Demain c’est le jour où la justice se penchera sur l’affaire MICHEL LOUIS – TSHIPAMBA FRANCOIS. Deux jours avant ce grand procès qualifié par certains de procès du siècle (en considérant que nous ne sommes qu’à la sixième année du nouveau siècle, c’est un peu prematuré), nous pouvons dire que cette interpellation du commissaire européen par son parlement n’est que le debut de la descente aux enfers d’un homme qui s’était donné le droit divin de disposer de l’avenir de toute une nation.
L’orage grondait depuis ce fameux soir du 20 août 2006, Une soirée électorale qui était attendu par tous comme le jour J des « «premières élections démocratiques du Congo depuis 40 ans ». Le champagne était déjà au frais, la musique et les casseroles aussi. Mais voilà qu’au lieu d’entendre la voix de fluet de notre cher abbé, c’est l’écho du grondement des armes lourdes que nous allions entendre. Grondement qui assourdiront le son tremblotant de la voix de l’abbé Malu Malu qui annoçait le deuxième tour à l’élection présidentiel.
Que se passe-t-il ? Que s’est-il passé ? Cauchemar ou réalité ? L’EUFOR est incapable de donner une explication cohérente ? La MONUC encore moins, les FARDC, son chef d’état major n’est au courant de rien. En fait tous savent, mais n’osent pas y croire. Joseph Kabila a lancé une attaque sur la CEI d’abord et ensuite sur le siège du MLC. Il y a échange de tirs entre sa garde personnelle et celle du vice-président chargé de l’Ecofin. Mais personne ne veut y croire tellement cela n’a pas été prévue dans les scénarios des experts tant nationaux, qu’internationaux.
Cette nuit là sera la plus longue pour le commissaire européen chargé de la coopération le plus célèbre de toute l’histoire de la construction européenne. Si cela avait été possible il aurait sauté dans l’avion, comme au bon vieux temps, pour aller réconforter, rassurer et protéger son poulain contre … lui-même. Mais voilà, le Congo a été renvoyé au second plan par les prouesses d’Ehoud Olmert (premier ministre israélien). Et personne ne comprendrait que le commissaire européen s’envola à Kinshasa alors que le Liban est au ¾ détruit et appelle le monde au secours. Pire le lendemain le vol de la SNBrussels est annulé, Joseph a attenté à la vie de 14 ambassadeurs du CIAT, dont celui de Belgique, de France, des USA… Retenu en otage pendant 5 heures avec le vice-président Bemba dans sa cave, alors que ça tirait de partout a l’artillerie lourde.
A cet instant là, notre commissaire européen à compris que pour lui l’heure du baratin politique est passé, l’heure de l’arrogance vis à vis de l’opposition non armée s’est écoulée, c’était à son tour de se mordre les doigts d’avoir appuyer si ouvertement un processus dont tout le monde disait tant de mal. L’heure était arrivée où il devait assumer son choix de privilégier les faucons au détriment des colombes pour diriger le Congo de demain.
Une semaine après ces événements, les parlementaires européens ont interpellé le commissaire concernant les évenemnts du Congo et son inertie face au drame du Liban. Nous vous livrons ici un compte rendu des questions qui lui ont été posé. Ses réponses tout le monde les a entendus sur TV5 Afrique. Monsieur nie tout en bloc. Mais cela ne devrait pas nous surprendre de sa part. S’il avait assumé, alors on aurait été surpris…
La commission du développement du PE a débattu lundi 28 août avec le commissaire au développement Louis Michel de l’efficacité de la récente mission européenne d’observation des élections au Congo et de la réponse de l’UE à la crise humanitaire au Liban.
Quelques députés ont attaqué Louis Michel pour ses apparitions partiales dans les élections congolaises, tandis que d’autres ont accusé la Commission de n’avoir pas agi suffisamment rapidement dans la crise israélo-libanaise.
Congo: une mission complexe
Jürgen Schröder (PPE-DE, DE), qui a conduit la mission d’observation du PE au Congo et Philippe Morillon (ADLE, FR), Chef de la mission d’observation à long-terme de l’UE, ont jugé que les élections au Congo avaient été un grand succès. Ils ont estimé que l’EUFOR (la mission militaire de l’UE dans ce pays) avait largement contribué à maintenir l’ordre durant les élections et à apaiser le conflit intervenu la semaine dernière dans la capitale.
Néanmoins, certains des députés ayant pris part à l’observation des élections ont accusé le commissaire d’avoir rendu leur mission plus difficile en prenant partie dans la bataille électorale. Margrete Auken (Verts/ALE, DK) a expliqué que « les gens au Congo ont eu l’impression que nous étions partiaux puisque nous venions de l’UE », ce qui a gêné le travail des observateurs qui n’étaient « pas très populaires à Kinshasa ». Richard Howitt (PSE, UK) a demandé à M. Michel d’expliquer les commentaires qu’il a fait dans les médias juste avant les élections et qui semblaient favoriser le candidat Joseph Kabila.
Le commissaire s’est défendu avec passion d’avoir été partial dans le processus électoral: « Je ne suis pas un supporter de M. Kabila, je ne suis pas un supporter de M. Bemba, je supporte le processus démocratique et les gens de ce pays », a-t-il déclaré. M. Michel a affirmé que sa déclaration de juin dernier, selon laquelle il aurait décrit M. Kabila comme « un espoir pour le Congo », avait été sortie du contexte, le journaliste lui ayant demandé de réagir en une phrase au nom de ce candidat. « J’aurais dis la même chose pour tout autre candidat dans la course », a-t-il souligné.
