La situation au Nord-Kivu est tendu comme la corde d’un arc. Nkunda Batware y sème la terreur depuis que… Les parlementaires originaire du Kivu ont decidé de quitter l’assemblée Nationale pour protester contre l’inaction du gouvernement et de l’armée face à la detresse des populations. Ci dessous la motion incidentielle qu’ils ont l devant l’assemblée nationale…
Honorable Président,
Honorables Madame et Messieurs les Membres du Bureau,
Honorables Députés et Chers collègues,
II vous souviendra qu’en dates des 12 et 13 avril 2007, les Honorables BOJI SANGARA et MULEGWA JEM’SI du Sud Kivu, joints par l’Honorable KYAVIRO Jean-Louis Ernest du Nord Kivu ont, devant cette Auguste Assemblée, posé des questions pertinentes aux membres concernés du gouvernement au sujet de la dégradation continuelle de la situation sécuritaire à l’Est du Congo, plus précisément dans les Provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu.
II serait nécessaire de rappeler qu’à cette occasion, au cours des riches débats qui ont suivi les questions des collègues précités, l’Assemblée Nationale et l’opinion publique ont eu la confirmation que :
1/ L’insécurité est récurrente dans ces deux Provinces ;
2/ Les crimes tels que les assassinats ciblés, les razzias des villages, les enlèvements et surtout les viols à grande échelle, sans parler d’autres graves violations des droits de l’homme, sont massivement perpétrées sur des paisibles citoyens par des personnes et des groupes armés bien identifiés ; jouissant de la léthargie de la communauté internationale et profitant du silence coupable de l’Exécutif national ;
3/Le mixage des FARDC, l’opération illégale et anticonstitutionnelle aux contours obscurs, a officiellement introduit des étrangers dans notre armée nationale. Les unités mixées sèment mort et désolations sans la moindre sanction, ni la moindre remontrance de la hiérarchie et du Gouvernement. Il a été porté à notre connaissance que les opérations de mixage sont accompagnées de bouleversements dans l’administration tant civile que militaire. Chose étrange, les proches de l’ex général NKUNDA ont bénéficié ainsi d’élévation en grades dans l’armée, alors que les officiers fidèles et loyaux n’en ont pas bénéficié.
Entre temps, le plan de balkanisation du pays est déjà en marche : au Nord Kivu les responsables de la territoriale sont remplacés par les fidèles de NKUNDA, cas des territoires de RUTSHURU et de MASISI. Pour les insurgés, ce mixage a été l’occasion d’occuper le terrain sans combat, comme ces derniers s’en vantent à qui veut les entendre.
Pour preuve, monsieur NKUNDA, impose à présent ses éléments dans la Police nationale en remplacement de ceux régulièrement désignés. Les cas de Kiwandja à Rutshuru et de Bitonga à Masisi illustrent ce comportement.
Au Sud KIVU, le Gouvernement ferme les yeux devant la création de nouvelles entités territoriales que les insurgés érigent et où les autorités légalement établies sont violemment remplacées par des personnes de leur obédience. C’est le cas du territoire fictif de MINEMBWE avec 5 collectivités et 22 groupements.
Au niveau des zones contrôlées par les forces négatives, (NALU, FDLR, Interahamwe, Rasta…) ces dernières permettent de faire payer des taxes, de lever des impôts, d’imposer des travaux forcés, de trafiquer la drogue qu’ils forcent la population de consommera le tout en exploitant anarchiquement nos matières précieuses. Des véritables Etats dans un Etat existent ainsi à FATUWA, KASUGHO, BUNYATENGE et dans nombreux autres endroits du Nord Kivu et du Sud Kivu tels que BIJOMBO, KATAKA… La population de ces deux provinces, traquées à la fois par les FARDC mal encadrées, les mixés et les forces négatives de tout bord, nos compatriotes fuient sans cesse leurs villages au point qu’actuellement, il est signalé plus de 150 mille déplacés de guerre dans les seuls territoires de Rutshuru, Lubero, Masisi et Walikale au Nord Kivu. Les chiffres de Walungu, Kabare, Shabunda, Fizi, Mwenga, Kalehe et Uvira au Sud Kivu sont presque similaires. A noter que les congolais dont question n’ont plus accès à leurs villages, à leurs pâturages et à leurs champs : ces derniers sont déjà occupés par des étrangers.
A la suite de ces questions auxquelles les tentatives de réponses du Gouvernement n’ont convaincu personne, l’Auguste Assemblée a pris des Résolutions et formulé des recommandations qui, jusqu’à ce jour, sont restées lettre morte.
Entre temps, les choses ne font que s’empirer sur terrain.
Aujourd’hui, la situation sécuritaire est devenue catastrophique, au point que la population (qui croyait) qui a vu dans les élections un espoir de paix, ne se reconnaît plus dans ses élus; y compris le premier d’entre-nous. Elle nous considère comme complice d’un pouvoir qui l’abandonne.
En effet, après les questions orales où le Ministre de la défense a annoncé la fin du mixage, ces opérations de poursuivent pourtant. En plus, on annonce le déploiement des unités mixées jusqu’à Béni et Lubero.
Et les assassinats ciblés s’intensifient. Rien que dans la ville de Goma, 5 étudiants ont été assassinés la semaine dernière. Et la même pratique d’assassinat des leaders et des étudiants se poursuit à Bukavu. Aujourd’hui, le Parc National de Virunga est devenu un mouroir de suite des attaques quotidiennes sur les véhicules et des paisibles passagers par des hommes armés.
Au Sud Kivu, il y a quelques jours, des faux chefs coutumiers ont encore été désignés à Bijombo à Kataka au compte du territoire fictif de Minembwe. Ces derniers temps des opérations militaires sont menées avec comme objectif de pousser les FDLR et les lnterahamwe plus à l’intérieur du territoire national au lieu de les ramener dans leur pays d’origine. De tout cela aucune mission, même de consolation, n’a été jusqu’à ce jour accordée aux populations du Nord et Sud Kivu, ceci contrairement à d’autres provinces.
De tout ce qui précède, Nous, Députés nationaux des Provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu toutes tendances confondues :
1/ Exigeons la prise en compte des revendications des populations du Nord Kivu et du Sud Kivu tels que rappelés ci-dessus.
2/ Demandons à la communauté internationale, notamment, le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Union Européenne, l’Union Africaine ainsi que la SADC, de venir au secours des populations du Nord et du Sud Kivu, dont la situation devient de plus en plus proche de celle du Darfour.
3/ Décidons qu’à dater de ce jour les députés du Nord Kivu et du Sud Kivu suspendent leur participation aux travaux de l’Assemblée Nationale, ceci jusqu’à (ce que) nous soyons assurés que les populations du Nord et du Sud Kivu bénéficient des
signaux forts dans le sens du retour de la paix et de la restauration effective de l’autorité de l’Etat, et que les déplacés soient réinstallés dans leurs villages respectifs.
4/ Demandons à tous les députés ici présents, dans la mesure où notre action vise le rétablissement de la paix et de l’intégrité de notre chère patrie, de nous soutenir dans cette action patriotique.
Fait à Kinshasa, le 8 mai 2007
