modération et la négociation, non sans avoir pris le
soin de relevé la « disproportionnalité » de la force
utilisée pour défaire la garde de Bemba.
Réponse du berger à la bergère, de sa voix aigrelette
et métallique Kabila tranche que Bemba devra répondre
à la justice pour avoir voulu perpétrer un coup
d’état.
Eux qui aiment les apparences se retrouvent mis à nu.
Kabila est sur son nuage et ne les entend plus. Leur
demi-milliard de dollars américains vient d’accoucher
d’une dictature qui veut s’émanciper d’eux. Bemba
malgré ses 42 %, réalisés face à Kabila, doit se
taire. Il n’est surtout pas question qu’il remette ses
pieds au Congo. Sinon la justice qui peine à devenir
indépendante, lui fera bien boire la tasse, à la santé
de Junior.
Quant à la presse, on lui a tellement foutu les jetons
qu’elle chantera les louanges du Raïs pour un bon bout
de temps.
C’en est trop pour les mentors qui se décident
d’envoyer un message clair à leur protégé. « Il n’y
aura plus d’homme fort au Congo ». Comme Kabila ne veut
pas de Bemba, on va lui coller Léon Lobitch, dit Kengo
wa Ndondo, comme président du sénat, et puis on verra
venir.
Si Kabila ne sauve pas les apparences en laissant les
journalistes faire leur boulot, s’il ne refreine pas
les ardeurs de ses sbires à la gâchette si facile, si,
avec son éléphant de gouvernant il ne sort toujours
pas de son immobilisme, Léon pourra toujours servir.
Mais est-ce aussi simple de faire des dieux et de les
défaire à souhait ?
Source: Le Blog du Congolais
http://congomania.afrikblog.com
