Voici le compte rendu détaillé du procès Michel vs Mpuila fait par le Dr Mpuila. Nous publions les deux parties en une fois. C’est long mais édifiant. Bonne lecture!
A. Note préliminaire: Ce qu’il faut absolument savoir
1. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout avec Louis Michel
Quoiqu’il en coûte, nous sommes prêts à en payer le prix. Notre vie ne vaut pas plus que celle de Simon Kimbangu (plus de 27 ans en prison), celle de Patrice Emery Lumumba, celle de toutes les victimes et de tous les Martyrs de l’indépendance et de la démocratie. Habité par l’idéal patriotique et démocratique et relié aux générations passées, présentes et futures, nous avons signé ce pacte de fidélité et de sang avec notre Parti et avec l’ensemble de notre Peuple.
En cas de demi-mesures judiciaires contre Louis Michel, nous irons en Appel. Personne ne fera fléchir notre combat politique, juridique, humaniste et humanitaire contre lui. Il doit payer le prix de tous ses crimes contre notre Patrie et contre notre Peuple. Non seulement l’interdiction doit lui être formellement adressée de cesser de s’immiscer de façon intempestive et indue dans les affaires intérieures de notre Pays et dans tout le dossier politique congolais, mais il doit être contraint à démissionner et à payer le prix le plus lourd pour avoir induit toute la Communauté Internationale en erreur sur le dossier congolais et avoir plongé notre Pays dans la Catastrophe politique, économique, sociale et humanitaire actuelle.
Toutes ces victimes déjà mortes, ou en agonie et en sursis n’ont plus de vie humaine, ni de dignité humaine à sauvegarder, encore moins de vie privée, de respectabilité et d’honoralité à faire valoir. Louis Michel a recouru à l’Institution Judiciaire belge afin de nous faire museler pour qu’il continue à perpétrer en toute quiétude, en toute tranquillité et en toute impunité ses crimes contre notre Patrie et contre notre Peuple.
De grâce, que les avocats de Louis Michel dont nous avons admiré le talent à l’état pur et la bonne volonté n’osent plus nous demander, devant l’Institution Judiciaire belge, de respecter la soit-disante honorabilité, réputation et vie privée du Premier Bourreau de toutes ces victimes et du Responsable n°1 de tous ces crimes. Qu’ils cessent de cracher sur les tombes de nos Compatriotes victimes de la furie déchaînée de leur Client soit-disant Honorable et Respectable et de fouler aux pieds les cadavres de nos morts. Lui au moins, Louis Michel, a encore la vie privée, l’honorabilité et la réputation à faire respecter, à faire valoir, à sauvegarder. Mais les nôtres, les Sans-Voix, ont tout perdu, même leur vie. Plaise au Ciel que ces brillants avocats de Louis Michel fassent preuve de moins de racisme, de moins de mépris, d’un peu plus d’humanité, d’humanisme, de culture, de civilisation, de décence, de pudeur et de respect envers toutes les victimes humaines de l’action politique néfaste et maléfique de Louis Michel dans notre Pays depuis 1998 à ce jour.
Car, alors qu’il n’y a pas eu autant de victimes pendant toute la Guerre Mondiale, il y a eu le Procès de Nuremberg. Pour la première fois, le professeur américain d’origine polonaise R. Lemkin qui, inventa l’_expression de “génocide” pour introduire pour les groupes entiers d’humains ce qu’est l’homicide pour un individu isolé: le refus du droit à l’existence. Ce crime a été défini comme tel au lendemain de la 2ème Guerre Mondiale au cours de laquelle, il est vrai, il a été perpétré par les tenants de “L’Etat gangster” nazi, avec une ampleur qui n’avait pas encore été jusque-là égalée. L’extermination systématique des Juifs, des Tziganes et d’autres “races” considérées comme inférieures, que leurs membres aient été ou non ressortissants du IIIème Reich, a contraint l’humanité à ne plus abandonner à la compétence exclusive de l’Etat le traitement des êtres humains qui se trouvent en son pouvoir. Dans la trilogie sur laquelle reposait le statut du 8 août 1945 créant le Tribunal militaire international de Nuremberg appelé à juger les plus grands criminels nazis: crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ces derniers marquaient le plus clairement le progrès du droit pénal international. Le génocide, s’il n’est pas le seul, reste le plus grave des crimes contre l’humanité.
Et la Communauté Internationale avait fait preuve d’un très haut degré de l’évolution de la conscience humaine pour produire:
– La “Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide” adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Générale des nations Unies le 9 décembre 1948;
– “La Déclaration universelle des droits de l’homme” adoptée aussi à l’unanimité par l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 10 décembre 1948;
– Les Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques, culturels, économiques, sociaux adoptés eux-aussi par l’Assemblée Générale des Nations-Unies en 976.
Il est absolument inacceptable qu’un citoyen belge soit investi d’un droit et d’un pouvoir – je me demande par quel Dieu ou par quelle puissance terrestre – de faire et de défaire des rois, des chefs d’Etat et des fortunes en RDCongo; d’y provoquer des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des tortures, des massacres, des violences sexuelles, des viols, des traitements cruels, inhumains et dégradants contre les citoyens congolais chaque fois qu’il tousse à partir de son Bureau Ovale de Bruxelles, ou change la mimique de son visage, ou au rythme de ses émotions, de ses sentiments et de ses impulsions.
Il est inconcevable et inadmissible que les citoyens congolais soient massacrés chaque fois que Louis Michel parle. Ou que lors de ses voyages en RDCongo – il en effectue par centaines et milliers – il se permette de passer à la télévision nationale congolaise pour gronder notre Peuple et nos journalistes et donner des instructions à ses pions placés au pouvoir à Kinshasa… Et quand il prend son avion pour rentrer à Bruxelles, l’exécution de ses instructions par ses pions à travers notre Pays provoque une véritable hécatombe et un désastre pour notre Peuple: les chars des combat écrasent les manifestants pacifiques; les milices tirent à bout sur les paisibles citoyens….
Le processus démocratique est à l’arrêt. La crise politique s’est aggravée. Notre Pays est totalement détruit. Il ya eu plus de 5 millions de morts pendant la guerre. Il y a chaque mois plus de 38 mille morts victimes de “la crise humanitaire la plus grave de ces 60 dernières années depuis la 2ème Guerre Mondiale” (l’_expression ne vient pas de l’UDPS, mais des Organisations humanitaires internationales crédibles et respectables). Dans son propre domaine de responsabilité et de prérogatives, c’est-à-dire le domaine des projets de développement et l’humanitaire, il s’est montré totalement incompétent. C’est lorsque les Organisations internationales humanitaires et de défense des droits de l’homme ont dénoncé la Catastrophe humanitaire qui sévit au Congo que Louis Michel a consécutivement annoncé avec fracas son Plan d’Action humanitaire en faveur du Peuple Congolais. Il n’a pas su convaincre et ébranler la conscience de la Communauté Internationale. Il n’a récolté jusqu’à ce jour que 1/3 des fonds.
Voici, en annexe, quelques données de ce qui se passe, en RDCongo, dans le domaine qui est attribué à Louis Michel au sein de la Commision Européenne.
2. Louis Michel est un acteur politique congolais
2.1. Il prend position sur tout ce qui se passe au Congo et veut même le régenter, l’orienter selon ses vues, ses sentiments et ses émotions. Et s’il ne veut pas que les autres responsables politiques congolais ne réagissent par rapport à ses positions et au destin de leur peuple et qu’il recoure à l’Institution Judiciaire belge afin de faire museler ses autres responsables politiques congolais, qu’on nous donne alors une autre définition de l’esclavagisme.
2.2. Louis Michel s’est placé sur la première ligne des forces politiques congolaises qui s’opposent à une paix durable, à la stabilité politique, à l’avènement d’un Etat de droit souverain, indépendant, démocratique, pluraliste, moderne et prospère en RDCongo.
2.3. Il attaque, dans ses déclarations et interviews (presse écrite et audio-visuelle) l’UDPS et les leaders politiques congolais qui incarnent la confiance et les aspirations profondes et légitimes de notre Peuple. C’est le cas notamment de M. E. Tshisekedi, le Grand Homme d’Etat Congolais et Africain, le Symbole de notre Combat pour la liberté, le Monument de la reconquête de notre dignité humaine, de la réhabilitation de notre fierté nationale et de la Conscience Patriotique et Démocratique de notre Peuple. Notons que M. E. Tshisekedi est Président National d’un parti politique (UDPS); il est plus âgé que lui, il a fait plus d’études que lui, il a plus d’expérience en politique par rapport à lui. M. E. Tshisekedi l’a toujours respecté, n’a jamais parlé de lui dans la presse écrite ni audio-visuelle et il l’a toujours reçu chaque fois qu’il en a exprimé le souhait et le désir ici en Belgique et au Congo.
2.4. Louis Michel s’exhibe à la télévision congolaise et menace notre Peuple et nos journalistes. Il se vante d’avoir organisé, à l’Université de Liège, la rédaction de l’actuelle constitution scélérate de la RDCongo. Pour lui, notre Peuple n’a pas le droit de lire ladite constitution et de l’examiner avant de l’adopter ou non au référendum constitutionnel. Sa lecture et sa seule appréciation, en tant qu’ancien ministre des réformes institutionnelles en Belgique, sont nécessaires et suffisantes en lieu et place de notre Peuple. Toutes ces déclarations viennent de lui à la télévision congolaise.
3. Il est un décideur international
Il occupe une fonction au sein d’une Institutiton Internationale importante et a instrumentalisé cette Institution et manipulé certains décideurs internationaux pour induire toute la Communauté Internationale en erreur sur le dossier congolais.
Ceux qui, comme nous au début avaient naïvement cru dans des objectifs désintéressés, philanthropiques et humanitaires hautement déclarés par Louis Michel ont dû déchanter. Tout le monde s’est finalement rendu compte du fait que Louis Michel a suscité l’intérêt de la Communauté Internationale envers la RDCongo, non pour le bien des peuples congolais et belge, non pour la défense de la dignité humaine de notre Peuple et la réalisation des aspirations profondes et légitimes de notre Peuple grâce notamment au soutien et à l’accompagnement de la Communauté Internationale, mais qu’il a suscité l’intérêt de la Communauté Internationale plutôt vers son Gâteau, vers son Butin-Congo. Il a voulu se servir de l’appui, de l’étoffe, de l’étiquette, de la couverture et du masque de la Communauté Internationale Internationale pour imposer le “système michelin” (calqué sur le système léopoldien) en RDCongo pour faire de la RDCongo sa Propriété privée et assouvir ses intérêts individuels et égoïstes.
4. Le désaveu de Louis Michel est aujourd’hui flagrant et généralisé
Ce désaveu par les Congolais transparaît notamment à travers la presse congolaise et sur les calicots des Congolais lors des manifestations politiques organisées contre le système d’asservissement et de prédation ainsi que contre ses pions placés au pouvoir à Kinshasa.
Au niveau international, les Eurodéputés commencent à exiger sa démission et lui demandent des explications sur ses prises de position partisanes dans les élections congolaises. Certains Eurodéputés lui ont fait comprendre que les observateurs de l’Union Européenne partis surveiller la mascarade électorale organisée en RDCongo sous son investigation le 30 juillet dernier n’étaient pas bien vus par les populations autochtones à cause de ses prises de position en faveur de “Joseph Kabila”, un sujet rwando-tanzanien qu’il avait osé qualifier publiquement d’”ESPOIR” à la télévision belge le 18 juin 2006, c’est-à-dire peu avant l’organisation de ladite mascarade électorale en RDCongo pour influencer l’opinion nationale et internationale.
5. Louis Michel est le Premier Responsable de la Catastrophe politique, sociale, économique, écologique et humanitaire qui sévit en RDCongo depuis 1998 à ce jour.
A. Louis Michel a menti à ses avocats: il reçoit tous nos e-mails car il est sur la liste de nos destinataires
Les avocats de Louis Michel ont soutenu devant le Tribunal que Louis Michel n’a reçu que trois e-mails (les e-mails se trouvant dans La Citation et datant de juin 2006) qui lui auraient d’ailleurs été amenés par d’autres personnes selon ses avocats. Louis Michel a menti à ses avocats et n’est pas un homme en qui personne ne peut faire confiance. Même ses propres avocats ne peuvent croire en ce qu’il leur raconte. Il reçoit tous nos e-mails. Il m’a déjà notamment téléphoné le 17 juillet 2005 et m’a parlé pendant 30 minutes de mes e-mails que je venais de publier (juillet 2005) et dans lesquels lui-même et son parti politique (le MR: le MR ne l’a jamais désavoué pour ses crimes contre notre Patrie et contre notre Peuple) étaient cités et impliqués. Il a ensuite arrangé, sur base de ces e-mails et pour s’expliquer, un rendez-vous avec moi. J’ai accepté le rendez-vous, à condition qu’avec avec une délégation de Congolais et non avec moi seul. Louis Michel a accepté ma condition.
Le 20 juillet 2005, sa Secrétaire, Madame Valérie – que j’ai découverte à cette occasion – , m’a personnellement téléphoné sur mon GSM (0032-485/270.866) pour me donner le jour et l’heure du rendez-vous. Comme j’étais au volant, c’est l’ingénieur Raphaël Kashala, Conseiller au Bureau de Représentation et qui était à mes côtés, qui a répondu au téléphone. Madame Valérie nous a donné à cette occasion le n° de son propre GSM (0032-498-99-55-08). Vous pouvez donc vérifier l’information. La rencopntre entre Louis Michel et la délégation des Congolais (10 personnes) a eu lieu le 21 juillet 2005 au Bâtiment de la Commission Européenne, 6ème niveau, Rue de la Loi n° 200, à Bruxelles. Louis Michel était entouré de deux de ses collaborateurs. Un rapport sur cette rencontre a été rédigé et publiée par M. Cheik Fita (Cfr Annexe).
B. Louis Michel est à la base de la Catastrophe politique, sociale, économique et humanitaire dans laquelle se trouve notre Pays aujourd’hui
B.1. Sous le règne de Laurent-Désiré Kabila (17 mai 1997-16 janvier 2001)
Au lieu d’exercer des pressions sur M. L.D. Kabila ( isolement du régime, restriction des visas pour les collaborateurs du tyran…), pour que ce dernier organise le Dialogue Intercongolais réclamé dès le 17 mai 1997 par l’ensemble de la société congolaise, M. Louis Michel a plutôt multiplié des fréquentations de complaisance auprès de M. L. D. Kabila à Kinshasa et organisé des réceptions pompeuses pour les collaborateurs du tyran à Bruxelles. Ce qui réhaussa ce dernier au même niveau que les forces démocratiques, le rendit fréquentable et l’entêta dans la poursuite de sa logique dictatoriale jusqu’à l’éclatement de la guerre le 2 août 1998.
Notons que pendant ce même temps, Louis Michel était sur la première ligne du combat mené par la Communauté Internationale contre le dictateur Pinochet et exhortait toute la Communauté Internationale à soutenir les forces démocratiques chiliennes, Louis Michel a, paradoxalement dans le cas de la RDCongo, affiché un profond mépris envers les forces démocratiques congolaises et rendu fréquentable le régime tyrannique de l’AFDL/CCP/PPRD.
Encouragé par Louis Michel, ce régime a détourné plus de 5 milliards de $US en 5 ans (Cfr Rapport Kassem de l’ONU); bloqué le processus démocratique; a même ramené ledit processus en arrière; réprimé les forces démocratiques; accumulé tous les ingrédients d’un mélange détonant qui a finalement explosé en 1998: ce fut le début d’un conflit militaire international.
Ce conflit a conduit à la destruction du reste des infrastructures routières, hospitalières, scolaires, ferroviaires…, la destruction écologique, le pillage accéléré et inconsidéré des richesses naturelles de notre Pays, les crimes contre la paix, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide social, les horreurs, les atrocités, les mutilations, les violences sexuelles, les viols, les massacres à large échelle, les déplacements forcés des personnes civiles innocentes parmi lesquelles se trouvaient les enfants, les femmes et les vieillards, plus de 5 millions de morts victimes de la guerre.
Louis Michel a été le premier à annoncer, à plus de huit mille kilomètres, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila alors Chef d’Etat Congolais au moment même où cet assassinat était en train de se perpétrer alors que les collaborateurs les plus proches de ce dernier ne savaient encore rien. Une haute suspicion pèse sur Louis Michel dans cet assassinat. Les différents mouvements politiques congolais, comme le M17 (Mouvement des Anciens Compagnons de Laurent-Désiré Kabila) exigent que Louis Michel comparaisse ne fût-ce que comme témoin dans le Procès sur l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila.
B.2. Louis Michel est soupçonné dans l’imposition manu militari, au Peuple Congolais, de “Joseph Kabila” à la tête de notre Pays pour remplacer en janvier 2001 Laurent-Désiré Kabila à la tête de notre Pays, selon une procédure qui ne relevait d’aucune légalité ni légitimité.
1.2. Sous le règne d’Hypolite Kanambe, alias “Joseph Kabila”
Dès que les troupes zimbabwéennes et angolaises placèrent M. “Joseph Kabila” au pouvoir en janvier 2001, M. Louis Michel découvrit en ce dernier un pion idéal pour la réalisation de ses intérêts personnels au Congo. Il se mit à saboter le processus qui allait conduire au Dialogue Intercongolais et se lança dans la campagne de légitimation du pouvoir militaire et dictatorial de ce dernier, contre l’aspiration profonde du Peuple Congolais à la démocratie et contre les forces démocratiques qu’il (M. Louis Michel) tentait d’exclure de la légitimation, de l’organisation et de l’exercice du pouvoir politique.
1.2.1. Campagnes successives de légitimation du pouvoir de “Joseph Kabila” en bloquant la tenue du Dialogue Intercongolais (DIC)
M. Louis Michel chercha des appuis politiques, diplomatiques et financiers pour le jeune dictateur et réussit à briser l’isolement du régime de Kinshasa. Il (M. Louis Michel) procéda à la formation du gouvernement Kabila; s’adonna aux déclarations émotionnelles d’amour et d’admiration envers ses „technocrates et réformistes » (sic) et se proposa même de démarrer la coopération structurelle avec ledit gouvernement alors que le reste de la Classe politique belge, l’Union Européenne et la Communauté Internationale conditionnaient toute reprise de la coopération structurelle à la tenue du DIC et à l’application effective de ses Résolutions. Mais, sur le plan officiel, M. Louis Michel et son pion de Kinshasa continuaient à tenir un discours ambigü et contradictoire, soutenant à la fois la tenue du DIC et le pouvoir de Kinshasa. Bien que ce discours ne se traduisît pas en actes concrets en faveur du DIC, il séduisit néanmoins certains partenaires étrangers, comme si un discours charmant suffisait pour être capable de diriger démocratiquement le Congo et résoudre la crise grave et multiforme qui y sévit.
Pour annihiler complètement tout espoir d’organiser le DIC, ou de le vider de toute sa substance au cas où il s’organisait, M. Louis Michel initia le projet de faire participer les deux autres belligérants (RCD et MLC) à la légitimation du pouvoir de “Joseph Kabila”. C’est la stratégie du partage du pouvoir entre les trois belligérants, mais avec “Joseph Kabila” reconnu par les deux autres belligérants (RCD et MLC) comme Président de la République (¨Primus inter pares). Et c’est la prime à la guerre.
Devant la résistance du RCD et du MLC, M. Louis Michel recourut à l’Ambassadeur de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU, M. Levitte, et à certains Africains qu’il réussit à manipuler. C’est le cas d’Ibrahim Fall, alors Secrétaire Général-Adjoint de l’ONU. Ce dernier fut mis à l’avant-plan et présida à la réunion d’Abudja (décembre 2001) et de Génève (février 2002). M. Louis Michel a ainsi voulu accroître la pression sur les deux bélligérants (RCD et MLC) pour qu’ils acceptent l’offre du partage du pouvoir à trois tout en légitimant le pouvoir de “Joseph Kabila” comme Chef de l’Etat.
Le MLC qui, jusque-là comme le RCD, tenait à l’organisation du DIC et au respect des textes dans un cadre consensuel global du DIC tracà par l’Accord de Lusaka pour diriger le pays, mordit à l’hameçon tendue par Louis Michel à la rencontre de Génève.
La fermeté et l’intransigeance du RCD et des forces démocratiques comme l’UDPS, ainsi que de la communauté internationale (excepté la France et la Belgique) pour le respect de l’Accord de Lusaka, firent échouer le projet de Louis Michel et rendirent inévitable la tenue du DIC.
1.2.2. Campagne de légitimation du pouvoir de l’imposteur rwando-tanzanien et jeune dictateur à l’intérieur du DIC
Pour faire légitimer son pion “Joseph Kabila” à l’intérieur du DIC, M. Louis Michel ourdit un nouveau complot en quatre phases:
a. Grand’Messe Noire: La Rencontre de Bruxelles (janvier 2002): Instrumentalisation et Manipulation d’une partie de la Classe politique et de la Société civile Congolaises
La tenue du DIC étant devenue inévitable, M. Louis Michel convoqua à Bruxelles une partie de l’Elite congolaise (Classe politique et Société civile) et réussit à instrumentaliser et à manipuler ses invités pour que le problème de poste de “Joseph Kabila” ne soit pas posé au DIC. Il les fit signer un document dans lequel le mode de désignation du Premier Ministre et du Président de l’Assemblée au DIC était indiqué (par consensus) mais sans désigner le mode de désignation du Président de la République.
b.L’arrangement privé entre deux belligérants: Kabila-Bemba
Initié dépuis Génève, cet arrangement fut parachevé lors du voyage de Bemba à Paris et à Bruxelles en février 2002. Dans cet arrangement, Bemba reconnaît Joseph Kabila comme Président de la République de la Transition. Et ils l’amenèrent dans leurs valises à Sun City. Mais comment imposer cet arrangement privé à toutes les Composantes au DIC? M. Louis Michel inventa la stratégie de l’ « inclusivité » et secoua ciel et terre pour se faire nommer le Co-facilitateur du DIC.
c.La campagne de l’ « inclusivité » ou du clientélisme
Alors que l’UDPS et la vraie Opposition démocratique avaient proposé un nombre restreint des délégués (pas plus de 60) au DIC mais hautement représentatif de l’ensemble de la Société congolaise, le gouvernement-Kabila, sur inspiration de son Maître à penser Louis Michel, posa comme condition de sa participation au DIC le respect du principe de l’”inclusivité”. Le but visé n’était pas l’inclusivité dans le sens positif et noble signifiant l’absence d’exclusion, encore mieux la véritable représentativité, mais plutôt le vilain cliéntélisme. Le gouvernement fit gonfler le nombre des délégués au DIC et y fit agréer des individus qui ne représentaient qu’eux-mêmes et les intérêts de l’imposteur rwando-tanzanien “Joseph Kabila”, à savoir plusieurs partis politiques alimentaires et fictifs et certains opportunistes de la Société civile acquis à sa cause. Ils signeront l’arrangement privé et informel Kabila-Bemba comme un acte de reconnaissance envers “Joseph Kabila” grâce à qui ils ont pu participer au DIC.
d. Démarches de M. Louis Michel pour devenir Co-facilitateur au DIC:
Pour superviser lui-même l’exécution de ses cabales à Sun City, M. Louis Michel entreprit contre vents et marées une vaste campagne pour déstabiliser M. Ketumile Masire, le Facilitateur en exercice, afin de se faire nommer co-facilitateur du DIC. Ses injonctions extravagantes, intempestives, indues et scandaleuses politiques furent dénoncées même par M. Ketumile Masire lui-même ( Cfr son interview dans la Libre Belgique du 25 février 2002). Louis Michel ne réussit pas à se faire nommer Co-facilitateur.
M. Louis Michel changea alors de stratégie et responsabilisa ses hommes de main, présents en permanence à Sun City. Il les téléguida à partir de son Bureau Ovale de Bruxelles et conféra avec eux lors de ses voyages en catimini en Afrique du Sud pendant la tenue du DIC.
1.2.3. La réalisation du plan Louis Michel à Sun City:
Les stratégies suivantes furent utilisées:
a. L’absence continue de “Joseph Kabila” et de JP Bemba de Sun City. Le premier n’a été présent qu’à la cérémonie de l’ouverture du DIC et s’éclipsa directement après pour ne jamais revenir à Sun City. Le deuxième n’est venu que pour prononcer la Déclaration de politique générale de son Mouvement et repartit aussi directement après.
b.L’absence de volonté politique. Alors que l’Accord de Lusaka, Document Fondateur du DIC, n’imposait aux Délégués aucune institution et aucun dirigeant et accordait à tous les Délégués le statut identique, la délégation du gouvernement de “Joseph Kabila” conditionna le début, le déroulement et le succès de tous les travaux du DIC au slogan suivant lui dicté par Louis Michel: ”Kabila ou rien”. Ou bien tous les délégués s’y pliaient, ou bien toute la baraque du DIC devait casser. Inéluctablement. Et comme les résolutions du DIC devaient se prendre par consensus global entre toutes les Composantes (Cfr Accord de Lusaka et Réglement d’Ordre Intérieur du DIC), toutes les autres Composantes et tous les autres Délégués durent se plier à cet ultimatum implacable lancé dès le premier jour.
Ensuite, la Délégation-Kabila ne montra, pendant les 52 jours des négociations, aucune volonté politique de s’engager dans la dynamique collective vers la solution globale, pacifique et définitive de la crise. Elle n’avait préparé aucun dossier, et son apport aux travaux a été inexistant. Ceci a été flagrant dans toutes les Commissions. Visiblement, aucun dossier n’était préparé. Ladite délégation n’avait qu’une seule obsession:
« Joseph Kabila doit rester comme Président de la République; il existe en place un gouvernement, une armée et autres institutions de l’Etat. Toutes les autres Composantes n’ont qu’à s’y greffer » (sic).
Tel était le refrain qui leur avait été dicté par M. Louis Michel et qu’ils répétait machinalement et servilement tels des hommes ivres et somnolents. Ce qui était déjà une violation manifeste de l’esprit et de la lettre de l’Accord de Lusaka et du Réglement d’Ordre Intérieur du DIC qui n’avaient exclu a priori aucune matière de la négociation et qui avaient fixé le consensus comme mode de décision.
Les points fondamentaux du conflit exclus a priori des négociations.
Il est à noter que justement les matières exclues d’avance du débat par le gouvernement Kabila constituaient la substance même du conflit en RDC et donc devraient inéluctablement faire l’objet des négociations pour une solution durable et définitive de la crise.
Les blocages successifs des travaux.
La délégation-Kabila a systématiquement bloqué tout débat sur le Nouvel Ordre Politique, les Institutions et les Dirigeants de la Transition ainsi que sur la formation d’une Armée républicaine, nationale et apolitique. En plus des blocages dans les travaux, notamment dans la Commission Défense et Sécurité et dans la Commission Politique et Juridique, plusieurs alibis ont été utilisés par ladite Délégation pour suspendre sa participation au DIC. A titre d’exemple: le cas de la liste de 20, de Moliro…
Le but visé était d’empêcher que les objectifs du DIC ne soient atteints à l’échéance fixée de 45 jours et qu’il y ait ainsi l’impasse et non un Accord politique consensuel, inclusif et global.
Le blocage de l’Accord politique consensuel, inclusif et global presque trouvé à partir du Plan Mbeki II.
Devant les blocages successifs et l’échec qui planait sur le DIC, le Président Sud-Africain Thabo Mbeki s’impliqua lui-même dans le DIC et proposa deux plans aux délégués. La synthèse des amendements apportés par les Composantes au Plan Mbeki II donna lieu aux convergences sur des questions fondamentales telles que les principes, les valeurs, les objectifs, les institutions, la durée et les animateurs de la Transition. L’Accord politique consensuel, inclusif et global ainsi trouvé attendait sa ratification au cours de la dernière Plénière.
Il était notamment convenu, dans ces convergences, que “Joseph Kabila” reste à son poste; que les deux autres belligérants (RCD et MLC) occupent les deux Vice-présidences de la République; que la Direction du gouvernement soit confiée à l’Opposition non- armée et la Présidence du Parlement et des Institutions citoyennes à la Société Civile.
Pour bloquer la ratification de ces convergences qui seraient devenues après coup l’Accord consensuel et global tant attendu, le couple Kabila- Bemba exhuma alors leur arrangement frauduleux, pirate, privé et informel de leurs valises et obtinrent les signatures de nombreux délégués par des procédues malsaines ci-après: corruption avec 1000-2000 $ US par signataire, menaces de représailles au retour au pays, exigence d’un acte de reconnaissance de leurs clients, mensonges, désinformation, promesses des postes ministériels….
L’arrangement Kabila-Bemba a été signé dans une chambre à coucher de l’Hotel Cascades, la nuit, en dehors des Organes officiels de travail du DIC (Commissions, Plénières, Faciliation) et en violation flagrante des textes directeurs du DIC, à savoir l’Accord de Lusaka, la Déclaration des principes fondamentaux des négociations politiques intercongolaises, le Pacte Républicain, le Réglement d‘0rdre Intérieur du DIC et le Plan Mbeki II.
Cet arrangement a été dénoncé et désavoué au cours de la séance de la dernière Plénière (19 avril 2002) par les structures et organes officiels du DIC, à savoir le Bureau de la Facilitation, la Plénière et le Président du pays hôte (le Président Sud-Africain Thabo Mbeki). Ensuite, après avoir qualifié ledit arrangement pirate d’un coup de force contre le DIC (sic), le Facilitateur Masire, en vertu des prérogatives lui attribuées par l’Accord de Lusaka et le Réglement d’Ordre Intérieur du DIC, et en présence du Président Thabo Mbeki qui participait à ladite Plénière, communiqua à l’Assemblée la décision officielle du Bureau de Facilitation d’ajourner le DIC sous sa forme de 361 délégués et de le poursuivre sous un format réduit de 5 délégués par Composante. Cette décision a été non seulement adoptée par la Plénière, mais aussi appuyée séance tenante par le Président Thabo Mbeki.
Suite à ce désavoeu officiel et public, MM. Jean Mbuyu et Olivier Kamitatu, porte-parole respectivement du gouvernement Kabila et du MLC, reconnurent publiquement, au cours de la même Plénière, que leur arrangement était privé et informel et qu’il était même inutile d’en discuter à la Plénière du DIC. Ensuite, ils s’engagèrent officiellement à poursuivre les travaux du DIC sous un format réduit conformément à la décision ci-haut mentionnée du Bureau de Facilitation.
1.2.4. La campagne de légitimation de l’arrangement Kabila-Bemba par M. Louis Michel
Reconnaissance prématurée de l’arrangement fraduleux et pirate et campagnes
mensongères.
Avant même que ses pions aient annoncé la conclusion de l’arrangement à Sun City, M. Louis Michel avait curieusement déjà publié un communiqué soutenant ledit arrangement, fait des éloges sur “Joseph Kabila” et invité les non-signataires de l’arrangement à s’y plier. Le communiqué fut très largement diffusé à Sun City par son Ambassadeur. Ensuite M. Louis Michel se lança dans une campagne mensongère auprès des Congolais et de la Communauté Internationale pour les amener à soutenir ledit arrangement. Abusant de ses fonctions et des puissants moyens de communication à sa disposition, il réussit ainsi à induire le Peuple Congolais et toute la Communauté Internationale en erreur et amena l’Union Européenne à signer dans la précipitation un comuniqué soutenant ledit arrangement pirate.
En lieu et place du Ministre des Transports qui devrait inaugurer le premier vol vers Kinshasa de la Compagnie aérienne SN Brussel Airlines, M. Louis Michel se jeta dans l’avion pour aller féliciter de vive voix
