Les scientifiques communiquent parfois… entre eux! 182

Les scientifiques communiquent très mal vers le grand public, ça, on le sait. Mais ils communiquent également très mal entre eux: des experts de disciplines aussi voisines que la biologie marine et la biologie animale se connaissent à peine, se rencontrent peu et ne parlent pas toujours le même langage!

Ils ne manquent pourtant pas d’intérêts communs: à l’heure d’Internet, la question de la distribution gratuite de la recherche devient de plus en plus épineuse, et elle concerne aussi bien les chercheurs de la science dite « exacte » que ceux des sciences sociales. Par ailleurs, au lendemain de la réélection de George W. Bush, à peu près toutes les disciplines s’inquiètent de l’ingérence d’un gouvernement conservateur et, disons-le, plus orienté religion que science.

Cinq mille scientifiques étaient justement réunis au cours des derniers jours à Washington, dans le cadre du congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), un des rares congrès à rassembler des experts de toutes les disciplines. Ceux-ci ne viennent pas à l’AAAS pour y annoncer une grande découverte ou prendre connaissance des dernières percées de leurs collègues: la seule exception cette année était un atelier sur la sonde Cassini-Huygens, qui avait juste assez de neuf pour satisfaire les maniaques d’astronomie, mais pas assez pour faire la Une des journaux.

Ils y viennent plutôt pour discuter sur les grands enjeux du moment, comme l’accès gratuit à la recherche (voir ce premier texte de notre couverture de l’AAAS). Ou sur des enjeux sociaux comme l’ingérence politique (voir ce deuxième texte).

Ou encore ils se rendent compte qu’un biologiste forestier peut, ô surprise, en apprendre à des biologistes marins (3e texte). Si ce genre de multidisciplinarité ne suffit pas, ils tentent –sans grand succès pour l’instant – d’en créer une entre neurologie et politique citoyenne (4e texte). Ils font également se côtoyer, le dimanche après-midi, un atelier sur la physique du XXIe siècle, auquel l’auteur de ces lignes avoue n’avoir pratiquement rien compris -en dépit d’une physicienne qui ne se contentait pas de lire le texte de sa conférence, mais faisait une présentation assez dynamique- et un atelier sur la série télévisée CSI (5e texte): au passage, c’était l’occasion, dans ce dernier cas, d’attirer quelques-uns des conjoint(e)s et enfants qui avaient accompagné les congressistes à Washington…

Et enfin, ces congressistes constatent, non sans étonnement, que le public est beaucoup mieux disposé à l’égard de la science qu’on ne le prétend généralement (6e texte). Ce n’est pas le grand amour, mais la peur des OGM est loin d’être aussi omniprésente que ce que laissent supposer les médias. Et les perceptions du public sont assez proches, qu’on soit aux Etats-Unis, au Canada, en Europe ou en Asie. C’est sans doute ce qu’on appelle la mondialisation…

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