César Mananga Mambumba (Administratreur Délégué Général a.i.), Prosper Mazimpaka ( Administrateur Délégué Général Adjoint a.i.), Jules Lugano Kavuka (Administrateur Directeur Technique a.i.), Maurice Makwala Ngadi ( Administrateur Directeur Commercial a.i.), Jean-Marie Kayembe Tshifunda (Administrateur Directeur Financier a.i.), tous nommés le 04 avril 2006 au titre de nouveaux membres du Comité de Gestion des Lignes Aériennes Congolaises (Lac), n’ont pu prendre possession de leurs bureaux de travail hier au siège de cette entreprise publique, dans la concession de l’aéroport international de Ndjili. Conduits par le ministre du Portefeuille, Célestin Vunabandi, et escortés par un impressionnant contingent des forces de l’ordre, ils ont rencontré une vive opposition du personnel.
La situation a presque tourné à l’émeute, les agents des Lac ayant attaqué la délégation à coups de pierres et objets contondants. Des vitres des véhicules et bureaux ont volé en éclats. Afin de prévenir et limiter la casse, des éléments du Gssp commis à la sécurité des installations portuaires sont intervenus pour prier les policiers venus avec le ministre du Portefeuille et le Comité de Gestion entrant de se retirer.
Dans ce climat de confusion, César Mananga n’a pu procéder à la remise-reprise avec l’Adg sortant, Ngeleka. Selon des témoins de l’incident, le ministre Célestin Vunabandi aurait promis de revenir ce matin pour installer, dans leurs fonctions, les nouveaux mandataires des Lac. En cas de nouvelle obstruction à cette formalité, il serait amené à dresser un procès-verbal de carence.
Rappelons qu’un bras de fer oppose, depuis la signature, par les ministres du Portefeuille et des Transports et Communications, de l’arrêté interministériel mettant fin au mandat du Comité de Gestion piloté par Ngeleka.
Selon plusieurs sources, la pomme de discorde résiderait autour du choix du partenaire habilité à participer au plan de relance des activités de cette compagnie aérienne. Deux offres s’affrontent sur la table du Conseil d’Administration des Lignes Aériennes Congolaises : celle de Bravo Airlines ( investissement espagnol) et celle d’Ameg Traiding ( Américains et Congolais de la diaspora). Selon le ministre du Portefeuille, les deux groupes peuvent se partager le marché des Lac en termes d’exploitation de ses droits de trafic et d’utilisation de ses ressources humaines, de ses bâtiments et de son hangar technique.
Mais dans l’entendement de l’équipe de l’Adg Ngeleka et de la majorité du personnel, une croix devrait être mise sur Bravo Airlines. D’où le limogeage des gestionnaires encore en place est perçu comme une manœuvre d’étouffement du partenariat Lac -Ameg Trading, alors qu’un Boeing 737-200 de cette compagnie privée est stand by dans le hangar technique des Lac, pour un chek, depuis un mois. La difficulté d’appliquer l’arrêté interministériel du 04 avril 2006 a été aggravée par le passage, le jeudi 06 avril 2006, du Vice-ministre des Transports, Elias Mulungulu, à Air Terminus, sur l’avenue du Port à Gombe, où il avait demandé à l’Adg Ngeleka et ses collaborateurs d’ignorer le texte susmentionné, en attendant la clarification des dossiers Lac-Bravo Airlines et Lac-Ameg Trading au niveau du Conseil des Ministres.
Vu la confusion toujours persistante au sein de la compagnie nationale aérienne, les observateurs souhaitent que le gouvernement se saisisse d’urgence de l’affaire. Il est temps que l’on puisse fixer le personnel des Lac sur les tenants et les aboutissants du feuilleton des investissements privés espagnols et américano-congolais. Que le Conseil des ministres fasse enfin la part des choses entre l’offre réellement destinée à la résurrection des Lac et celle cachant des intérêts d’un groupe d’amis, au sein du Conseil d’Administration des Lac ou du gouvernement.
