Mr Barroso joue son rôle, rien ne change la révolution continue 337

Dans un discours banal devant l’assemblée nationale de la RDC, Mr Barroso a soutenu le processus et appuyé la prolongation de la transition jusqu’en juin 2006. Nous vous donnons notre commentaire en plus de l’intégralité du discours pour ce qui ont le temps de lire.

Après une analyse attentive du discours de Mr Barroso devant le parlement congolais je n’ai rien vu qui m’a surpris. Ce discours s’inscrit dans la droite ligne de celui de Louis Michel et de celui que tient toute la communauté internationale.

Dans sa position et vu ses responsabilités Mr Barroso ne peut que tenir ce discours. S’il osait soutenir publiquement et officiellement soutenir l’action du peuple avant qu’il n’ait eu lieu, cela provoquerait un incident diplomatique. Ces sont là les règles diplomatiques que pour notre bien à tous Mr Karel De Gucht a violé à plusieurs reprises.

Tout cela pour dire que nous ne devons pas nous perdre dans des longues dissertations sur ce qu’il a voulu dire ou ce qu’il aurait dû dire pour ou contre le peuple.

Le peuple congolais est majeur et nous n’attendons pas la permission de Mr Barroso ou de qui que ce soit pour nous exprimer ou revendiquer ce qui nous est dû. Lors de la campagne pour la constitution européenne, tous les politiciens européens ont défilé en France pour soutenir le camps du OUI, le peuple Français a quand même voté NON. Mes chers compatriotes ne nous égarons pas, Mr Barroso trouvera un autre discours pour justifier son soutient pour notre cause quand nous nous serons débarrassé du 1+4.

Au cas où il mettrait ses menaces en exécution, le Congo ne disparaîtra pas pour autant, mieux il aura plus de chances de se stabiliser car le poste de ministre sans argent à voler, n’intéresse personne au Congo.

Le peuple congolais est souverain. Sa souveraineté est indivisible et opposable à tous. Le 30 juin 2005 il va l’opposer à quiconque osera lui tenir tête. Au 30 juin 2005 nous avons une révolution à finir avec un seul objectif 1 + 4 = 0.

Nous espérons vous compter parmis nous quelque soit l’endroit où vous vous trouvez, il y a sûrement un congolais patriotes à proximité de chez vous qui cherche un partenaire avec qui agir.

Désiré Katompa

Allocution de Monsieur José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis le 27 juin 2005 à Kinshasa

C’est un grand honneur pour moi de me retrouver aujourd’hui ici devant cette Assemblée.

Vous vous souviendrez que, depuis la signature des accords de cessez le feu de Lusaka en Juillet 1999, la Commission européenne n’a cessé de travailler inlassablement aux cotés de votre pays afin de ramener la paix et la stabilité dans la région.

Je me réjouis que tant d’efforts diplomatiques et financiers ont pu finalement aboutir à l’organisation du Dialogue Intercongolais en avril 2002 et à la signature à Pretoria, le 16 décembre 2002, de l’Accord Global et Inclusif sur la Transition.

Avec l’adoption de la Constitution de la Transition et l’installation à Kinshasa du Gouvernement, en juillet 2003, la période de Transition a pu finalement démarrer. Cet accord et cette constitution, fruits de consultations approfondies et de négociations parfois tendues et difficiles, vous confient, Honorables Députés et Sénateurs, la lourde tâche de mener à bien la transition dans des délais bien définis. C’est sur ce mandat que se fonde la légitimité des Institutions de la Transition et du Gouvernement actuel.

L’opportunité, qui vous a été donnée par l’Accord Global et Inclusif et par la Constitution de la Transition, est unique dans l’histoire du Congo et, croyez-moi, elle résulte de circonstances qui ne se répéteront pas.

Je sais que la tâche n’est pas facile, car vous avez hérité d’un pays divisé, secoué par des années de guerre, après plus de 30 ans de mauvaise gouvernance et de corruption, qui ont anéanti les capacités institutionnelles de l’Etat de droit, ont délabré de façon irréparable les infrastructures de base et ont profondément altéré le tissu socio-économique et l’organisation sociale. Personne ne niera que tout est à reconstruire au Congo maintenant.

Si cela est un handicap majeur au départ, c’est aussi une opportunité sans précédent pour tirer un trait définitif sur les mauvaises pratiques du passé qui ont amené le pays à la faillite, dans le gouffre de la guerre et dans la spirale vicieuse du sous-développement et de la pauvreté.

Le Congo a des ressources naturelles importantes, une position stratégique au carrefour de l’Afrique centrale, un potentiel humain de qualité. Je suis plus que confiant que le Congo sera appelé, à terme, à jouer un rôle majeur dans la stabilisation et le développement de l’Afrique entière, si la bonne gouvernance, l’Etat de droit, le respect des Droits de l’homme et les éléments essentiels auxquels le Congo a adhéré, en ratifiant l’Accord de Cotonou sont pleinement respectés.

Par votre travail actuel, vous avez maintenant la possibilité de jeter les nouvelles bases institutionnelles et de fonctionnement du pays futur et de procéder, sans exagération de ma part, à une nouvelle refondation de l’Etat. Ce n’est pas l’intérêt de quelques individus qui est entre vos mains, c’est celui de tout le Congo et de toute sa population; et vous avez l’obligation morale de répondre de façon efficace et clairvoyante à cette exigence, que le pays réclame à haute voix.

A ce sujet, je suis particulièrement satisfait du projet de Constitution que vous avez élaboré et qui donnera au pays l’architecture institutionnelle d’un pays moderne où la séparation des pouvoirs garantit l’équilibre des forces et où le Gouvernement est appelé à rendre compte aux gouvernés en se soumettant régulièrement aux élections.

Avec l’adoption du projet de Constitution, une bonne partie du travail a été abattu mais beaucoup reste encore à faire sur le plan législatif, sur le plan technique et surtout sur le plan politique, avant de pouvoir organiser des élections libres et transparentes dans un climat de confiance.

Sur le plan législatif, la loi référendaire vient d’être votée et le projet de loi électorale est encore en confection. Je vous encourage à travailler sur le projet de la loi électorale de façon à ce que, non seulement elle soit prête lorsque le Referendum aura validé la nouvelle Constitution, mais surtout que son contenu soit en mesure de garantir la stabilité post électorale quel que soit le résultat qui sortira des urnes.

Si le Congo veut dans le futur jouer un rôle de premier plan, il doit être en mesure de garder aujourd’hui la cohésion d’ensemble de la Nation en assurant la représentativité interne la plus large possible et en minimisant les risques d’exclusion. Ceci ne parait réalisable qu’avec la mise en place d’un système électoral proportionnel pur et avec des circonscriptions électorales suffisamment grandes. Comme nous l’avons déjà fait dans le passé, la Commission européenne est prête à vous appuyer activement dans cette réflexion.

Sur le plan technique, je voudrais saluer le travail mené jusqu’à présent avec professionnalisme et dévouement par la Commission Electorale Indépendante et son Président, souvent dans des conditions objectivement difficiles. Je vous invite, vous les acteurs de la Transition ainsi que la population congolaise, à tout mettre en œuvre, dans le cadre de vos responsabilités respectives, afin de faciliter la tâche gigantesque que la CEI doit accomplir pour organiser le processus électoral dans les délais incompressibles de la Transition.

A ce sujet j’ai pris bonne note de la décision adoptée récemment par le Parlement de prolonger la Transition d’une première période de six mois, confonnément aux dispositions des Accords de Pretoria. Si cette prolongation est légale et légitime, elle ne doit pas devenir un prétexte pour retarder davantage l’aboutissement de la Transition. La Commission Electorale Indépendante vous a présenté un calendrier réaliste et réalisable pour arriver à la fin du processus électoral dans des bonnes conditions techniques de fiabilité et de transparence. Ce calendrier doit devenir la feuille de route de toutes les Institutions et de tous les Congolais. Pour ma part, je peux vous assurer qu’il le sera pour la Communauté internationale et pour l’Union Européenne.

En aucun cas la Transition ne pourra dépasser la date du 30 juin 2006 sous peine que les Institutions et les hommes qui sont aujourd’hui à la tête de ce pays perdent la légitimité qui découle du mandat qui leur a été confié.

Honorables Députés et Sénateurs,

C’est néanmoins sur un plan purement politique que je vous demande à vous, comme au Gouvernement, et aux partis qui sont dans l’opposition, de vouloir concentrer vos efforts afin que la Transition aboutisse dans des conditions dignes d’un Etat qui veut entrer à juste titre dans la modernité.

La démocratie n’est pas un jeu où les uns perdent tout et les autres raflent la mise. La démocratie est un système où la voix populaire gagne et où l’intérêt collectif prime sur l’intérêt particulier afin d’atteindre un bien être auquel tout le monde aspire. Tout le monde qoit maintenant se fixer sur l’objectif principal pour que le processus électoral se déroule de façon paisible et dans les meilleures conditions possibles. Ceux qui oeuvreraient à l’encontre de cet objectif, par la fraude, par l’instigation à la violence ou par la haine ethnique, seront rejetés par la Communauté Internationale et seront rendus responsables devant l’histoire d’une faillite d’un processus qui se met en place.

La République Démocratique du Congo se trouve dans une phase charnière et cruciale pour un avenir meilleur et pour que l’unité de la Nation trouve toute sa raison d’être.

La Communauté internationale a investi beaucoup d’énergie et de ressources dans ce processus, dans la perspective et l’espoir que la réunification et la stabilisation du pays, sous la direction d’autorités démocratiquement élues, pourront remettre le pays dans le cycle vertueux du développement et de la croissance. Comme je vous l’ai déjà dit, la transition est une opportunité unique qui n’a pas droit à l’échec. C’est pourquoi nous apportons tout notre soutien à cette transition, à toute cette transition mais rien qu’à cette transition et à ce qu’elle prévoit.

Je voudrais vous rappeler que la Commission Européenne a déjà consacré 89 millions d’Euros dans l’appui à l’organisation des élections et à leur sécurisation, ce qui est à ce jour la contribution la plus importante jamais consentie à un processus électoral par l’Union Européenne. Par ailleurs nous nous engageons chaque jour davantage aux cotés des nos Etats membres dans la réforme du secteur de la sécurité qui est le corollaire essentiel pour assurer des conditions minimales de stabilité.

Semer les germes d’une police républicaine, apolitique, moderne, respectueuse des droits de l’homme et proche des besoins des citoyens a été notre objectif primordial lorsque nous avons formé et équipé les 1008 effectifs de l’Unité de Police Intégrée dont la mission principale est maintenant d’assurer la sécurité des Institutions de la Transition, entre autres de ce Parlement.

Du coté de la réforme et de l’intégration de l’armée nous avons déjà contribué par un effort de 20 millions d’Euros au programme de Démobilisation et Réinsertion qui est actuellement le seul dossier sensible de la Transition dont le financement est totalement couvert, et je vous donne mon assurance que nous étudierons avec nos Etats membres, au sein de la mission EUSEC, la possibilité d’intervenir par un appui structuré aux Centres de Brassage de la nouvelle armée congolaise.

Face à tous ces efforts nous attendons néanmoins une réponse claire et univoque de la part du Congo et un engagement sans ambiguïté du Ministère de la Défense afin que la Structure Militaire d’Intégration (SM!) travaille en étroite coordination avec la Commission Nationale de Démobilisation et Réinsertion (CONADER), vers l’objectif commun de délivrer pour toujours le pays de la menace de la guerre.

Je ne cesserai pas de répéter, Honorables Députés et Sénateurs, que c’est vous, le Parlement, qui, par votre fonction de contrôle, devez assurer que les intérêts de la Nation soient sauvegardés et que les dossiers de la Transition avancent comme convenu.

La Communauté internationale peut vous aider et l’a déjà fait par le biais du CIAT (Comité International d’Accompagnement de la Transition), et je peux vous donner mon assurance que la Commission en tant que membre du CIA T ne ménagera aucun effort pour appuyer des positions raisonnables et cohérentes dans l’intérêt supérieur de la Nation et de son peuple.

Soyons clair: le panorama mondial se complique jour après jour, des crises et des nouvelles priorités émergent quotidiennement, réorientent et redirigent les investissements privés, l’aide au développement et les flux financiers. Autrement dit, si au terme de la Transition, la RDC n’est pas en mesure de devenir un partenaire fiable pour le reste du monde, je crains fortement qu’elle perde, et pour longtemps, la place prioritaire que l’agenda international lui accorde aujourd’hui. C’est ce qui est arrivé il y a quelques années avec la Somalie, et cela, je ne le souhaite pas.

Je voudrais rappeler que, tout au long du processus devant mener progressivement au rétablissement d’une paix irréversible et à la réinstauration d’un Etat congolais unitaire, la Commission européenne n’a cessé de poser des actes d’encouragement.

Comme vous le savez, depuis que nous avons renoué officiellement les relations de coopération avec votre pays en 2002, les allocations destinées à la RDC n’ont cessé d’augmenter dans un esprit d’engagement de plus en plus affirmé.

Afin de saluer le tout jeune démarrage de la transition vers la démocratie et la paix, la Commission a signé, au surlendemain de la constitution du gouvernement, le Programme Indicatif National 9ième FED pour un montant de 205 millions d’euros et une dotation additionnelle de 105 millions d’euros en faveur du Congo a été décidée ensuite.

Par la révision à mi-parcours de fin 2004, la Commission européenne a décidé d’une allocation supplémentaire de 270 millions d’euros.

En 2006, si la performance politique, qui est liée à l’aboutissement de la Transition et de sa période successive, est jugée satisfaisante sur base de critères reconnus au niveau international, je peux vous donner mon assurance, et celle du Commissaire Louis Michel, que la Commission considérera d’un œil favorable la possibilité de soutenir davantage le processus de reconstruction physique du pays que les autorités seront appelées à mettre en œuvre.

Honorables Députés et Sénateurs,

Sur ces mots d’espoir pour un futur meilleur, permettez moi de conclure mon intervention en vous remerciant pour l’accueil que vous m’avez réservé

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