PROCES D’UNE AVOCATE:MARIE- THERESE LANDU
Procès d’une avocate accusée d’incitation d’un mouvemen 1568

Me Marie-Thérèse Nlandu : « Je ne suis pas barbare, ma lutte est non armée ».
C’est à un véritable combat de fauves que l’assistance a été conviée hier à l’audience ouverte par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe. L’auditeur de garnison Nkulu Katenda et Me Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Nene se sont livrées une bataille sans merci. Le premier tenait à convaincre le tribunal militaire de l’implication de cette prévenue dans la détention illégale d’armes de guerre et l’incitation d’un mouvement insurrectionnel ayant abouti à l’incendie de la Cour suprême de justice. Mais la femme avocate a rétorqué qu’elle n’était pas barbare ; sa lutte est non armée. Pour elle, il n’y avait dans le chef de l’accusateur que l’intention de nuire.

Hier mercredi 31 janvier, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a entendu au moins quatre prévenus dans le procès qui oppose le ministère public à Me Marie-Thérèse Nlandu Mpolo Nene, femme politique et avocate du vice-président Jean-Pierre Bemba au moment du contentieux électoral.
Première à avoir pris la parole au cours de cette audience, Me Marie-Thérèse Nlandu a d’abord donné sa version sur les griefs qui lui sont reprochés pour les journées des 20 et 21 novembre 2006. Et elle a conclu en ces termes : « Je récuse la rébellion. Il y a quelqu’un qui veut me tuer politiquement et même physiquement. Je ne suis pas barbare, je suis cultivée. Je suis issue de l’historique famille Nzeza Nlandu qui a toujours mené une lutte non armée. Ma lutte est donc non armée ».
Racontant la journée du 21 novembre 2006 ; Me Marie-Thérèse Nlandu a dit au tribunal que, déjà la veille, elle avait contacté le colonel Raus au téléphone sur la disparition de ses hommes. Et celui-ci lui avait promis qu’il verrait cela le lendemain.
Ce 21 novembre-là, les balles crépitaient dehors quand elle se trouvait dans la salle d’audience de la Cour suprême de justice. C’est dans ces conditions d’angoisse qu’elle a eu à accorder l’interview aux journalistes. Une interview qui est passée sur les antennes le soir. C’est-à-dire quand la Cour suprême était déjà incendiée. « Où aurais-je donc tenu le meeting qui aurait incité les gens à incendier la Cour suprême ? », a demandé l’avocate prévenue.
Toujours pour sa défense, Me Nlandu Mpolo a fait comprendre au tribunal que tout le monde était paniqué en ce moment-là dans la salle : les membres de la presse nationale comme ceux de la presse internationale, les magistrats aussi bien que les avocats; sans oublier les Ong de défense des droits de l’homme. Voulant avoir des précisions, le président Mbokolo Ewawa a voulu connaître l’essentiel de l’entretien que la prévenue Nlandu Mpolo avait eu avec l’inconnu qui s’était fait passer pour le vice-président Jean-Pierre Bemba.
Selon Me Nlandu Mpolo, c’est le messager – le pasteur José – qui était venu lui dire que le vice-président Bemba recommande à la population d’être calme, afin que l’audience puisse se dérouler dans la sérénité. Par après, le même pasteur lui dira qu’il lui passait le vice-président. Et, elle a mordu à l’hameçon. C’est ainsi que ce pasteur l’emmènera dans le guet-apens tendu à l’Eglise Saint Luc de Ma Campagne.
Mais pour sa part, l’organe de la loi a révélé que c’est grâce à l’interception d’un message Sms envoyé au vice-président Jean-Pierre Bemba par le pasteur José que les services spéciaux ont été mis au parfum de ce qui se tramait. Selon l’organe de la loi, le pasteur José disait dans son message qu’il était en train de recruter des ex-Faz. Ceux-là mêmes qui avaient participé à l’opération « Pentecôte ». Rétorquant à cette accusation, Me Marie-Thérèse Nlandu a fait voir au tribunal qu’étant un ancien chef rebelle, le vice-président Jean-Pierre Bemba pouvait bien recourir à des anciens soldats sans passer par elle. C’était insensé d’affirmer que le vice-président Bemba puisse la charger elle, Marie-Thérèse Nlandu, du recrutement des militaires ex-Faz. Dans sa réplique, l’auditeur de garnison Nkulu Katenda a dit ceci : « J’ai pensé qu’elle allait donner la quintessence de son message du 21 novembre. Nous n’avons aucune intention de nuire à Mme Nlandu. Elle a un problème avec la loi. Nous avons soutenu que Me Nlandu a procédé à un recrutement de soldats ex-Faz qui n’ont pas voulu réintégrer l’armée. Ce sont ces ex-Faz qui font partie de la garde de Me Nlandu ».
Au cours de cette audience, le tribunal a entendu les prévenus Edjanga Fataki, militaire commis à la garde du vice-président Jean-Pierre Bemba, arrêté le 21 novembre 2006 après l’incendie de la Cour suprême de justice lorsqu’il voulait regagner son poste en venant de Canal Kin ; ainsi qu’in receveur de taxi-bus du nom de Basisa, appréhendé aux alentours de la Cour suprême après l’incendie. Tous les deux sont versés dans le dossier de Me Marie-Thérèse Nlandu. Bien que ne faisant pas partie de son équipe.

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