Mise en ligne le samedi 12 mai 2007
Nous sommes tous surpris de lire les déclarations de Maître Marie-Thérèse Nlandu lors de son arrivé à l’aéroport de Zaventem à Bruxelles. Elle a remercié tour à tour la présidente du Sénat belge Anne-Marie Lizin, le commissaire européen Louis Michel, le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht et son collègue en charge de la Coopération au développement Armand De Decker, et pour que le tableau soit complet, elle n’a pas oublié de rendre grâce à son bourreau Joseph Kabila et son épouse Olive Lembe, mais elle accuse des simples exécutants et menus fretins : le colonel Raüs, Mukalay ainsi que le major Mukendi. Etonnant !
Pas un seul mot de remerciement pour tous les Congolais de la diaspora qui se sont véritablement mobilisés pour sa libération. Pas un mot pour les congolais qui n’ont jamais hésité à fustiger ouvertement Joseph Kabila et tous ses parrains, jugés responsables de son emprisonnement arbitraire. Pas un mot pour les milliers d’anonymes qui ont pris part aux manifestations pacifiques à travers le monde, ainsi que les milliers de signataires de la pétition en sa faveur. A lire sur culturek.net , http://www.lapetition.be/petition.php?petid=18
S’agit-il d’un Syndrome de Stockholm, d’une méprise ou d’une exécussion d’un accord obscure lié à sa libération (période électorale en Belgique) ? A chacun de se faire son opinion en âme et conscience.
En effet, nous avons repris ci-bas le travail remarquable du Dr Eric Torres et Virginie Grenier-Boley sur le Syndrome de Stocholm afin d’éclairer l’opinion. Ce syndrome est un comportement paradoxal manifesté par certains otages qui après une période de captivité plus ou moins longue, finissent par développer un sentiment de confiance, voir de sympathie vis-à-vis de leurs ravisseurs. Il se développe en suite un sentiment positif réciproque des ravisseurs à l’égard de leurs otages, et finalement les otages finissent par manifester une certaine hostilité envers les forces de l’ordre chargées de leur libération. Certains otages vont jusqu’à témoigner en faveur de leurs ravisseurs au Tribunal et, d’autres finissent par tomber amoureux de leur geôlier.
Le déroulement type d’une prise d’otage est une succession de quatre périodes qui peuvent expliquer la physiopathologénie du syndrome de Stockholm :
– La phase de capture entraîne une réaction de choc due à un stress aigu qui se caractérise par la survenue d’un traumatisme émotionnel. Cette «réaction d’effroi » est liée à la confrontation directe du sujet avec la réalité d’une mort possible. La réaction d’effroi dépassée, l’otage va chercher, dans un premier temps, à s’enfuir ou à s’opposer à ses ravisseurs. Ses résistances s’épuisent secondairement et il est alors tenté de collaborer. Si cette tentative de collaboration est suivie d’une réponse adaptée de l’agresseur, les conditions sont réunies pour que le syndrome de Stockholm puisse apparaître.
– La phase de séquestration, elle est de durée variable. Elle survient dans un contexte où la perception du temps est profondément modifiée par le contexte de stress. C’est lors de cette phase que se constitue véritablement le syndrome de Stockholm. Elle comporte trois périodes : le déni (négation de la situation), l’espoir (illusion de répit) et la perte d’espoir (acceptation du statut d’otage).
Les conditions dégradantes, dans lesquelles se déroule la séquestration favorisent l’apparition du sentiment de «déshumanisation». En contrepartie, il s’établit entre l’agresseur et l’otage une situation de dépendance et de promiscuité susceptible de favoriser l’apparition d’un sentiment de sympathie ou de compassion réciproque. Si la situation d’isolement perdure, l’agresseur, en quête d’un interlocuteur, finit par se tourner vers sa victime à laquelle il restitue ainsi une valeur humaine. Au cours de cette phase, l’otage prend conscience de sa valeur marchande et de ses fluctuations au cours des négociations. Il est assimilé à « une monnaie d’échange » par ses ravisseurs et il représente «un enjeu » aux yeux des forces de l’ordre. Il perd ainsi toute identité sociale. On parle alors de la «chosification » de la victime. A ce stade apparaissent des ruminations anxieuses (exacerbation par l’alternance de l’espoir et du découragement) qui favorise une remise en cause du passé de l’otage et de ses valeurs.
– La phase de libération (ou dénouement) est concomitante d’une recrudescence des phénomènes anxieux. L’angoisse croît exponentiellement avec la crainte d’une intervention des forces de l’ordre. Le risque de survenue d’une issue dramatique est alors à son apogée. Des idées de culpabilité peuvent aggraver la situation, en particulier lorsque d’autres otages sont restés prisonniers ou ont été abattus. C’est à ce moment que l’on note l’émergence des réactions paradoxales de rejet des libérateurs ainsi que d’éventuelles tentatives destinées à protéger les ravisseurs contre des forces de l’ordre.
– La phase séquellaire fait suite à la libération. Les premiers jours sont souvent marqués par une euphorie, mais des troubles de l’humeur plus ou moins intriqués à des idées de culpabilité, peuvent se rencontrer.
Pour ceux qui veulent approfondir ce sujet voici le lien d’origine : http://www.urgence.com/med/stockholm/index.html
De ce qui précède, l’opinion doit retenir que la libération des prisonniers politiques congolais passe par les libéraux et les socialistes belges. Concernant les 6.000 prisonniers d’opinion qui croupissent encore dans les geôles nauséabondes du pouvoir sanguinaire et dictatorial en RD Congo, leurs familles savent maintenant qui detient les clefs des prisons congolaises. Ainsi va la justice dans une république bananière sous tutelle internationale !
Quant à nous, nous allons continuer, inlassablement, sans langue de bois et au péril de nos vies, la lutte pour la libération totale des millions de congolais pris en otages, depuis l’époque coloniale, par la mafia internationale active dans le pillage sauvage des richesses naturelles de la RD Congo. Il est évident que notre lutte est rendue difficile à cause du syndrome de Stockholm généralisé à l’échelle nationale, nous en sommes conscients. Mais, l’enjeu en vaut la chandelle !
Benjamin Stanis Kalombo
Président de l’APRODEC ASBL
Tél : 0032.484.925.836
kalombobs@yahoo.fr
